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Présentation de la commune de Maulde

Dossier IA59002048 réalisé en 2003
Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Maulde

Le territoire de Maulde fait partie de la châtellenie de Mortagne, qui est rattachée au bailliage du Tournaisis, créé en 1383 et dépendant du comté du Hainaut, franchissant ainsi la frontière de l'Escaut séparant le royaume de France de l'empire germanique. L'église primitive était située hors de la terre abbatiale de Saint-Amand, dans le village de Don (disparu lors de l'aménagement de l'Escaut) appartenant à la seigneurie des princes de Ligne et proche de l'Escaut. L'évêque de Tournai donne l'autorisation de construire une autre église en 1506, édifiée sur la hauteur, sur le territoire de la seigneurie de Saint-Amand, en bordure de la route de Maulde à Tournai. Ces deux édifices sont représentés sur les Albums de Croÿ (vers 1601). Le bailliage du Tournaisis est intégré au comté de Flandre en 1521 par Charles Quint lors de sa conquête de Tournai. En 1665 est demandé le transfert du siège de la communauté sur la colline. Le traité d'Aix-la-Chapelle (1668) annexe la Flandre, le Tournaisis et la châtellenie d'Ath (retirée un an plus tard), formant ainsi l'intendance de la Flandre wallonne. La paix de Nimègue (1678) dépossède le Tournaisis des communes adjacentes sur la rive droite de l'Escaut, rétablissant le fleuve comme frontière. Le territoire est amputé de Mortagne et de la seigneurie de Saint-Amand lors du traité d'Utrecht (1713). L'église est reconstruite en 1751. En 1779 un nouveau traité rattache Mortagne et ses localités à la France. Une ordonnance de 1782 (AD Nord série C 19120) propose le prolongement du canal du Décours jusqu'à Maulde, dont l'exécution en 1774 et 1777 sur d'autres territoires a "procuré avec beaucoup de succès le dessèchement (sic) des terres, prairies, bois et marais". Les marais sont asséchés au 19e siècle. La commune se dote en 1855 d'une maison-école de garçons (AD Nord, série O 397/49), puis en 1862 d'une école de filles (AD Nord, série O 397/51), adjointes chacune d'un logement pour l'instituteur et construites par l'architecte Grimault de part et d'autre de l'église paroissiale (fig. 1 à 3). Le fort Séré de Rivières est construit en 1884 sur la "butte de Maulde", puis intégré dans le nouveau front en 1935. Après le bombardement de la commune en 1914, les édifices communaux (hospice, mairie, écoles) sont restaurés avec l'argent des dommages de guerre (AD Nord, série O 397/93) par l'architecte DPLG valenciennois, René de Gassowski. L'architecte Alfred Marsang et ses collaborateurs, Louis Camus et G.G.Trannoy, reconstruisent église paroissiale en 1922 (AD Nord, série O 397/94) et le presbytère (AD Nord, série O 397/95) en 1923. Ce dernier a été aménagé par l'architecte lillois Joseph Ségers en 1961 afin d'abriter la mairie.

Annexes

  • Le repérage du patrimoine bâti de Maulde.

    327 édifices ont été recensés sur un ensemble de 359 logements existants (chiffres INSEE 1999), soit 91 %. Parmi ce corpus, 87 édifices sont dénaturés (non étudiés) ou construits à une époque récente (pavillonnaire). 240 édifices se rattachent à deux grandes familles : 207 maisons (soit 63 % du repérage) et 33 fermes (10 %).

    Les maisons

    Les maisons sont des maisons simples, parfois en série (3%). L'usage du matériau bois comme mode de construction y est exceptionnel : on note la présence d'une maison en bois (25, rue du Marais), qui semble être le seul vestige des maisons dites provisoires construites au lendemain de la Première Guerre mondiale (?) (fig. 4) et d'un atelier (324, Grand'Rue) . Elles sont construites le long de la Grand'Rue (fig. 5) et de la Petite Rue, sur des parcelles longues et étroites, qui ont été loties de manière assez dense au cours du 19e et au début du 20e siècle, comme en témoignent les cadastres successifs (1804, 1830, 1913, 2003) et les statistiques qui indiquent que le nombre de logements a doublé en deux siècles.

