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Présentation de la commune de Landas

Dossier IA59002060 réalisé en 2003
Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Landas

Contrairement aux autres communes de la Campagne habitée, Landas n'a quasiment pas livré de traces d'occupations antérieures au Moyen Age et la bibliographie locale n'atteste d'aucune trace de l'époque gallo-romaine. La situation de Landas, en léger retrait des grands axes de circulation de l'époque, à l'ombre d'Orchies qui émerge dès le 8e siècle pour devenir peu à peu "la capitale de la Pévèle", pourrait être la raison de cette histoire relativement récente, qui ne semble commencer qu'au 9e ou au 10e siècle. Landas, par sa proximité avec Orchies, située au carrefour de voies de circulation d'importance stratégique, connaît une histoire mouvementée : elle est saccagée au début de la guerre de Cent Ans par les troupes du Comte de Hainaut, allié d'Edouard III d'Angleterre. Elle est de nouveau pillée et incendiée lors de la transition des Pays-Bas bourguignons aux Autrichiens. Enfin, les Prussiens la saccagent vers 1815. Son histoire est étroitement associée, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, à celle de la seigneurie de Landas (baronnie à partir de 1313), placée sous la juridiction du Comte de Flandre (châtellenie d'Orchies). L'influence de cette puissante seigneurie s'exerce particulièrement du 10e au 14e siècle sur toute la contrée, à laquelle les abbayes de Saint-Amand, Marchiennes, Cysoing achètent leur protection, de même que le chapitre de la cathédrale de Tournai. Les sires et barons de Landas auraient établi leur château sur une motte entourée d'eau, près de l'église et du cimetière ; la planche des Albums de Croÿ confirme la présence d'une petite tour quadrangulaire en brique et tuile, mais nullement celle d'une imposante maison forte. En 1313, le roi Philippe le Bel érige Landas en baronnie (en y annexant, à l'origine, Bouvignies). Vers le 13e siècle, outre cette seigneurie principale, on en compte 3 autres, celles de L'Espesce, de La Cocquerie et du Loir. Le château (IA59002492) de cette dernière est situé sur Sars-et-Rosières, mais ses propriétés s'étendent également sur Landas et son histoire est étroitement associée aux barons de Landas qui en sont les seigneurs au début du 15e siècle. La seigneurie de L'Espesce serait un démembrement, antérieur à 1250, de la seigneurie principale. Elle est revendue vers 1434 par Pierre de Lannais au seigneur de Landas. A partir de cette époque, elle devient une simple annexe de celle-ci, tout en continuant à former un fief distinct. Le dernier souvenir de cette seigneurie est le nom dérivé donné à la rue des Epêches. La seigneurie de La Cocquerie dépend à l'origine et jusqu'au 15e siècle de la seigneurie de L'Espesce. A l'origine, cet arrière-fief d'Orchies ne consiste qu'en une maison "sur motte, bassecourt, grange, mares couchis, jardin contenant 3 quartiers avec 7 cens de terre y tenant." Cependant, il prend de l'importance par les acquisitions de terres que ses possesseurs, les Sénellart de Douai, font à l'entour, et surtout par la construction d'un "château " qu'ils font édifier à la place d'un manoir du 15e siècle. Un descriptif détaillé du fief est donné en 1644, rédigé dans le cadre de sa mise en vente, soit "un chasteau composé de plusieurs édifices partie couverte d'escaillles [ardoises], bacicollé d'eau, pont-levis, jardin de plaisance, le tout environné d'amples fossés avec la bassecourt, aussy amasé de maison, chambres, granges, estables. [...] Item aultre manoir en forme de cense, amaze de maison, granges, estables et autres édifices appelé vulgairement la cense de la cocquerie [...] Item un petit bois au dit-lieu seigneurial et appendant ala dite maison." (Draux). Le marchand douaisien François Bretel rachète la seigneurie (le 9 août 1662, le roi d'Espagne délivre des lettres à "Jean-François de ou van Bretel, seigneur de la Cocquerie et autres lieux"). A la Révolution, la famille ayant émigré, le domaine est vendu comme bien national. Le nouvel acquéreur le revend au retour des émigrés. Les descendants de Bretel habitent le château jusqu'à sa destruction vers 1856 (?). La "cense" attenante, conservée, est remaniée. En 1838, est construite une mairie-école de garçons (notice IA59002748), la plus ancienne de la Campagne