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Présentation de la commune de Lecelles

Dossier IA59001998 réalisé en 2003

A l'époque celte, la rive gauche de Lecelles était occupée par la tribu des Ménapiens (gaulois belges) sur le village de Gonsiniacas et sur la rive droite étaient installés les Atrebates (gaulois francs). Pendant la conquête romaine, un retranchement romain fut installé à côté de l'actuel lieu-dit Pont des Turcs et une villa dans le village voisin de Maulde. Un monastère fut créé au Pont des Turcs, ayant la tutelle sur le village de Gonsiniacas sauf sur les fermes de Dombrie, Choques, Wabimpré, qui étaient rattachées à Rongy, dont le bois allait jusqu'à Wabimpré. Le monastère fut transformé en cella puis détruit par les Normands. Une église dédiée à saint Denis fut implantée au lieu-dit Vieille Eglise dès le 10e siècle. Jusqu'au 13e siècle, Lecelles dépend de la seigneurie de Saint-Amand, au sein du Tournaisis, châtellenie flamande du comté de Flandre. En 1297, le Tournaisis est annexé par le roi Philippe le Bel (1285-1314), le traité de Pontoise (1312) établit une nouvelle unité administrative, le bailliage du Tournaisis et de Lille-Douai-Orchies, puis est créé en 1383 le bailliage du Tournaisis dépendant du comté du Hainaut. Lors du traité de Madrid (1526), la commune est rattachée au comté de Flandre, sous la souveraineté espagnole. C'est à cette époque que s'installe une communauté protestante, en 1566. Le premier temple est reconstruit en 1717 puis en 1862. Le traité d'Aix-la-Chapelle (1668) annexe la Flandre, le Tournaisis et la châtellenie d'Ath (retirée un an plus tard), formant ainsi l'intendance de la Flandre wallonne, annexée au royaume de France. Le village actuel de Lecelles s'est développé à partir du milieu du 18e siècle, après la reconstruction de l'église paroissiale à son emplacement actuel, autour duquel un noyau s'est constitué.

Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Lecelles

A partir du milieu du 19e siècle, la commune s'équipe d'édifices publics. Une maison-école est construite par l'architecte du département, Alexandre Grimault, en 1843 (AD Nord série O 338/43). L'école des garçons est aménagée dans la mairie, située rue des Fèves, par l'architecte valenciennois Louis Dutouquet en 1864 (AD Nord série O 338/44). Une école protestante mixte est construite à côté du temple en 1891 d'après un projet de l'architecte lillois Marteau (AD Nord série O 338/45). Il semble que c'est le développement des voies de communication entre le nord et le sud de la commune qui permet de créer un second noyau à l'angle de la rue des Fèves et de la rue Neuve, proche de l'école des garçons. La mairie et l'école de filles sont établies à proximité, dans une ancienne maison patronale de tanneur en 1901 par l'architecte départemental de Valenciennes, Edmond Lemaire (AD Nord série O 338/47). Cet ensemble est complété par la salle des fêtes construite dans les années 1950 à côté de la mairie. Une communauté protestante est attestée depuis le 17e siècle sur la commune, sur la "butte de Maulde", qui faisait partie de l'enclave impériale autrichienne jusqu'en 1780, terre de refuge des Réformés. Le temple actuel (fig. 1) a été construit par les communes de Maulde, Saint-Amand et Lecelles, sur un plan de l'architecte roubaisien Lepers en 1861 (AD Nord série 7V /21). La maison vicariale, abritant aujourd'hui la poste, a été rehaussée d'un niveau par l'architecte valenciennois Louis Dutouquet en 1866 (AD Nord série O 338/36). L'industrie s'est assez peu implantée dans la commune. Le cadastre de 1805 mentionne la brasserie du Corbeau et une autre située grand Chemin (aujourd'hui disparue (fig. 3). La sucrerie Bouchart installée en 1864, transformée en manufacture de lits et sommiers métalliques (fig. 4) (AD Nord série M 417/13219) vers 1922, est aujourd'hui un entrepôt sans intérêt architectural. La tannerie (fig. 5, 6) (AD Nord série M 417/13212), installée en 1908 près du Décours sur la route de Tournai, est également transformée.

