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Projet d'hôpital militaire

Dossier IA59000727 réalisé en 1998
Genre de militaires
Appellations hôpital militaire
Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Ouest
Adresse Commune : Lille
Adresse : façade de l'Esplanade , rue du Magasin , rue Sainte-Marie
Cadastre : 1981 AB 14

Le premier hôpital militaire de Lille fut aménagé en 1673 dans les bâtiments d'une ancienne caserne et d'anciennes écuries, situés à proximité de l'ancienne porte des Malades, actuellement porte de Paris, et il fut appelé hôpital Saint-Louis. Cet hôpital s'avéra vite trop exigu et ses bâtiments constitutifs n'avaient pas tardé en sus à se dégrader. Aussi, en 1766, la construction d'un hôpital neuf fut-elle projetée par les deux ingénieurs militaires - De Caux de Blacquetot et Taverne Boisforest - sur un terrain situé le long de la façade de L'Esplanade, entre l'Esplanade et la porte Saint-André. En vue de la réalisation de ce projet, le terrain qui appartenait à l'hôpital Saint-Jean-l'Évangéliste dit hôpital Saint-Sauveur, fut acquis en 1767 par l'administration royale. Deux versions du projet furent successivement établies, l'une avec salles de malades plafonnées, l'autre avec salles de malades voûtées à l'épreuve des bombes, mais toutes deux répondaient à une disposition en croix des salles de malades avec chapelle placée à leur intersection et un service des vénériens isolé dans des salles distinctes, elles-mêmes logées dans un pavillon indépendant du bâtiment principal d'hospitalisation. Dans le premier projet dressé en 1767, qui correspondait à la version plafonnée, les salles de malades étaient superposées sur deux niveaux et, dans chacune d'entre elles, les lits étaient alignés sur trois rangées, ce qui engendrait une capacité de 504 lits, dont 60 pour les vénériens. Le projet fut renouvelé en 1774, avec de légères modifications des plans : salles de malades élargies et voûtées, divisées de ce fait en deux vaisseaux portés par une rangée médiane de piliers. Dans ce second projet, les lits étaient disposés sur quatre rangées, ce qui devait accroître la capacité d'accueil, puisque le rez-de-chaussée abritait 280 lits ordinaires et 31 pour les vénériens. Même si, dans ce second projet, l'on possède un unique plan de distribution qui concerne vraisemblablement le rez-de-chaussée, il est fort probable que les salles de malades y étaient ici aussi superposées sur deux niveaux compte tenu de la présence d'un escalier à l'extrémité de trois des quatre salles de malades disposées en croix.

L'on ouvrit le chantier de construction en 1774, mais l'on se contenta, après avoir procédé à la démolition des bâtisses qui s'élevaient sur le terrain acquis en 1767, d'établir un aqueduc souterrain en maçonnerie traversant l'Esplanade, lequel était destiné à alimenter en eau le futur hôpital. Cet arrêt des travaux tenait au fait que le projet avait été entre temps envoyé au secrétariat d'État à la guerre à Versailles pour y être soumis pour examen à l'architecte Nicolas-Marie Potain, lequel émit plusieurs critiques : il jugeait l'emplacement choisi peu propice pour y établir un hôpital et, au surplus, reprochait aux auteurs des plans du second projet, d'avoir prévu d’aligner les lits sur quatre rangées dans chaque salle, ce qui occasionnerait selon lui une gêne grandement préjudiciable au service des malades. Quoique l'architecte Potain eût suggéré, après cet examen, de réduire à deux le nombre de rangées de lits afin de faciliter le service, le projet fut définitivement abandonné, et ce dès 1775, alors que 100 000 francs avaient déjà été dépensés pour l'achat du terrain, les travaux de démolition et l'aménagement de l'aqueduc. Pareil abandon serait imputable à la nomination par le roi Louis XVI, au poste de contrôleur général des finances, de Marie-Robert Turgot qui ordonna, pour pouvoir réaliser des économies budgétaires, de suspendre les travaux en cours financés par le trésor royal, et ce sur toute l'étendue du royaume en attendant de les réexaminer pour juger de leur utilité.