habitée ; l'ancienne maison commune se situant auparavant au bord de la place de l'Eglise, à l'emplacement actuel du monument aux morts, en très mauvais état, est détruite vers 1826. L'école est agrandie dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1871, la paroisse fait reconstruire le presbytère notice IA59002749), sur le terraieacutMeclass maisoal tout proche de l'église. L'ancien presbytère situé sur la place Verte (actuelle place Rolas-Salengro) est alors utilisé par les soeurs dispensant l'éducation aux jeunes filles (notice IA59002751). En 1928, l'école privée Sainte-Bernadette (notice IA59002748) est construite. Enfin, vers 1936-1937, l'école des garçons est dissociée de la mairie et reconstruite à côté de l'école des filles. Comme dans certaines communes de la Campagne habitée, le 19e siècle est celui de l´avènement d'une ère agricole, artisanale et industrielle prospère : en raison du blocus napoléonien sur les denrées d'importation, il est recommandé aux maires d'intensifier dans leur commune la culture de la betterave à sucre. Cet essor n'est pas sans causer des soucis à l'entretien des "chemins boueux" (AD Nord série O 330/60) de la commune comme l'exprime un rapport de l'agent voyer de 1852 évoquant "la construction et la réparation du pavé suite aux dégradations extraordinaires causées par l'établissement de 2 fabriques de sucre..." (AD Nord série O 330/62). Le développement artisanal et industriel semble particulièrement s'accélérer avec la construction d'une ligne de chemin de fer entre Lille et Valenciennes traversant Landas. Décrétée par Napoléon III le 4 juillet 1864 et commencée en 1865, la ligne est inaugurée en 1870. Une première gare, construite en 1874 (AD Nord série O 330/27) au hameau du Hennoy, est remplacée par une nouvelle, aujourd´hui transformée en maison, de l'autre côté de la voie, vers la fin du 19e siècle. La rue Lajette (actuelle rue du Maréchal-Leclerc) reliant la gare à la place Quennoy (actuelle place Rolas-Salengro) connaît, dès cette époque et jusque vers l'entre-deux-guerres, une forte densification par l'établissement de fabriques artisanales et industrielles dont deux panneries (fabriques de tuile flamande) (pannerie Eve notice IA59002750) et une minoterie à partir de 1924 (notice IA59002740). Le nombre important d'ouvriers employés dans les diverses usines amène la construction de maisons de taille modeste. Une cité ouvrière d´environ 17 logements est aménagée par l'entreprise d'équarrissage Trublin vers 1920-1930 sur le site désaffecté d'une des panneries. Dans la seconde moitié du 19e siècle, diverses activités se maintiennent ou se développent dans le centre-bourg : l'activité brassicole est attestée par deux brasseries dont les bâtiments sont en partie conservés : celle et Simon, puis Simon-Deconinck (AD Nord M 417/4124) (notice de la maison de brasseur, IA59002745) jusqu'en 1932 (date de tarissement des puits artésiens). A la fin du 19e siècle, le fermier-bourrelier Trublin transforme sa ferme en tannerie, diversifiant peu à peu ses activités par la fabrication de matelas et d'engrais, puis par l'équarrissage, qui devient l'activité principale jusque vers 1970 et nécessite la reconstruction de bâtiments plus importants à cheval sur le territoire de Beuvry-la-Forêt. La présence de briqueteries est attestée (AD Nord M 417/4122) ; le seul élément conservé est la ferme traditionnelle à cour fermée (662, rue d'Orchies), qui fabrique des briques durant le 1er quart du 20e siècle. Son corps de logis, probablement antérieur au 19e siècle, est désaffecté mais maintenu dans un état de conservation proche de celui d'origine. Il subsiste l´ancienne maison de contremaître de cette briqueterie, située 222, rue d'Orchies. Citons la ferme-cossetterie au 2269, chemin Rousseau, fabriquant des cossettes de chicorée, destinées à la torréfaction, en activité dans la 1ère moitié du 20e siècle. Un atelier de charron-tonnelier-forgeron (638, rue du Général-de-Gaulle), établi de 1938 à 1970 à l'emplacement d'une ferme, subsiste partiellement (préau destiné au débit des grumes, granges de séchage du bois et atelier). Une ferme-forge est en activité jusque vers 1920 (380, rue du Général-de-Gaulle) (notice IA59000782). Il convient de noter le cas atypique d'une ferme-fabrique de chemises, reconvertie par la suite en graineterie (424, rue de Guivarmez).