    La plupart d'entre elles sont en brique, enduite ou peinte, les mises en oeuvre étant parfois associées. Le cas le plus fréquent est la brique enduite en soubassement et la brique en élévation. Le "gravier roulé" (enduit couvert de gravier) est présent de manière importante (36 maisons, soit 17%) et constitue la particularité de la commune. L'artisan-plâtrier Lechantre-Haroux a exercé son art sur sa propre maison (95, rue Basse-Fosse) (fig. 6) et a "rhabillé" de nombreuses maisons et quelques fermes de la commune pendant l'entre-deux-guerres.

    Comme mentionné précédemment, un certain nombre de maisons sont construites en série de 2 ou 3 et étaient destinées à loger les ouvriers des industries voisines. Certaines ont été surélevées.

    Deux maisons (120 Petite Rue et 40-32 Rue du Pont), construites au début du 20e siècle, sont mises en oeuvre en pierre bleue (soubassement en bossage, meneau et colonnes) qui rappelle le travail des maîtres d'oeuvre belges voisins (fig.7 à 9).

    Un ancien café, situé à l'angle de la Petite Rue et de la rue du Mortier, est un bel exemple d'architecture de l'entre-deux-guerres (fig. 10).

    Les fermes

    Les fermes sont peu nombreuses sur la commune (10 % du bâti), alors que l'activité agricole y est encore exercée de manière constante.

    13 fermes ont fait l'objet d'une fiche individuelle de repérage et se répartissent ainsi : 6 rue de Chorette, 2 Grand'rue, 2 rue du Pont, 3 rue Basse Fosse (dont une non accessible). Les fermes situées à Chorette pourraient être analysées avec la commune de Lecelles, car éloignées du centre du village-rue de Maulde et s'inscrivant dans le bâti rural lâche de la rue de Chorette, côté Lecelles. 6 fermes sont à cour fermée, 1 en forme de U, 3 sont en L et 2 sont des fermes élémentaires.

    Deux fermes (129 et 226 Petite Rue) présentent deux particularités : le logis, prolongé par une grange, est disposé parallèlement à la rue et la grange a deux ouvertures, une porte charretière et une ouverture plus basse (fig. 11), destinée à laisser passer uniquement les animaux. L'usage de cette dernière n'est pas lisible à l'intérieur suite à des modifications, mais est certainement à rapprocher d'une forme fréquente à Lecelles, commune voisine.

    Les petites fermes élémentaires visibles sur le cadastre du Consulat (1804-1805) ont été agrandies au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Deux beaux exemples subsistent Grand'Rue (fig. 12, 13) et rue du Fort (fig. 14). Le grès, la pierre de Tournai sont des matériaux relativement peu présents et semblent être les témoins de ces constructions anciennes. Le pan de bois et le bauge (terre crue) sont exceptionnels (1 cas de chaque).

    Il faut signaler l'exemple unique (non accessible) sur la commune d'une ferme très importante entourée d'un mur de clôture, organisée autour d'un logis sur deux niveaux et à 6 travées, des communs, une grange et un oratoire (fig. 15 à 17). Le logis est perpendiculaire à la rue, légèrement de biais, permettant l'insertion de l'oratoire dans le prolongement. Les communs sont en brique et semblent reconstruits sur une base plus ancienne en moellons de pierre. L'ensemble date de la fin du XIXe siècle ou du début du 20e siècle.

    Une autre ferme à cour fermée présente la particularité de posséder une cave sous la grange.

    Un autre élément unique est une grange (?), actuellement isolée, située au 869 Grand'Rue (fig. 18, 19). Le pignon sur rue est décoré de manière unique : un relief de brique imite le chaînage d'angle et suggère un arc en plein-cintre retombant sur des colonnes à bossage. Un losange et un cartouche portant la date de 1879 complètent ce décor.

    Un dernier exemple unique à mentionner est une ferme élémentaire transformée et adjointe d'un hangar, mais qui a conservé des ancres en bois et son atelier en bois. Elle est située 324, Grand'Rue.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Série C : pièces 14328, 14377, 19120.

  • AD Nord : Série O 397.

  • AD Nord : Série P (cadastre) : P30/230 (1805), P31/605 (1830, 1913).

  • AD Nord : Série R : pièces 2 R 40, 2 R 57.

  • AC Maulde ; diverses pièces.

Bibliographie
  • DHOT Marcel. Histoire de Maulde. s.d., s.l.

  • DUVOSQUEL, Jean-Marie (dir.). Albums de Croÿ, Tome XI Tournai-Tournaisis. Bruxelles : Crédit Communal de Belgique, 1991.

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