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Présentation de la commune de Flines-lez-Raches

Dossier IA59002822 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Flines-lez-Raches

Le site de Flines-les-Râches a connu une occupation dès l'époque protohistorique, comme en témoigne les découvertes de tuiles et poteries, dont les fabriques (figulina) ont donné le nom de la commune. Une abbaye cistercienne est fondée vers 1234 à Orchies par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre, puis transférée à Flines vers 1251. Cette abbaye fut le lieu de sépulture de plusieurs comtes de Flandre de la dynastie de Dampierre. Démolie à la Révolution ; les derniers vestiges ont disparu au milieu du XIXe siècle. Les cisterciennes se rattachent à la Congrégation de la Sainte-Union et ouvrent en 1847 un pensionnat à Flines, appelé "le couvent", qui est agrandi à la fin du XIXe siècle (fig. 1). La "Mer de Flines" apparaît dans les textes en juillet 1242, date à laquelle cet étang est donné par acte de Wagon de Douai, bailli de Marguerite de Dampierre, à l'abbaye de l'Honneur-Notre-Dame, installée à Orchies. Les religieuses de l'abbaye ont contribué à l'assainissement de cette zone marécageuse. Le creusement du Noîrot a permis de vider le trop-plein de l'étang, le drainage et l'irrigation des champs environnants. Cet étang a contribué également au développement du travail du lin, depuis le Moyen-Age jusqu'au début des années 1920. La mer devint la propriété de M. de Nayer puis des Flinois qui ont créé la société de la Mer de Flines, devenue à une date récente société civile immobilière. A cette même époque, en 1288, est mis en place et subsistant toujours, la "borne de Quéviron", (parcelle OB 544) parfois localisée sur Lallaing, pour pérenniser la limite entre les juridictions de la ville de Douai et l'abbaye de Marchiennes. Un château, construit au XVIe siècle par Evrard de Boulogne, aujourd'hui disparu, figurait dans Flandria illustrata de Sanderus. L'activité agricole fut longtemps dominante à Flines, orientée sur la culture de la chicorée et du lin, liée à l'existence de la Mer de Flines qui permettait le rouissage du lin, activité qui déclina après la Première Guerre mondiale. Avec la disparition de l'abbaye et l'arrivée du chemin de fer, le centre économique de Flines fut déplacé vers le centre bourg. Une industrie assez variée composée de brasseries, distilleries, fabriques de tuiles, d'ateliers d'ébénistes puis de fabrication de meubles s'est développée pendant la seconde moitié du XIXe siècle sur la commune (cf. annexe). Les archives départementales témoignent des projets architecturaux de bâtiments publics des XIXe et XXe siècles : mairie, écoles de filles et garçons, bureau de poste. En 1806, il est projeté "d'établir la mairie dans le bâtiment servant de grange loué au curé. Ce bâtiment qui est situé dans le presbytère donne sur la place et est susceptible d'être disposé de manière à recevoir la mairie, l'école primaire et le logement d'instituteur, au moyen d'une surélévation et d'un exhaussement du comble" (AD Nord, série 2O235/54). Ce projet n'a vraisemblablement pas été réalisé, un nouveau bâtiment est construit à l'emplacement de l'ancien corps de garde par l'architecte douaisien Boulet en 1837-39 (AD Nord Série 2O235/55). Cette construction abrite aujourd'hui des salles de réunion. La propriété de M. Dransard (fig. 2) a été transformée en mairie, à une date inconnue. Les écoles de garçons et de filles ont été construites à proximité de la mairie et de la voie de chemin de fer en 1876 par l'architecte Aimé Dubruille, de Douai, les architectes E. et H. Normand construisent en 1931 (AD Nord 2O235/293) la seconde école de garçons qui est agrandie de deux classes en 1937 par l'architecte Jean Goniaux, de Douai. Dans le dossier de l'agrandissement de l'église (AD Nord 2O235/65) de 1885 est conservé un recensement (maisons, ménages et personnes), accompagné d'un plan. On y constate une répartition de l'habitat moins dense, mais semblable à celui que l'on connaît aujourd'hui. En mémoire des victimes de la guerre, deux monuments commémoratifs de la Première Guerre mondiale sont réalisés en 1922 : l'un surmonté d'une statue de Poilu, signée J. B. Plaisant, architecte, ainsi qu'un obélisque. L'église Notre-Dame de Pellevoisin a été construite dans le hameau excentré du Cattelet en 1932.

Annexes

  • Le repérage du patrimoine bâti de Flines-lez-Raches.

