Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Rumegies

Dossier IA59002216 réalisé en 2003
Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Rumegies

Des découvertes le long de la rivière de l'Elnon attestent une présence humaine à l'époque néolithique et une occupation gallo-romaine au nord-est de la commune, au lieu-dit et rue des Trois-Magots. La commune dépendait de l'abbaye de Saint-Amand depuis le 7e siècle et ce jusqu'à la Révolution française. La commune se dote d'édifices publics : la mairie-école (AD Nord, série O 518, pièces 9, 24), construite par l'architecte Alexandre Grimault en 1862, l'école de filles (AD Nord, série O 518/38) (fig. 1), rue de la Caisse, construite en 1895-1908 par l'architecte Gustave Dupont, de Valenciennes, qui aménage également la grange de l'ancien presbytère en salle des fêtes en 1908. L'industrie textile et brassicole s'installe dans le village au 19e et surtout au début du 20e siècle : le tissage Tieffry en 1901, la filature Hugues (fig. 2), vers 1904, rue du Grand-Chemin, la fonderie Hugues (fig. 3) en 1926) et les brasseries coopératives, rue Delannoy (voir dossier Mérimée IA59000073), Weymel (voir dossier Mérimée IA59000069), rue Angèle-Lecat en 1906. La position stratégique à la frontière avec l'Autriche puis la Belgique a doté le village de 2 casernes de douanes, construites à la fin du 19e siècle et dont une est détruite et de casemates lors des 2 guerres mondiales.

Annexes

  • Repérage du patrimoine bâti de Rumegies

    Le bâti s'organise essentiellement le long de deux axes : l'ancienne route Lille-Valenciennes, qui traverse le village selon l'axe nord-sud, présent sur le plan terrier de 1663, et la rue Molière qui rejoint aujourd'hui la Belgique.

    Le bâti lisible sur le cadastre de 1830 est composé essentiellement de petites exploitations et de maisons élémentaires qui ont été agrandies au cours du 19e siècle puis modifiées au cours du 20e siècle, et quelques très grandes fermes (fig. 4, 5). Le changement le plus important s'est effectué dans le centre du village au début du 20e siècle (fig. 6, 7) : les grandes fermes à cour fermée (fig. 8, 9) ont laissé place à un bel alignement de maisons de bourg (fig. 10, 11), de quelques maisons de maître et d'une caserne de douaniers. Ces constructions sont en brique, rehaussées de bandeaux et encadrements en brique cérame et s'élèvent sur deux niveaux, avec une toiture à longs pans, ou à croupe brisée, couverte de tuile flamande vernissée ou mécanique.

    Le goût du décor et du confort est visible également dans la ferme située au n° 150 de la rue E. Millecamps : une pièce de réception à pans coupés a été adjointe à l'arrière du logis 19e siècle (fig. 12).

    Les maisons

    L'habitat est composé de maisons élémentaires (fig. 13), construites pendant la deuxième moitié du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle, de plusieurs alignements de maisons de bourgs, de corons et de d'une ancienne caserne de douanes (fig. 14), et de quelques maisons de maître (fig. 15), dont les plus beaux exemples sont situés 33 rue Alexandre-Dubois et 204 rue de l'Eglise (fig. 16).

    Les fermes

    19 fermes ont fait l'objet de fiches individuelles :

    1 ferme élémentaire de type B (logis et petite dépendance isolée) (1261 rue de Morimetz) ;

    1 ferme en L type A inversé, avec logis parallèle à la rue, communs disposés perpendiculairement et particularité de cette ferme, un chartil ;

    1 ferme élémentaire avec logis face aux communs ;

    3 fermes en U ;

    5 fermes en U disposées perpendiculairement à la rue, appelé en C, dont une ferme adjointe d'une aile abritant le logis : rue Molière : n° 721 et 892, rue Paul-Dussart : n°s 122 (A 1423), 127 (cadastre A 1549), 225 (A 1558) ;

    7 fermes à cour fermée ;

    4 fermes à cour fermée avec 2e logis.

    Parmi ces 19 fermes, 2 ont un chartil ; 1 composé de piliers de brique et le second de piliers de pierre et 3 fermes ont une construction très remaniée qui s'apparente au chartil.