Annexes

  • Repérage du patrimoine bâti de Landas

    Les fermes.

    Les nombreuses fermes de la commune ont été repérées malgré une précédente étude réalisée en 1998 par Duchâteau Henri et Lerminet Fabrice pour la Coaisoauté du Pays de Pévèle.

    Les 15 notices monographiques réalisées à cette occasion (versées dans la base Mérimée en 2003) n'ont pas été réactualisées.

    308 rue du Général-de-Gaulle (IA59000781),

    380 rue du Général-de-Gaulle (IA59000782),

    763 rue du Quesne (IA59000783),

    525 rue du Hennoy (IA59000784),

    57 place Rolas-Salengro (IA59000789),

    4, 6 rue de Guivarmez (IA59000790),

    525 rue de Guivarmez (IA59000791),

    150 rue Marcel-Delommez (IA59000792),

    662 rue d'Orchies (IA59000793),

    8 rue Guillocourt (IA59000794),

    552 rue Miron-Zlatin (A59000796)

    532 rue du Général-de-Gaulle (IA59000797)

    348 rue Stanislas-Machynia (IA59000798),

    202 (?), rue de Guivarmez (IA59000799),

    220 rue Marcel-Delommez (IA59000800)

    En revanche, elles sont complétées par deux nouvelles notices : la ferme partiellement conservée 202, rue Guivarmez, possédant un logis ancien et un porche à fronton (IA59002746), et la ferme élémentaire (autrefois en L) 339, rue de Guivarmez (IA59002747) possédant un logis avec soubassement en moellon de calcaire carbonifère (disposition rare).

    En 2006, 62 fermes ont été repérées. Parmi les 19 fermes à cour fermée (ou carrée) : 8 fermes ont leur entrée principale marquée par un pigeonnier-porche (dont un bel exemple daté de 1861 (525, rue du Hennoy), couvert d'un toit en pavillon en tuile flamande plombifère et amorti par une remarquable girouette en zinc ; 10 s'ouvrent par un porche couvert généralement coiffé d'un toit en bâtière ou parfois à un seul versant.

    La ferme dite "en U" est la typologie la plus représentée, elle regroupe environ 25 éléments.

    Il s'agit le plus souvent d'un ensemble formé de trois corps de bâti principaux et ouvert sur la rue. Certaines sont fermées sur la rue postérieurement.

    On trouve dans cette typologie une variante qui semble plus tardive (entre la 2e moitié du 19e et le 1er quart du 20e siècle) comprenant 7 fermes ouvertes latéralement avec logis façade principale parallèle à la rue (dont 1668, rue du Quesne et 982, du Hennoy).

    Les fermes dites "en équerre" ou "en L" conservées sont peu nombreuses : 8 éléments repérés dont des éléments hésitant avec la typologie des fermes en U par l'adjonction d'une dépendance face au logis et perpendiculaire à la chaussée.

    La ferme élémentaire n'est plus représentée que par un élément (ferme élémentaire 339, rue Guivarmez) sa forme actuelle résultant des transformations successives d'une ferme en en L). D'une façon générale la ferme en L et la ferme élémentaire sont des typologies en voie de raréfaction : elles font l'objet de remaniement systématique en habitation, leur taille modeste facilitant les transformations de volume et d'usage.

    La nature argileuse du sol liée à l'humidité du sous-sol et aux conditions climatiques réputées pluvieuses a entravé les activités agricoles. Les relevés de l'Inventaire montre qu'une des préoccupations principales lors de la construction des bâtiments est de procéder au pavage des cours et/ou de border d'un trottoir (parfois surélevé pour le logis) les divers corps de bâti afin de permettre le passage "à pieds-secs" d'un endroit à l'autre de la cour.

    28 logis (soit prés de la moitié des logis de fermes repérées) sont bordés du traditionnel trottoir composé de grandes dalles de calcaire carbonifère (du Tournaisis) : la ferme 111, rue du Pas-Boulet présente une disposition unique d'un trottoir de calcaire surélevé, doublé d'un trottoir de brique à chant et d'une cour pavée de grès. Les 14 cours pavées recensées sont généralement couvertes de grès taillé en pavé ou en moellon (les plus anciens). La ferme (605, rue du Général-de-Gaulle) présente un cas exceptionnel de cour en pavé de calcaire carbonifère. L'inventaire permet de mettre en valeur les nombreux vestiges d'une technique de mise en oeuvre traditionnelle localement disparu : le pan de bois hourdé de torchis. Cette technique est supplantée peu à peu, entre la fin du 18e siècle et le début du 20e siècle, par l'emploi systématique de la brique en terre cuite.