    Le repérage du patrimoine bâti de Flines-lez-Raches.

    Les maisons

    Maisons dites bourgeoises, de maître, "de ville".

    Le centre bourg est composé de nombreuses maisons datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

    Les maisons dites bourgeoises ou de maître construites à la fin du XIXe sont situées en retrait de la rue, au milieu de la parcelle, possèdent un jardin, une grille ou une clôture, sont élevées en brique et pierre pour les plus anciennes. L'exemple le plus remarquable est l'éclectique maison dite château Lespagnol (voir IA59002827), située 48 rue des Résistants, qui fait face à la brasserie-malterie (en partie datée de 1801) appartenant à cette famille. La brique-ciment apparaît pour celles datant des années 1910-30 comme pour la maison du rouisseur de lin située rue Suzanne-Blin (fig.3).

    Signalons un exemple d'architecture "néo-classique" avec un décor de fronton et guirlande, situé rue du Moulin, daté 1929.

    Les "maisons de ville", plus courantes à Flines, sont en brique, à deux niveaux, couvertes d'un toit à longs pans en tuile mécanique et pignon découvert. En centre bourg, elles sont en alignement et, constituent, pour certaines, des séries de 2, 4 ou plus. L'industrie florissante est vraisemblablement à l'origine des alignements plus importants.

    Certaines maisons construites pendant le premier quart du XXe siècle ont des motifs décoratifs en brique, un bandeau ciment ou un décor de céramique (arcs des ouvertures, chaînage, cabochons), de carreaux ciment ou un chéneau à toupies.

    Particularité flinoise à signaler, la présence fréquente de châssis de qualité, qui, pour les plus raffinés, sont tripartites et chantournés. Ils illustrent le travail autour de l'exploitation du bois local et des entreprises de menuiserie présentes sur la commune jusqu'aux années 1970.

    Maisons construites pendant la période de l'entre-deux-guerres jusqu'aux années 1970.

    Quelques exemples de maisons typiques de l'Entre-Deux-Guerres : deux maisons qui se font écho rue Dupire (fig. 5), une seule maison régionaliste, d'inspiration néo-normande, rue du Cattelet.

    La maison rue Delhaye (fig. 6) est un exemple de transition entre les maisons de l'entre-deux-guerres et les années 1950, époque à laquelle les pavillons se développent sur le territoire flinois qui en conserve de beaux exemples, où les jeux de volumes et de traitement de l'entrée deviennent fréquents.

    Une des caractéristiques des maisons flinoises construites entre 1950 et 1970 concerne le traitement de l'entrée : des ressauts en brique de parement encadrent la porte (fig. 7).

    Un bel exemple de brique vernissée est à noter sur un pavillon construit dans les années 1970 (fig.8).

    Un autre type de maison récurrent sur le territoire est la "maison californienne", en béton, au toit à un seul pan.

    Maisons patronales.

    De nombreuses maisons de patrons et de maîtres-artisans ont été repérées sur la commune. On peut notamment citer :

    - Maison du directeur de "La Belle Jardinière", usine textile, rue Delhaye, construite dans les années 1945-50.

    - Maison de maître de la menuiserie Lambert, 57, rue J. Chemin.

    - Alignement de maisons de menuisier (IA59002831), rue du Deux-Septembre, datant des années 1950.

    Habitat ouvrier.

    Des maisons ouvrières (fig. 9) à 3 ou 5 travées, en rez-de-chaussée de brique et couvert d'une toiture à très longs pans en tuile, mitoyennes ou par série de 2 ou 3, sont situées essentiellement sur le boulevard des Alliés.

    Les fermes

    Il reste peu de fermes sur le territoire communal. Celles qui subsistent se situent hors du centre bourg, en périphérie. De rares vestiges sont à mettre en rapport avec l'ancienne abbaye ; la bergerie, rue du Cornet à Bois, et peut-être une ferme, située dans la même rue, conservant un fournil daté 1741.

  • L´occupation antique à Flines

    L´occupation antique à Flines

    La commune actuelle de Flines-lez-Raches se situe sur le territoire antique des Atrébates, à la frontière avec celui des Ménapiens. La limite entre ces deux territoires, pérennisée jusqu´à l´époque moderne par la limite des diocèses d´Arras et de Tournai, est matérialisée par le courant de Coutiches qui coule de Faumont à Marchiennes en traversant la commune de Coutiches, juste au nord de Flines. Un affluent aujourd´hui bien modeste porte d´ailleurs le nom de « Guérondelle », très probablement dérivé du celtique « equoranda », toponyme bien connu en Gaule et systématiquement associé à des limites de cités.

