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Sanatorium et hôpital dit Centre médical pour maladies pulmonaires, puis Hôpital Albert-Calmette

Dossier IA59000341 réalisé en 1994

Fiche

Appellations Centre médical pour maladies pulmonaires, Hôpital Albert-Calmette
Parties constituantes non étudiées logement, jardin, cuisine, morgue, piscine
Dénominations sanatorium, hôpital
Aire d'étude et canton Lille - Lille-Sud-Ouest
Adresse Commune : Lille
Adresse : boulevard du Professeur-Jules-Leclercq
Cadastre : 1993 DZ 74

La construction de cet établissement voué aux soins de patients atteints de tuberculose pulmonaire quelle que fût la gravité du stade évolutif de la maladie, d'où sa dénomination d'hôpital-sanatorium, et non de sanatorium, fut projeté en 1929, sous le nom de centre médical pour les maladies pulmonaires. Cette réalisation devait être la première, dans le cadre de la création de la future cité hospitalière de Lille, sur l'initiative commune de Roger Salengro, député-maire de la ville de Lille, d'Oscar Lambret, cancérologue et administrateur des hospices civils, et d'Albert Châtelet, recteur de l'Université de Lille. La notion alors toute nouvelle d'hôpital-sanatorium était en rapport avec le développement alors récent de thérapeutiques actives sur la tuberculose pulmonaire ou phtisie, notamment le pneumothorax artificiel ou collapsothérapie et la chirurgie thoracique, ce qui permettait de sortir du cadre étroit de la simple cure sanatoriale basée sur la triade traditionnelle : repos, cure d'air en chaise longue et suralimentation.

Selon le projet initial dressé par l'architecte Ferdinand Deregnaucourt, l'établissement aurait été implanté sur le territoire de la commune de Ronchin. Dans la version définitive du projet, approuvée le 20 octobre 1932, on arrêta que le sanatorium serait établi à la périphérie de la commune de Lille, près de la porte de Béthune, et les travaux de construction furent réalisés entre 1932 et 1936. De même, alors que les galeries de cure d'air auraient dû être dressées indépendamment et en avant de la façade méridionale du bâtiment d'hospitalisation, elles furent en définitive adossées à cette façade, contre son niveau de soubassement. L'établissement prévu pour une capacité d'accueil de 450 lits, vit l'ouverture progressive de ses services à partir du 2 novembre 1936, mais l'inauguration officielle fut seulement effectuée le 30 mai 1937 par le ministre de la santé.

A une époque indéterminée, le bâtiment servant au logement du personnel infirmier et celui renfermant réfectoire et salle de réunion, situés du côté est, furent réunis entre eux par un corps de bâtiment intermédiaire et reliés au bâtiment de l'administration par une aile basse. Puis, en 1986, furent exécutés des travaux d'épaississement sur certaines sections de la face nord du bâtiment principal, sous la conduite de l'architecte Patrice Dutard, afin d'établir sur toute la longueur de chacun des étages, une double distribution continue de part et d'autre du couloir central. En effet, selon les prescriptions relatives à la construction des sanatoriums, les chambres de patient devaient être exclusivement orientées au sud ; il n'y avait donc au nord que des bureaux et des pièces de service sur quelques sections seulement du couloir central de distribution. La capacité fut réduite, en 1996, à 299 lits et elle se trouve actuellement ramenée à 254 lits. Une partie des services se trouve actuellement désaffectée.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1932, daté par source
1986, daté par source
Auteur(s) Auteur : Deregnaucourt Ferdinand, architecte, attribution par source
Auteur : Dutard Patrice, architecte, attribution par source

L'édifice est constitué d'un bâtiment principal d'hospitalisation en forme de grande barre de 243 mètres de long, orientée est-ouest, élevé de 4 étages, et comportant un niveau de sous-sol qui correspond en fait à un étage de soubassement pour la majeure partie des bâtiments. Ce bâtiment est scandé par trois pavillons formant avant-corps, un au centre et un placé à chacune de ses extrémités ; ces pavillons sont élevés de cinq étages. Le bâtiment d'hospitalisation est accompagné d'une série de bâtiments annexes avec, au centre, un pavillon d'entrée siège de l'administration, élevé d'un étage et flanqué de deux bâtiments abritant réfectoire et salle de réunion, élevé de deux étages, ainsi que de deux autres, plus éloignés, à usage de logements pour le personnel infirmier, élevés quant à eux de trois étages. Ces bâtiments annexes sont tous reliés au bâtiment principal par des galeries aériennes vitrées dans le cas des trois premiers, par des galeries souterraines dans le cas des deux derniers. Outre cet ensemble de bâtiments rendus solidaire par un réseau de galeries de communication, existent des bâtiments annexes isolés : le bâtiment dit des machines renfermant par ailleurs la buanderie et le service de désinfection, la morgue ainsi que quatre habitations indépendants réparties de part et d'autre de la cour d'honneur, destinées respectivement au logement de l'économe, des internes, du médecin-assistant et du concierge, enfin une cinquième habitation, située près d'une entrée secondaire de l'hôpital, destinée au logement du gardien.

La structure de l'édifice est en béton armé avec des élévations extérieures recouvertes d'un parement de briques jaunes. Les chambres de tuberculeux, d'une capacité de 1 à 3 lits, étaient toutes réparties sur la face méridionale du bâtiment principal afin de faire bénéficier ces patients d'un ensoleillement optimal. Les malades femmes étaient regroupées dans l'aile orientale, les hommes dans l'aile occidentale. Une galerie de cure s'étendait sur toute la longueur de l'étage de soubassement de la face méridionale du bâtiment principal (elle a été détruite du coté occidental) et une piscine (disparue) existait sur l'avant de cette façade. Devant l'entrée principale, se dresse un monument avec le portrait de Roger Salengro (représenté en buste de profil dans un disque en bronze) offert par l'amicale des anciens Bleuets.

Murs brique parement
béton béton armé
Toit béton en couverture
Plans plan allongé, plan symétrique
Étages sous-sol, étage de soubassement, 5 étages carrés
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, suspendu
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • LECLERCQ, Jules. L’hôpital Albert Calmette.- Lille : Imprimerie centrale du Nord, 1937. 37 p. : ill.

  • BIZERTE, Gérard. Histoire de la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille.- Lille : Association corporative des étudiants en médecine de Lille, 1975. Tome 1, 169 p.

Périodiques
  • Le gros œuvre de l’hôpital-sanatorium de Lille est terminé. In : Le Grand Hebdomadaire illustré de la région du nord de la France, 15e année (1933), 26 mars, p. 196-197.

  • L’hôpital Albert-Calmette, de Lille. In : Le Grand Hebdomadaire illustré de la région du nord de la France, 18e année (1936), 6 décembre, p. 760-761.

  • L’hôpital Albert-Calmette, à Lille, fonctionne à plein rendement. In : Le Grand Hebdomadaire illustré de la région du nord de la France, 19e année (1937), 21 mars, p. 201.

  • L’inauguration, à Lille, de l’hôpital Albert-Calmette. In : Le Grand Hebdomadaire illustré de la région du nord de la France, 19e année (1937), 6 juin, p. 356.

  • GERNEZ, Charles. L’hôpital Albert-Calmette de Lille. In : Paris médical, la semaine du clinicien, tome CVIII (1938, 1er semestre, partie paramédicale), N°1 (4 janvier), pp. 4-9.

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