    Bien que l'élévation de maçonnerie soit quasi exclusivement réalisée en brique de terre cuite, on relève des cas fréquents de parties constituantes (dont 6 granges et 1 étable)

    ayant conservé une ancienne ossature charpentée en bois déhourdée de son torchis et remplacé par de la brique.

    La rue du Hennoy possède quelques éléments intéressants de grange mêlant pan de bois et brique. Elles ne sont plus entretenues ou en cours de remaniement comme la grange de la ferme au 1337 rue du Hennoy.

    L'exemple le plus représentatif est la grange en double-large de la ferme, 562, rue Stanislas Machynia, ayant conservé sa structure bois mais également quelques éléments de torchis.

    3 fermes possèdent un oratoire comme partie constituante :

    l'oratoire Notre Dame de la Salette, construit en 1899 (8, rue Guillocourt) est intégré dans le corps de ferme, celui dédié à Notre-Dame de Lourdes dans la seconde moitié du 19e siècle (1551, rue de la Pulmez) est accolé contre le logis, tandis qu'un autre placé sous ce même vocable est érigé en 1921 dans un mur d'enclos mitoyen de la ferme (185, rue Stanislas Machynia).

    Quelques unes présentent un mur percé d'une niche pieuse comme la ferme (1835 rue du Quesne) avec une niche en plein cintre parée d'un enduit gravillonné et abritant un beau mobilier dont une remarquable statue de Notre-Dame du Sacré-Coeur, en plâtre peint (1875).

    Parmi les fermes remarquables (hors monographies) et outre l'intérêt historique et typologique des fermes-usines évoquées plus haut :

    La ferme à cour fermée (1835, rue du Quesne) se distingue par la taille de son logis dont la façade sur rue présente des éléments de décor de grande qualité et porche-pigeonnier reconstruit en 1944.

    La ferme en L (145, rue d'Orchies) datant du 19e siècle présente un corps de logis perpendiculaire à la rue, bordé d'un trottoir en dalle de calcaire carbonifère et brique, son pignon porte un fer d'ancrage fleurdelisé. La grange-étable porte sur son mur-pignon une plaque ex-voto "Souvenir / d'un père à son enfant / à la mémoire de / Jules Defrance / décédé pendant la terrible guerre / par suite de ses blessures / le 8 août 1915 / à Neuchatel (Vosges) / à l'âge de 33 ans / laissant à ses vieux parents / à sa femme et ses enfants chéris / un souvenir inoubliable / que vous soyez amis ou ennemis / respectez et saluez s. v. p. / un brave mort / au service de la patrie". La ferme à cour fermée (1558, rue du Quesne), dont la construction échelonnée du milieu du 19e siècle à l'Entre-deux-guerres offre deux logis dont celui reconstruit postérieurement sur la rue avec une façade enduite d'un décor en ciment imitant la pierre de taille, un corps d'étable bordé d'un large préau/auvent (caractéristique également repérée sur les étables-écuries des fermes 662 rue d'Orchies et 605, rue du Général-de-Gaulle) et un cour entièrement pavée de grès de tailles diverses.

    Techniques et matériaux d'élévation.

    La brique de terre cuite est omniprésente, rarement associée à un soubassement de grès excepté pour quelques bâtiments importants (mairie (?), église [cf notice église]).

    3 éléments (2 logis, 1 étable en ruine) présentent un soubassement en moellon de calcaire carbonifère (cf. notice ferme élémentaire). Il est fréquemment utilisé en dalle de trottoir ou en pierre d'appui et de seuil. On le trouve plus rarement en élément de décor de façades "entre- deux-guerres" (clefs de linteau).

    La "brique blanche" ("brique ciment", "brique de Silésie") est généralement utilisée entre la dernière décennie du 19e siècle et jusque l'entre-deux guerre, en façade principale des habitations, pour la réalisation de détails décoratifs des modénatures en brique saillante (corniche, chambranle, cordon).

    Les exemples sont nombreux en centre-bourg et pour les logis de ferme construits ou reconstruits au cours de cette période. Citons le logis (et l'oratoire) de la ferme 8, rue Guillocourt (IA59000794) daté 1899 et celui de 1903, 525, rue du Hennoy, (IA59000784). Un cas d'utilisation précoce, le plus ancien repéré de l'aire d'étude, est cependant observé en pignon de grange (non repérée), rue de la Pulmez. Il forme la date de construction "1860".

