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sanatorium et préventorium dit institut Albert-Calmette, puis institut départemental Albert-Calmette

Dossier IA62003070 réalisé en 2017

Fiche

Précision dénomination préventorium
Appellations institut Albert-Calmette, institut départemental Albert-Calmette
Parties constituantes non étudiées salle des fêtes
Dénominations sanatorium
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Étaples
Adresse Commune : Camiers
Adresse : route de Widehem
Cadastre : 1972 AD 58 ; 2017 AD 152, 158

Sur le site de Camiers l'armée britannique établit dès le début du conflit, un immense hôpital militaire baraqué, peut-être le plus vaste de ceux qu'elle fit construire durant la Première Guerre mondiale puisqu'à la fin de la guerre, cet hôpital comportait environ trois cents baraquements avec un capacité d'accueil avoisinant les 6000 malades ou blessés. Quelque temps après la fin des hostilités, après le rapatriement complet des troupes britanniques dans leurs pays d'origine et surtout l'évacuation en Grande-Bretagne des derniers blessés hospitalisés sur place, cet ensemble de baraquements devenu vacant fut cédé aux autorités françaises. A l'instigation d'Émile Ogier, titulaire du ministère des régions libérées de janvier 1920 à janvier 1921, cet établissement fut affecté en 1920 à l'accueil des enfants de familles françaises déplacées durant la guerre en raison du déroulement des opérations militaires : l'hôpital militaire se muait ainsi en une sorte de gigantesque colonie de vacances qui, compte tenu du nombre considérable de baraquements conservés dans leur intégralité, se trouva d'emblée en mesure de recevoir en même temps 6000 enfants répartis fonctionnellement en quatre quartiers de mille cinq cents enfants chacun. Cette expérience hors du commun fut interrompue en 1925, sans doute du fait que les familles en provenance de régions sinistrées étaient dès lors, dans leur majorité, en mesure de se reloger dans ou à proximité de leur village ou ville d'origine quoique la reconstruction des villes et villages détruits se trouvât encore loin d'être complètement achevée à cette date. Par ailleurs, l'octroi de mesures spécifiques à l'intention des régions libérées durent ne plus être reconduites bien au-delà de cette même année 1925 où l'on décida la suppression du ministère correspondant dont la mission avait été jugée suffisamment remplie.

Les baraquements furent naturellement démontés après la fermeture définitive de l'établissement comme colonie de vacances, mais il fut très vite envisagé de pérenniser sur le même site une activité à caractère sanitaire, et d'y établir un autre établissement, cette fois-ci construit en dur, mais de plus faible envergure et plus spécifiquement consacré à l'accueil des enfants valétudinaires. Cette décision était liée à la priorité donnée, au lendemain de la Première Guerre mondiale, à la lutte contre la tuberculose, maladie qui avait contribué à accroître sensiblement le nombre des morts durant la guerre, ce y compris au sein de la population civile en raison de la dégradation générale des conditions de vie, ce qui conduisit les autorités gouvernementales à adopter une législation visant à se doter des outils institutionnels indispensables pour mener à bien cette lutte : vote de la loi du 15 avril 1916 instituant des dispensaires d’hygiène sociale et de préservation antituberculeuse, de celle du 7 septembre 1919 instituant des sanatoriums spécialement destinés au traitement de la tuberculose, enfin édiction du décret du 10 août 1920 relatif à l’établissement, au fonctionnement et à la surveillance des sanatoriums. Ce serait pourquoi le nouvel établissement ferait, lors de son ouverture, à la fois fonction de sanatorium et de préventorium : le premier destiné à recevoir les enfants affectés d'une forme de tuberculose juvénile déclarée (primo-infection tuberculeuse accompagnée de signes cliniques patents) alors appelée scrofule (caractérisée par une atteinte ganglionnaire ou ostéoarticulaire), le second destiné à recevoir ceux seulement suspectés de couver une forme encore latente de cette affection mais aussi des enfants simplement valétudinaires (anémiques, rachitiques, etc.) supposés être plus susceptibles que les autres de contracter la tuberculeuse et au surplus de faire un forme d'emblée plus grave.

La lutte contre la tuberculose ayant été instituée par la loi dans un cadre départemental, le projet de construction de cet édifice fut tout naturellement attribué à l'architecte en chef du département du Pas-de-Calais Paul Decaux, assisté de son collègue Édouard Crevel, et ce fut probablement vers la fin des années 1920 que ces deux architectes élaborèrent les plans en rapport avec ce projet. Les travaux de construction furent entrepris à l'extrême fin des années 1920 ou au tout début des années 1930 et terminés avant 1935 puisque le Comité national de défense contre la tuberculose indiquait que l'établissement était déjà en fonctionnement en 1934. Une publication de ce même comité précisait par ailleurs que la capacité d'accueil de l'établissement était, lors de son ouverture, de 550 lits dont 400 dans les services de la partie préventorium, que l'accueil concernait les enfants des deux sexes de 4 à 14 ans, scrofuleux, scoliotiques ou simplement malingres et que son recrutement de jeunes malades s'effectuait à travers le filtre du réseau local des dispensaires d'hygiène sociale. Dans le projet originel, avait été envisagée au départ la construction de trois bâtiments d'hospitalisation, mais finalement, deux seuls furent réalisés : un bâtiment d'hospitalisation principal appelé pensionnat, lequel correspondait probablement à la partie dévolue au préventorium, et un bâtiment d'hospitalisation secondaire appelé la clinique en raison d'une médicalisation sensiblement plus développée des services de soin et qui correspondait probablement à la partie dévolue au sanatorium ; ce fut la construction d'un bâtiment devant abriter un pensionnat annexe qui fut abandonnée.