    Les anciennes censes ou grandes fermes, indiquées sur le plan terrier et les cadastres successifs, ont été transformées : l'ancienne cense Bougrie (A 214) a été complètement reconstruite en 1924, l'ancienne cense Brice (137, rue de la Caisse) est une ferme en U du 19e siècle avec des traces du logis, antérieur au 18e siècle (fig. 17, larmier sur pignon) et du 18e siècle (poutre datée 1721) (fig. 18), l'ancienne cense du Mayeur (243 rue Morimetz) daterait de 1678, mais a été en grande partie reconstruite en 1881). La ferme du Metz (fig. 19) (115, rue Morimetz) est une grande ferme construite en 1867-71, dont le logis imposant a son élévation antérieure sur rue, à 5 travées, 2 niveaux plus combles, comprend le passage charretier. La ferme à cour fermée située 443 rue du Grand Chemin (fig. 20) datée par fer d'ancrage 1832 conserve un grand pigeonnier (bouché) et un chartil à colonnes en pierre fortement remanié.

    Les autres fermes, repérées avec l'habitat, dans le tableau général, méritent quelques remarques :

    Les petites fermes élémentaires sont situées essentiellement rue Angèle-Lecat (fig. 21) ; certaines semblent dater du 18e siècle, telle celle située au n° 208.

    Un exemple unique est celui d'une ferme élémentaire avec fournil face au logis (fig. 22).

    Un bel exemple daté 1877 est situé 310, rue des Haies (fig. 23).

    Deux fermes du 18e siècle ont été construites dans le centre, rue Alexandre-Dubois : celle située au n° 57 (fig. 24) a conservé les fers d'ancrage daté 1758 et l'ancien presbytère 95, rue Alexandre-Dubois à la disposition d'une ferme à cour fermée avec la grange dîmière et portail daté des années 1769-71 (fig. 25). Au 81 rue Molière (fig. 26, 27) subsistent le logis et le porche, couvert d'un toit en bâtière, d'une ferme ancienne. Le pignon du logis à toit brisé porte la date de 1789.

    Deux fermes élémentaires sont composées d'un logis faisant face aux étables-écuries : 523, rue Prière et 494, rue Molière (fig. 28). Celle située rue Prière conserve dans les communs une ouverture avec linteau et baraudage en bois datant vraisemblablement du 18e siècle.

    La ferme située 80, rue des Haies est composée d'éléments disjoints : logis, étable et écurie, rappelant la disposition en forme de C.

    Unicum

    Un ancien relais de poste (322, rue Angèle-Lecat, A 1440) datant du début du 19e siècle, possède une très belle façade en brique et chaînage en pierre de Tournai.

    Edicules religieux

    Il existe de nombreux édicules religieux dont : Notre-Dame de Montserrat, rue des Trois-Magots (fig. 29), construite en 1897, sur un plan polygonal, Notre-Dame des 7 Douleurs, dans le hameau de Belzanois, construite en 1906, et Notre-Dame de Lourdes, construite en 1883 rue Molière, selon un plan triangulaire.

    L'industrie

    Les bâtiments industriels sont assez transformés ou abandonnés. La brasserie Weymel (voir Mérimée IA590069) est une ferme-brasserie. Les bâtiments sont à mettre en rapport avec une maison de maître ou d'habitat ouvrier en série (rue Delannoy, série de 5 maisons).

    Patrimoine militaire

    Deux casernes ont été construites, celle située à la sortie du village date de la fin du 19e siècle, celle située rue Delannoy a été détruite.

    Matériaux

    Un exemple unique de logis de ferme simple est à signaler : le pignon sur rue conserve du végétal en essentage (rue Morimetz) (fig. 30).

    En ce qui concerne les matériaux, il faut également signaler l'usage de scories de charbon (?) en amortissement sur la toiture.

    L'usage du gravier roulé est assez rare et un seul édifice en est recouvert complètement (angle des rues Caisse et Lecat).

    Les fermes reconstruites pendant le 2e quart du 20e siècle

    Un bel exemple est situé 421 rue Bertinquesne (fig. 13) avec un soin particulier porté aux détails (grille, décor en pas de moineaux à l'envers sur pignon du logis) (fig. 14).

    La ferme à cour ouverte située 297 rue Jean-Rache (B 0185) présente une disposition différente avec le logis dans le fond. La grange date du 19e siècle et conserve des pans de bois. La ferme a été achetée en 1902 et refaite à neuf en 1926, adjointe d'un hangar sur l'arrière en 1931.

    Plusieurs fermes possèdent un second logis, construit entre 1925 et 1940. Il s'agit souvent d'une maison de plan carré ou rectangulaire, à deux niveaux, donnant sur la rue, avec un cartouche en pierre calcaire portant la date de construction, l'identifiant plutôt à une maison de bourg (fig. 15, 101 rue du Presbytère).