    Le parement en finition gravillonnée (dit "gravier roulé" ou "gravier lavé"), réalisé sur corps d'enduit en ciment formant modénature saillante et recouvrant la brique, est utilisé en centre-bourg pour la façade sur rue de maisons d'artisan ou de notable : l'ancienne maison d'artisan-boucher (101, rue Albert-Lagache), la maison d'artisan-brasseur (69, rue Albert-Lagache) (voir notice IA59002745) et la maison dite du Docteur Delgrange (124, rue Géry-Deffontaines) devenue maison patronale de la fabrique de cages "Anco" (en activité de 1953 à 1999).

    Ces trois demeures stylistiquement proches ont été parées de leur enduit décoratif dans le 1er quart du 20e siècle.

    2 logis de ferme sont à signaler pour l'application plus modeste de cette technique : celui de la ferme en L, 286, rue Géry Deffontaines, se distinguant par le chambranle à frise d'oves de la porte, et celui de l'actuelle ferme hélicicole située 6 rue Guivarmez, dont les linteaux de baie sont ornés de clefs et motifs réalisés en galets concassés.

    Rappelons également la façade enduite du logis de ferme (1558, rue du Quesne) s'inspirant, avec science, du vocabulaire architectural des maçonneries en pierre de taille.

    Si la majorité des baies est couverte de linteaux de brique en arc segmentaire ou en anse de panier pour les ouvertures plus larges (passages charretiers, porches, arcades de charretil), les relevés montrent cependant que les linteaux droits en bois, dont l'utilisation est fréquente avant le milieu du 19e siècle, sont encore bien représentés.

    Citons le logis et dépendance au 1167, rue de la Pulmez ou au 633, rue de Guivarmez.

    En outre, on note au cours du 19ème siècle l'utilisation d'une forme de linteau en bois tout à fait inhabituelle, (peu voire pas observée sur les autres communes de l'aire d'étude) : la partie couvrant la fenêtre présente un cintre taillé dans la masse. Parmis les exemples conservés : le logis de la ferme 511, rue du Hennoy, la façade postérieure du logis de ferme, 220 rue Marcel Delommez ou encore le logis abandonné, devenu annexe de la maison 641, rue de la Pulmez. Deux anciens logis conservent de très rares éléments d'huisserie antérieurs au 18e siècle. Il s'agit de croisées en bois (à guillotine ?) probablement remployées : en façade postérieure du logis de ferme située 202, rue de Guivarmez (IA59002746) et en façade principale d'un logis devenu dépendance de la ferme 289, rue de la Pulmez. Un exemplaire similaire a été repéré sur la commune de Sars-et-Rosières, sur une partie ancienne de la ferme, 33, rue du Marais à Chênes (IA59002296). Leur maintien in situ est devenu plus qu'incertain en raison de l'état d'abandon de ces deux constructions.

    Le logis du 141, rue de Guivarmez, présente des huisseries de fenêtres au profil atypique : la façade principale est percée de deux larges baies compartimentées en deux par un meneau chanfreiné.

    L'Habitat.

    La forme d'habitat le plus ancien (entre le 18e siècle et le milieu du 19e siècle) est généralement implanté perpendiculairement à la chaussée.

    Les maisons de la seconde moitié du 19e siècle sont construites parallèlement à la chaussée mais conservent les caractéristiques architecturales traditionnelles : un rez-de-chaussée de 5 à 6 travées couvert d'un toit à longs pans, la maison élémentaire 804, rue du Maréchal-Leclerc datée de 1860 (IA59002743) en étant l' exemple type.

    Les maisons à étage carré se concentrent majoritairement dans le centre bourg autour des places Sadi-Carnot et Rolas-Salengro : la plus ancienne est un relais de diligences transformé en ferme, 57, place Rolas-Salengro (IA59000789) et datée 1789 en pignon. On observe un beau rang de maisons du 1 au 25 place Sadi-Carnot, bâti sur les vestiges d'un corps de ferme dans le dernier quart du 19e siècle (IA59002742) mais également de grandes maisons d'artisan : la maison de brasseur 69, rue Albert-Lagache (IA59002745) reconstruite dans la 2e moitié du 19e siècle.

    La maison à toit brisé et combles habitables est particulièrement bien représentée (une trentaine d'élément a été repéré). La période de construction s'étend entre la dernière décennie du 19e siècle et le 1er tiers du 20e siècle, les deux plus anciens éléments étant des logis de ferme datés de 1891 (15, rue de la Pulmez) et 1903 (525, rue du Hennoy).

