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Présentation de la Ville de Berck

Dossier IA62001810 réalisé en 2006

Le village primitif était constitué de chaumières, construites autour de l´église paroissiale saint Jean-Baptiste, aujourd´hui située au nord du bourg actuel. Le bourg actuel, Berck-ville, est constitué essentiellement d'anciennes maisons de pêcheurs (fig. 13 à 15) et de maisons de ville. Les rues et croisements de Berck-ville sont ponctués d'édicules religieux. L´inventaire et l´étude de ce patrimoine a été réalisé par Jean-Max Gonsseaume en 1998. Cet historien a recensé environ 73 édicules religieux, construits entre le XVIIIe siècle et nos jours. L'habitat (IA62001504) de la station balnéaire (IA62001502) est composé d'un corpus de maisons de ville, d'immeubles à logements et de maisons inspirées de la typologie de chalets, caractéristique de la plage de Berck. Aujourd'hui encore le bourg est relié à la station balnéaire, Berck-plage, par la rue de l'Impératrice et la limite entre Berck-ville et Berck-plage est difficile à tracer. Le programme d´aménagement et d'embellissement de la ville de 1928 mis en oeuvre surtout après la seconde guerre mondiale est toujours visible aujourd'hui : les larges voies de circulation et d'accessibilité aménagées à l'est, pour relier Berck à Paris-plage (Le Touquet) par Merlimont et Stella-Plage. Ces larges voies de circulation et d'accessibilité ont été complétées par la voie transversale de l'Avenue du 8 mai 1945. Il n'y a pas de voies vers le sud, pour aller vers les stations balnéaires de la Somme, l'estuaire de l´Authie faisant barrage.