Annexes

  • Le repérage du patrimoine bâti de Lecelles.

    Les maisons

    Le bâti de la commune s'organise en plusieurs noyaux, le long des deux voies principales de circulation (la route de Roubaix et la route de Tournai) et les rues principales (rue des Fèves, rue de Chorette). Les maisons sont souvent en retrait par rapport à la rue et non mitoyennes. Les maisons et les fermes sont disposées en alternance, en particulier sur la route de Roubaix qui s'est lotie depuis le milieu du 18e siècle. Les fermes de taille moyenne et grande sont établies au sud de la commune essentiellement, le long des rues de Merdinchon et Baudoin et à l'est, le long de la route de Roubaix. Les fermes les plus anciennes et les plus importantes (anciennes fermes abbatiales) sont isolées (Coutan, Choques, Wabimpré, Dombrie).

    Parmi les quelques maisons de maître, la maison située au 681 rue Lasson mérite d'être signalée. Il s'agit d'une maison à cinq travées et un étage, couverte d'une croupe. Elle possède des appentis, un décor de brique soigné. Elle est située en retrait par rapport à la rue et est datée par fer d'ancrage 1872 (fig. 7).

    Quelques maisons bourgeoises ont été construites pendant la première moitié du 20e siècle et de rares exemples datent des années 1950.

    Signalons deux maisons intéressantes : la maison patronale de la manufacture de lits et matelas (IA59002203), de style Art-Déco, construite par l'architecte valenciennois Henri Deporte en 1922 (fig. 8) et une maison de style régionaliste construite par un architecte lillois non identifié en 1932 (fig. 9).

    Les fermes

    Quatre fermes sont d'origine abbatiale : les censes de Choques (IA59002000), Dombrie (IA59002201), Wabimpré (IA59002050) et Coutan (IA59001999). Chacune fait l'objet d'une monographie rappelons simplement ici leur particularité.

    Choques

    Cette cense est citée dès 1509 (AD Nord 12 H 259). Les bâtiments visibles aujourd'hui datent de 1751-1771, comme en témoigne la poutre dédicace de la grange, seul exemple de ce territoire de la Campagne Habitée.

    Dombrie

    La ferme est composée d'un logis datant du 18e siècle et d'écuries et porche-pigeonnier datés 1829. Les écuries conservent de très belles voûtes en brique. Le chartil, construit en 1829, est de taille exceptionnelle avec un étage et des arcades retombant sur des piliers en pierre bleue.

    Wabimpré

    Ferme complexe composée de deux fermes mitoyennes. La première a conservé le vaste logis daté 1767, qui a été réaménagé au 19e siècle (ajout d'un balcon et souches de cheminée décoratives). Les communs ont été restaurés et adjoints d'un fournil. La seconde ferme a été transformée mais conserve la lisibilité du logis surélevé du 18e siècle.

    Coutan

    La grange de cette ferme pourrait dater du 17e siècle ; elle conserve une poutre datée et l'élévation est entièrement en pierre bleue. Le fournil (18e ?) est un bâtiment indépendant précédent la ferme, fait unique sur le territoire étudié. Le chartil du 19e siècle est également un bâtiment isolé.

    La dominante générale de la commune est celle d'un grand nombre de fermes réparties le long des axes principaux (route de Tournai et de Roubaix) mais également le long des rues secondaires (rue de Chorette, rue Lasson...) (fig. 10).

    Le dépouillement des schémas des fermes des fiches individuelles donne un premier résultat :

    21 fermes sont à cour fermée, 4 à cour fermée avec une variante dans la disposition des éléments, 9 à cour ouverte (en forme de U), 11 à cour ouverte adjointe d'un bâtiment, 1 à cour ouverte adjointe d'un second logis, 4 en L adjoint d'un commun isolé, 1 ferme élémentaire et quelques cas uniques.