En juin 1779, le secrétaire d’État à la guerre, le prince Alexandre de Montbarrey, soumit alors la proposition de placer l’hôpital militaire dans les bâtiments du collège des Jésuites, comme cela avait été une première fois proposé, en 1765, par l’intendant de Flandre, Antoine-Louis-François Le Fèvre de Caumartin, à l'occasion de la fermeture des collèges de Jésuites consécutive à la dissolution de la compagnie de Jésus par l'édit du mois de novembre 1764. Cependant, ce fut seulement en 1781, par les lettres patentes du 3 juin, que l'on prit enfin la décision d'installer l'hôpital militaire dans l'ancien collège des Jésuites. Les premiers malades commencèrent à être accueillis, le 10 octobre 1783, dans le collège des Jésuites alors en cours d'aménagement comme hôpital militaire. A défaut d'avoir utilisé le terrain pour y ériger un hôpital militaire, les services de l'armée y installèrent par la suite un atelier de tonnellerie et des hangars pour le service de l'artillerie, utilisation qui est bien attestée et même documentée par un plan datant du début de la Restauration. Encore aujourd'hui le terrain semble toujours dépendre de l'administration militaire et seules des constructions basse s'y élèvent.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle , daté par source
Dates 1767, porte la date
1774, porte la date
Auteur(s) Auteur : De Caux de Blacquetot, ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Taverne Boisforest, ingénieur militaire, attribution par source

Le bâtiment principal dédié à l'hospitalisation est isolé au milieu du terrain d'assiette et présente un plan en croix grecque avec chapelle placée à l'intersection des salles afin que l'ensemble des malades alités puissent entendre la messe et voir, depuis leur lit, le prêtre la célébrer. Dans le second projet, celui avec salles de malades voûtées, ces salles sont divisées en deux vaisseaux par une rangées médiane de piliers de section cruciforme. Les latrines sont implantées hors œuvre afin d'éviter la diffusion d'odeurs fétides vers les salles de malades et les deux bâtiments qui les renferment sont disposés en arc-de-cercle dans deux des angles formés par les salles disposées en croix, chacun des bâtiments de latrines desservant donc deux salles de malades à chaque étage. Il existe un escalier à l'extrémité de chacune des salles de malades de manière à faciliter la desserte des salles et leur évacuation : cet escalier est à retour sans jour dans le premier projet, celui avec salles charpentées, à retour avec jour dans le second projet, celui avec salles voûtées. Le corps de logis abritant administration et services généraux est implanté le long de la voirie principale (la façade de l'Esplanade). Les locaux spécialement affectés au traitement des maladies vénériennes sont situés dans un bâtiment indépendant, conformément aux prescriptions d'hygiène contenues dans la réglementation portant sur les hôpitaux militaires, et ce bâtiment présente un plan rectangulaire.

Plans plan en croix grecque
Étages sous-sol, 1 étage carré, 2 vaisseaux
Couvrements voûte d'arêtes
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
États conservations oeuvre non réalisée
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Lille, fort du Réduit, établissement du Génie. Projet d'hôpital militaire à établir à Lille, en bordure de la façade de l'Esplanade, plans de distribution relatifs à ce projet, datés de 1767 et de 1774.

    Lille, fort du Réduit, établissement du Génie
  • Ministère de la Défense, Service historique de l'armée de terre, Vincennes, Xe 519. Terrain à Lille, en bordure de la façade de l'Esplanade où s'élèvent un atelier de tonnellerie et des hangars pour le service de l'artillerie, plan aquarellé, sans date [vers 1816].

Bibliographie
  • LECLAIR, Henri. Les hôpitaux militaires de Lille avant la Révolution. Essai historique. Lille, Imprimerie H. Morel, 1925. 172 p.

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