Aires d'études Berck
Adresse Commune : Berck
Lieu-dit : Berck-Plage
Adresse

L´existence de Berck est attestée par les historiens en tant que seigneurie du pays de Ponthieu dépendant de la prévôté de Montreuil à partir du XIe siècle. La présence d'habitants n´est en revanche que très peu mentionnée à cette période, contrairement à des communes voisines comme Groffliers ou Merlimont. Néanmoins la géographie du lieu laisse supposer l´antériorité de l´occupation du site : l´embouchure de l´Arche constitue en effet un abri naturel pour les embarcations et représente de ce fait un lieu stratégique. Il parait plus judicieux d´envisager l´occupation de la zone dès la période des invasions barbares, Berck aurait été alors une zone frontière fortifiée par les Normands, destinée à assurer la sécurité de l´embouchure de l´Arche. L´église saint Jean-Baptiste (fig. 1, 2) est construite entre le XIIIe et le XVIIe siècle : la tour-clocher de l´église paroissiale saint Jean-Baptiste (PA00108197, ISMH : inscription par arrêté du 10 juin 1926 du choeur et clocher), daterait du XIIIe ou XIVe siècle et aurait abrité le phare, le « Foïer » cité dès 1361. Le choeur daterait du XVIe siècle et la nef du XVIIe siècle. Son emplacement actuel à l´extérieur du bourg (aujourd´hui Berck-ville) témoigne des reconstructions et déplacements successifs du village de pêcheurs originel. Pendant la guerre de Cent ans les témoignages mentionnant les habitants de Berck sont plus nombreux, les récits de saccages ponctuent l´histoire de la marine berckoise. La fin de la guerre de Cent ne met pas un terme au piratage et à ses méfaits, au XVe siècle, la course maritime persiste. Au XVIe siècle outre les Anglais, Flamands, Espagnols et Wallons investissent successivement le pays de Ponthieu. A chaque invasion, Berck subit incendies, pillages et massacres. Jusqu´au début du XVIIe siècle, l´histoire berckoise est faite de luttes incessantes contre l´envahisseur au cours desquelles le village de Berck est régulièrement détruit et reconstruit selon des dispositions urbanistiques différentes mais selon le même type d´habitat : maisons en pan de bois et torchis et sol de terre battu. L´étude de l´évolution du paysage littoral par le géographe Abel Briquet, enrichie de l´analyse historique du docteur Victor Macquet5, aident à comprendre l´évolution du village : à l´aube du 16e siècle, Berck était construit sur une butte, datant de l´époque préhistorique, sur la rive nord d´une des nombreuses anses sablonneuses de la côte. La rivière l´Arche se jetait dans cette anse qui servait de port. L´ensablement massif du littoral et des terres qui se produisit tout au long de ce siècle incita les habitants à modeler le paysage des estuaires en établissant des levées de terre. Celles-ci limitèrent les marées et permirent la conquête et la culture de la terre sur la mer selon le principe des polders, aboutissant au colmatage progressif de l´anse et au détournement de la rivière de l´Arche. C´est au fond de l´ancien estuaire qu´est reconstruit le village (fig. 3) de pêcheurs que nous connaissons aujourd´hui en tant que Berck-ville. L´activité principale des habitants de Berck est la pêche jusqu´à la fin du XIXe siècle, comme en témoignent les différents recensements de populations (400 pêcheurs vers 1850 et jusqu´à environ 600 vers 1880) et de statistiques sur les tonnages de poissons pêchés. Berck concurrence Etaples et passe au rang de premier port d´échouage de la région. Mais l´inexorable ensablement de la baie d´Authie signe la mort annoncée de l´activité maritime et des activités artisanales lui étant liées (chantiers navals, corderies, fumeries, vanneries, etc.) à la fin du XIXe siècle. Par ailleurs, les ports d´échouage, tels que Berck, Wissant ou encore Cayeux, subissent « l´absence des gares sur les grandes lignes et manquent de débouchés rapides à grands débits ». En 1960 subsistent à peine six bateaux et trente pêcheurs. Dix ans plus tard, seuls trois bateaux naviguent pour des équipages rassemblant sept hommes au total. Le village commence à se structurer au milieu du XIXe siècle, se dote d´équipements publics autour de la place (fig. 4). Une première mairie (IA62001503) y est construite de manière concomitante avec le presbytère en 1843, puis reconstruite en 1893 par l´architecte Clovis Normand, également auteur de l´église Notre-Dame des Sables (IA62000432), dont la construction est décidée en 1878 à Berck-plage, la station balnéaire (IA62001502) de Berck. La mutation du village de pêcheurs en station balnéaire s'ébauche dès le milieu du XIXe siècle, avec l´implantation, à partir de 1861, d'établissements de soins hospitaliers, qui se développent et génèrent la construction de maisons médicales, de pensions de famille et d´habitat de villégiature, et sui s´établissent de part et d´autre de l´Entonnoir sur les anciennes garennes. Un villégiateur et banquier, Emile Magnier, fit construire une vaste demeure agrémentée de nombreuses plantations. Le bois situé autour du château prit le nom de son propriétaire (Bois Magnier), et l'ensemble de la propriété celui de "Reingam Park" (anagramme de Magnier). Acheté par la commune en 1911, la propriété devint par la suite un parc de loisirs. Après avoir accueilli l'école des infirmières, le "Château" est désormais Maison des Associations. Le développement de la station balnéaire nécessite la construction d'édifices publics à Berck-ville et Berck-plage : des écoles sont construites rue d´Artois (fig. 5), un bureau des PTT est construit à Berck-ville et Berck-Plage (fig. 10, 11). Des travaux d'accessibilité de la ville pour accueillir la population et les villégiateurs croissants sont également nécessaires : le train, à la fin du XIXe siècle les voies d'accès et la voirie (voir IA62001497) pendant le premier quart du XXe siècle puis l'avion. La construction de la ligne de chemin de fer (voir IA62001506) Aire-Berck est envisagée dès 1877. Le projet propose de prolonger le chemin de fer, desservant depuis 1877 la gare de Berck-Ville et Berck-Plage, jusqu'au lotissement de Belle-Vue, en cours de construction à ce moment. L'actuelle route des Anglais a été réalisée pour relier Berck-ville aux quartiers Terminus-Bellevue. Le projet de boulevard de la Manche, destiné à relier la station de Berck à Paris-Plage (Le Touquet) par la mer ne verra jamais le jour. Le début de l'aviation se fait à Berck, où sont réalisés les premiers essais pratiques d'appareils sans moteurs, en 1904. Le service de la navigation aérienne y a installé une gare qui, avec celles de Saint-Inglevert, Abbeville, Poix, Beauvais, Le Bourget, jalonne la route Paris-Londres. Chacun de ces centres est doté d'un phare d'une puissance telle que par une nuit de transparence moyenne, sa zone de visibilité recoupe celle du phare voisin. Les deux parties de la ville sont reliées par l´ancien chemin de démarrage à la côte qui devient la rue de l´Impératrice, première rue empierrée en 1854. L´accroissement constant de la population est important, comme en témoigne l´architecte Ph. Mériat, auteur du guide du Baigneur en 1904 : le nombre d´habitants passe de 1500 habitants au début du XIXe siècle à 3000 habitants en 1864, 4200 en 1870 et 7799 habitants sédentaires en 1904 et avec en plus l´accueil de 40 000 touristes. Cette même année, le nombre de pêcheurs s´élève encore à 500 hommes d´équipage pour 100 bateaux. La ville continue à se développer, comptant 15 000 habitants en 1928 ; les lois de 1919 et 1924 suggérant la réalisation de plans d´embellissement et d´extension pour les villes de plus de 10 000 habitants, la ville de Berck élabore et met en oeuvre un programme d´aménagement en 1928 (fig. 9), dont témoigne le plan de 1954 (fig. 12), établi pour la reconstruction de l'esplanade - digue de mer, détruite lors d'un bombardement pendant la Seconde guerre mondiale. L'aménagement urbanistique a subi peu d'évolution depuis cette reconstruction. Actuellement, quelques projets sont en cours de réalisation : la construction d'une médiathèque sur l'espace laissé libre par les voies de chemin de fer, la construction d'un ensemble immobilier en lieu et place de l'hôpital Cazin-Perrochaud. L'hôpital Gressier, situé à l'extrême nord de la station balnéaire, a été détruit en 2009. Le terrain laissé libre a été racheté par le Conservatoire du Littoral. Un réaménagement et un regroupement des différentes fonctions hospitalières actuellement dispersées dans différents établissements dans un hôpital situé à l'extérieur du bourg de Berck est en cours, générant ainsi une réflexion sur l'utilisation future des anciens hôpitaux qui devriendront vacants, ainsi que la modification de la fréquentation de la station balnéaire par le malade.

Références documentaires

Bibliographie
  • LHOMEL Georges (de). Documents pour servir à l´histoire de Berck. Abbeville, Imprimerie. A. Laffosse, 1913.

  • CREPIN Guy, CREPIN Michel, LYS-COUSIN Catherine. Un hôpital crée une ville, Berck. CRADC, 1999.

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