A partir des années 1950, la diminution de l'incidence de la tuberculose dans la population générale, et tout particulièrement chez les enfants, plaça tous les établissements antituberculeux dans l'obligation de se reconvertir, et ce dès la fin des années 1960 où cette reconversion fut encouragée et facilitée par des mesures gouvernementales. En outre, l'introduction de normes de sécurité plus strictes dans les établissements recevant du public conduisit la direction du sanatorium à faire ajouter deux escaliers de secours en béton armé placés hors-œuvre en avant de la façade antérieure du bâtiment d'hospitalisation principal appelé pensionnat : ces adjonctions remontent à une époque déjà relativement ancienne, vraisemblablement les années 1960 ou 1970, car les deux étages du bâtiment paraissent avoir été depuis assez longtemps désaffectés. Beaucoup plus tard, sans doute à la limite des 19e et 20e siècles, le bâtiment d'hospitalisation secondaire appelé la clinique et celui abritant le dispensaire furent lourdement remaniés au point de n'être que difficilement reconnaissables aujourd'hui : surélévation de l'aile en rez-de-chaussée du bâtiment dit de la clinique, rhabillage complet des façades respectives des deux bâtiments de la clinique et du dispensaire, etc.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1930, daté par source
Auteur(s) Auteur : Decaux Paul,
Paul Decaux

Paul Decaux était architecte en chef du département du Pas-de-Calais.


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architecte départemental, attribution par source
Auteur : Crevel Édouard, attribution par source

L'établissement qui présentait à la fois la fonction de préventorium et celle de sanatorium, comprenait deux bâtiments d'hospitalisation : un bâtiment principal appelé pensionnat et un bâtiment secondaire appelé clinique. Ce bâtiment secondaire était subdivisé fonctionnellement entre la clinique proprement dite, une infirmerie et un service d'isolement appelé lazaret. C'était très vraisemblablement dans les services de la clinique, plus médicalisée que le pensionnat, qu'étaient dispensés les soins orthopédiques que réclamaient les enfants atteints de troubles du squelette, c'est-à-dire tous les scoliotiques et ceux parmi les scrofuleux qui souffraient de lésions ostéo-articulaires. En outre le dispositif local de prise en charge des enfants malades ou simplement valétudinaires était complété par la présence d'un dispensaire, lequel assurait des soins par un service de consultation externe. Par ailleurs, l'établissement comportait un bâtiment abritant l'administration et l'économat, un second consistant en un logement double pour des médecins et un troisième servant d'habitation au médecin-directeur, laquelle était reliée, dès l'origine, au bâtiment voisin du dispensaire par un passage suspendu ménagé au niveau du premier étage des deux bâtiments.

Le bâtiment principal appelé pensionnat comporte un étage de soubassement donnant de plain-pied sur une cour anglaise qui règne le long de la face ouest du bâtiment ainsi que sur la face sud de l'aile disposée en retour d'équerre au sud. Cet étage de soubassement est surmonté d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés. Ces étages étaient desservis par deux escaliers, l'un au nord, l'autre au sud, dont le jour central, visible sur les plans, fut remplacé par la suite par une cage d'ascenseur. Si le bâtiment de la clinique et celui abritant l'administration et l'économat s'élevaient eux aussi de deux étages carrés, le bâtiment du dispensaire ne comportait quant à lui qu'un seul étage carré.

Murs béton béton armé
Toit béton en couverture
Couvrements dalle de béton en béton armé
Couvertures terrasse
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, suspendu
États conservations remanié

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Pas de Calais, série N, projet de construction d'un préventorium à Camiers par les architectes Paul Decaux et Édouard Crevel : 4 N 1026 à 1407 (1930-1935).

    Archives départementales du Pas de Calais : 4 N 1026 à 1407
Bibliographie
  • Ministère de l’Intérieur, ministère du Travail et de l’Hygiène. Rapport présenté par l’inspection générale des services administratifs. Melun : Imprimerie administrative, 1924, p. 96.

    page 96
  • BERNARD, Léon, POIX, Georges (introduction). L’armement antituberculeux français. Paris : Masson et Cie, 1934. 245 p. 3e édition. Comité national de défense contre la tuberculose.

    page 143
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