    Les fermes à cour fermée sont les plus fréquentes à Lecelles, au nombre de 21. Elles sont composées d'un logis, disposé perpendiculairement à la rue, faisant face aux communs (étables, écuries...), la grange est au fond de la cour, un portail fermant la ferme avec pigeonnier-porche. A Lecelles, un tiers de ces fermes possède également une ouverture piétonne. Une seule de ces fermes a deux logis, regroupés sous une seule toiture à croupe. L'ancien logis, ainsi que les communs gardent des moellons de grès et de pierre de Tournai en soubassement sur l'élévation postérieure, traces de la construction plus ancienne. L'ensemble a été reconstruit vers 1914 (tradition orale), ainsi que l'oratoire Notre Dame de Tongres voisin, propriété de la ferme (fig. 11).

    Il faut ajouter 4 fermes à ce nombre, construites selon une variante de la cour fermée, où les communs sont situés dans le fond de la cour et où le logis fait face à la grange, le portail pouvant être composé d'un porche, d'un pigeonnier ou d'une pigeonnier-porche.

    Il y a 11 fermes dont les parties constituantes s'organisent autour d'un U adjoint d'un bâtiment, souvent plus récent (laiterie, fournil), formant une aile en retour qui ne ferme pas la cour.

    La forme plus simple en U compte 9 unités.

    Il y a deux cas de second logis adjoint à la ferme, un sur un type de cour fermée, où le nouveau logis est adjoint à l'arrière de l'ancien, cas unique sur le territoire. Le second exemple est adjoint devant l'ancien logis d'une ferme en U.

    En faisant un comptage des formes simples et leurs variantes, on constate qu'il y a autant de fermes à cour fermée que de fermes en forme de U.

    Signalons que dans deux fermes un édicule religieux constitue une partie constituante.

    En ce qui concerne le décor, les reliefs de brique sont assez fréquents. Un beau motif de demi-lune sur la face extérieure du pigeonnier-porche de deux fermes à cour fermée construites pendant le dernier quart du 19e siècle est à signaler.

    Les fermes simples

    Les fermes simples sont composées d'un logis, de communs et d'une grange disposés en un bâtiment (ferme élémentaire) ou deux (ferme en L).

    Il y a un seul cas de ferme élémentaire avec logis, grange et écurie regroupés dans un bâtiment, adjoint d'une forge.

    4 fermes sont disposées selon un plan en L, adjoint d'un bâtiment isolé. La moitié adopte la forme "classique" du logis perpendiculaire à la rue et de la grange en retour, la dépendance étant isolée. Les deux autres fermes ont les communs dans l'aile perpendiculaire et le logis dans le bâtiment isolé. L'un de ces deux cas (1608, route de Tournai) présente un logis surélevé et imposant, qui s'apparente à la maison de maître, et a été construit en 1877. Les écuries ont des ouvertures en plein cintre et la grange (1832) est disposée en L, dispositions toutes deux rares. La ferme a malheureusement était scindée et un nouveau logis a été adjoint à la grange, rendant la lecture assez difficile (fig.12 à 14).

    Il faut signaler l'existence d'une ferme élémentaire ou simple dont il ne reste que le logis, située 127, rue de Chorette. Le premier niveau témoigne de la mise en oeuvre des élévations en moellons de pierre du 18e siècle (fig.15).

    Des agrandissements de fermes sont fréquents ; ajouts de bâtiments, mais également agrandissement du logis ou de la grange. La ferme située au 1447, route de Tournai, témoigne de l'agrandissement du logis dont le pignon garde la trace et la premier date de construction (1811) (fig.16).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Série C : pièces 6595, 10563, 14335.

  • AD Nord : Série O 338.

  • AD Nord : Série P (cadastre) : P30/192 (1805).

  • AD Nord : Série P (cadastre) : P31/ 598.

  • AD Nord : Série M 417 : pièces 4253, 4260, 13212 à 13229.

  • AD Nord : Série 7 V : pièce 21.

Bibliographie
  • BINON (cabinet). Etude d'Amélioration du Cadre de Vie de Lecelles. Approche du territoire. mars 2003.

Périodiques
  • DELSALLE, Paul. Une description inédite de Lecelles sous Louis XV. Plein Nord, n° 55, juin-juillet 1979, pp.41-42.

  • VIENNE, Frédéric. L'Ingénieur du Roy visite la Pévèle, Claude Masse 1724-1727. Pays de Pévèle n° 34, pp. 7-51.

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