    Elles sont le plus souvent parallèles à la rue, parfois en retrait et précédées par un jardinet clos (1095, 1109 et 1130, rue de la Pulmez). De rares éléments se présentent perpendiculairement à la chaussée. Ce sont dans ce cas, des logis reconstruits de ferme dont l'implantation était conditionnée par l'existence d'un précédent logis (525, rue du Hennoy et 365, rue du Maréchal Leclerc).

    Le nombre de travées varie selon le type d'habitat : 2 à 5 travées pour les maisons élémentaires, avec une fréquence observée de façades à 3 travées ; 5 à 7 travées pour les logis de ferme et les maisons d'artisan. Ces dernières possèdent par ailleurs un passage charretier ménagé en prolongement du logis (552, rue du Maréchal Leclerc et 136, rue du Général de Gaulle).

    La brique de terre cuite, principal matériau d'élévation, parée dans la plupart des cas d'un enduit ciment en soubassement, est, dans 1/3 des cas, associée à la brique blanche ("brique ciment" ou "brique de Silésie") pour la composition de modénature décorative (corniche, chambranle, cordon) en façade dont les maisons 525, rue du Hennoy et 119, rue du Général-de-Gaulle (IA59002741). Un cas d'utilisation précoce, le plus ancien repéré de l'aire d'étude, est cependant observé en pignon de grange (non repérée), rue de la Pulmez. Il forme la date de construction 1860.

    Le 4/5ème des toits brisés est couvert de tuile flamande ou mécanique plombifère noire.

    2 portent la date réalisée en panne rouge. 1seul élément présente un décor de damier (pannes noires et rouges). L'ardoise, couvrant traditionnellement le brisis, est absente.

    L'éclairage des pièces sous comble se fait généralement par deux ouvertures (jumelles) percées dans les murs pignons et/ou par des tabatières ou des lucarnes à fronton triangulaire (prés de la moitié des éléments observés).

    Le corps de logis est parfois adjoint d'annexes en rez-de-chaussée à usage de cuisine, garage ou remise. 2 maisons d'angle sont à pan coupé (dont l'ancien café situé 275, rue de Guivarmez).

    Unica.

    Le calvaire.

    Un calvaire du 19e siècle est isolé au Nord-Ouest du territoire, sur la route départementale n°126, au milieu des terres agricoles. Le christ en croix en fonte de fer est érigé sur un tertre artificiel entouré d'arbres presque centenaires et semble tourner le dos à l'église d'Aix-lez-Orchies, commune voisine.

    Le Haras.

    Le Haras dit "du Hennoy", situé au hameau du même nom, est le seul élément de cette typologie observé sur l'aire d'étude.

    Son caractère unique est appuyé par ses qualités architecturales et son remarquable état de conservation.

    Le domaine est situé à l'extrémité Nord-Ouest du territoire, traversé par le courant de l'Hôpital, les parcelles de pâturages avec abris des chevaux sont en partie situées sur la commune de Beuvry-la-Forêt.

    Il se compose d'une belle "villa" construite vers 1921/1922 dans un style néo-régionaliste ("anglo-normand") par l'architecte lillois Armand Lemay, ainsi que de diverses dépendances : nombreux corps d'écuries bâtis vers 1926, 1945 et 1963, un intéressant bâtiment polyvalent (pigeonnier, chenil, atelier, écurie, réservoir) et une maison de gardien vers 1926.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Plan Douai 56.

  • AD Nord : Série P31/153 : cadastre de 1818, section A du Quenne, 1ère partie.

  • AD Nord : Série P31/447 : cadastre de 1876.

  • AD Nord : Série O 330.

  • AD Nord : Série M 417 : pièces 4113 à 4125.

Bibliographie
  • DRAUX, Emile. Histoire de Landas. Lille : Imprimerie Morel et Corduant, 1970, p.123.

  • DUVOSQUEL, Jean-Marie (dir.). Albums de Croÿ, Tome XIII Lille-Douai-Orchies II. Bruxelles : Crédit Coaisoal de Belgique, 1986.

  • DUVOSQUEL, Jean-Marie (dir.). Albums de Croÿ, Tome XI Tournai-Tournaisis. Bruxelles : Crédit Coaisoal de Belgique, 1991.

  • FELIX, Rolas, LHOMME, Gustave, CARNEAU, Pierre, DRAUX, Emile. La Pévèle préhistorique, gallo-romaine et franque. Préambule à l'histoire d'une ville. Orchies des origines à nos jours (suivi de quelques notes sur les communes du canton). Lille : Etablissements Douriez-Bataille, 1959.

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