    Les fermes à cour fermée

    Les plus anciennes sont les censes, figurées sur le plan terrier de 1665 : celles de Lélie, de le Quiesse, Maretz (aujourd'hui sur la commune d'Aix-lez-Orchies) et Deris, appelée aujourd'hui d'Héry (fig. 19). Les deux premières ont donné leur nom à la rue au bord de laquelle elles sont construites. Elles ont été reconstruites à de nombreuses reprises et transformées. Sur le plan terrier, ces fermes sont toutes isolées, en retrait du chemin, et protégées sur un des côtés par un bois et entourées de leurs terres. La cense Lélie possède une mare et son chemin d'accès est bordé d'arbres. Elles sont en brique, couvertes d'ardoise (Lélie) ou de végétal (Quiesse).

    La ferme située 849 chemin du moulin des Ewuilles (fig. 20) conserve un pigeonnier-porche (fig. 21) au chaînage en pierre bleue et toiture en bâtière, deux éléments qui permettraient de dater le portail de la fin du 18e ou du début du 19e siècle. Le logis, daté 1847 par fer d'ancrage sur le pignon, est profond et possède encore un coyau.

    Un portail du même type est présent dans les fermes située 228 rue Bertinquesne (fig 22) et 1087 rue de Lelier (fig 23).

    Il existe trois fermes à cour fermée de taille assez importante construites pendant le troisième quart du 19e siècle.

    La ferme située 344 rue de Balory (fig. 24), construite en 1867, possède un portail avec pigeonnier-porche, ouverture piétonne, adjoint d'une laiterie. Le passage réservé aux bêtes, caractérisé par deux arcades situées dans l'angle entre la grange et les communs, très fréquent dans la commune voisine de Lecelles, existe dans cette ferme ainsi dans celle située 1036 rue de la Quièze (fig. 25 à 27), construite en 1876, date portée sur une pierre insérée dans le pignon et visible dans le grenier. Celle-ci possède un salon décoré de faux-bois (28-29).

    Des éléments uniques

    Deux exploitations atypiques, situées dans une boucle de la rue Bias, sont à signaler. Une maison de maître (fig. 30) avec dépendances, était adjointe d'une aile en retour qui a disparu entre 1818 et 1875, comme en témoignent les cadastres successifs).

    En face, au n° 195, est situé un vaste logis (fig. 31) à deux niveaux et combles en demi-lune et 7 travées avec petite grange et des étables à l'arrière. Cet édifice a été construit en 1864, comme en témoigne les fers d'ancrage sur le pignon. Les étables et la grange ont été transformées.

    Un autre vaste logis de ferme (fig. 32) est à signaler à l'angle de la rue Balory et de la rue de Lelier.

    Signalons une ferme (1082 rue de Fréchy) avec deux éléments particuliers : un logis couvert d'une croupe et pans brisés, un chartil à appentis (fig. 33).

    Signalons un bâtiment non accessible (814 rue de Fréchy) à pans de bois, couvert d'une croup et une grange isolée (fig. 34).

    Trottoirs

    38 logis ont conservé un trottoir, soit 15% du repéré ; 22 sont en pierre de Tournai, 14 sont en matériau neuf, 1 en brique et 1 en grès.

    Les édicules religieux

    4 édicules ont été repérés : 2 oratoires, une chapelle et une niche.

    Un oratoire, dédié à Notre-Dame des Affligés (fig. 35) est situé à un carrefour de plusieurs chemins reliant Rumegies à Saméon et est remarquable par sa situation isolée, encadré par quelques arbres (fig. 36)

    Le second oratoire, qui est la propriété de la maison qui lui est voisin, situé rue de Beaumetz, est dédié à Notre-Dame de la Treille et a été construit en 1919.

    La chapelle est situé dans le centre du village, à l'angle de la rue de la Mairie et de la rue de Richon.

    La niche (fig. 37) est insérée dans un mur qui s'apparente à une clôture de pâture situé rue du Vieux-Condé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Série P31/626 (1830, 1913).

  • AD Nord : Série M417 : pièces 7376, 7378, 16143.

  • AD Nord : Série O 518 ; différentes pièces.

Périodiques
  • DEBERSEE Marc. Rumegies. Histoire Magazine, décembre 2001 et décembre 2002.

  • DEBERSEE Marc. Balade à la rencontre des chapelles de Rumegies. Chapelles. ARARCO, mai 2002.

  • DEBERSEE Marc. Rues, chemins et lieux dits, mémoire vivante de Rumegies. Spécial Rumegies - Histoire magazine, 2003.

(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général ; (c) Parc naturel régional Scarpe-Escaut - Luchier Sophie