    De nombreuses trouvailles ont été faites à Flines au XIXe s. comme en témoigne la Carte Archéologique de la Gaule 59 (Delmaire 1995, p. 249-252). On signalera entre autres le site de la « Mer de Flines », un petit étang qui a livré jadis de nombreuses trouvailles notamment monétaires, témoins d´un très probable culte des eaux. Les prospections récentes, reprises de manière intensive depuis 2002 par E. Louis et R. Delimage ont multiplié la connaissance des sites d´occupation antiques (près d´une trentaine recensés à ce jour). On note en particulier la présence forte d´un artisanat tuilier gallo-romain avec 3 ateliers assurés et une dizaine d´autres dans les communes voisines (Coutiches, Bouvignies, Marchiennes et Beuvry notamment). Un tel ensemble artisanal est pour l´instant inédit en Gaule romaine (Louis, Thullier, Revue du Nord, 2008, sous presse).

    Les occupations rurales (de petites fermes) sont classiquement dispersées sur l´ensemble du terroir, marais inclus. Toutefois, le pointage précis des découvertes anciennes (lorsqu´il est possible) et la mise sur carte des trouvailles récentes fait apparaître une importante concentration d´occupations antiques « en chapelet » le long de l´ancien chemin dit « Chemin des Bateliers » ainsi que dans les sablières situées le long de l´actuel boulevard des Alliés qui en est le prolongement naturel. Il est difficile de ne pas reconnaître dans cette conformation le schéma d´une petite agglomération routière (le linear settlement des archéologues britanniques). On peut donc admettre l´existence d´un modeste vicus s´alignant (sans doute de manière discontinue) sur 3,5 kilomètres environ.

    Avec toute la prudence nécessaire, on peut s´interroger sur le prolongement éventuel de ce chemin antique. Vers l´ouest, (Râches), aucune trace n´est visible dans le parcellaire actuel ou sur les plans anciens. Vers le nord-est, le « Chemin des Bateliers » traverse le vallon du courant de Coutiches et se poursuit jusqu´au hameau du Moulinel, à la limite entre Coutiches et Bouvignies. Il pourrait éventuellement se prolonger par l´intermédiaire d´un autre ancien chemin le « Chemin Jean Lemaire » qui se prolonge jusqu´à Orchies. Peut-être se dirige-t-il alors vers Tournai. Il faut toutefois insister sur l´absence totale de donnée archéologique concernant ce très hypothétique itinéraire au delà du Courant de Coutiches.

    E. LOUIS, archéologue, Communauté d'Agglomération du Douaisis

    Borne au Quéviron à Lallaing (59)

    Catégorie : Borne

    anciennement commune de : Flines-les-Raches

    lieu-dit : Marais-des-Six-Villes

    date protection MH : 1926/12/23 : inscrit MH

    Borne au Quéviron : inscription par arrêté du 23 décembre 1926

    type d'étude : Recensement immeubles MH

    N° notice : PA00107559

    © Monuments historiques, 1992

    Dossier médiathèque de Patrimoine : 1996/025/0735.

  • Abbaye Notre-Dame de Flines

    Abbaye Notre-Dame de Flines

    L'abbaye cistercienne, fondée par Marguerite de Constantinople, s'installe près d'Orchies, située dans le diocèse de Tournai, en 1234. En 1242, le bailli de Marguerite de Dampierre, Wagon de Douai, fait don de l'étang "Mer de Flines" et de la manse de Flines à l'abbaye. Cet acte est peut-être à l'origine du transfert dans le diocèse d'Arras, sur le territoire de Flines, de l'abbaye vers 1251. L'installation dans cette zone humide entraîne un assèchement du terrain et de nombreux aménagements hydrauliques par des fossés et canaux de dérivation en vue du drainage. La Mer de Flines a permis l'activité prospère du rouissage du lin, vraisemblablement dès le Moyen-Age et jusqu'au XVIIIe siècle.

    Les sources iconographiques de l'abbaye n'apparaissent qu'au XVIe siècle, de manière imprécise dans le Retable du Cellier de Jean Bellegambe (1508-1509) et sur la gouache d'Adrien de Montigny dans l'Album de Croÿ (1603). Une vue plus précise est faite par Sanderus (1586-1664) puis par Joachim Defosseux (plan de 1730) qui a été superposé sur les cadastres successifs de 1830 et actuel par l'historienne spécialiste de l'abbaye, Monique Heddebaut. Le plan schématique de 1792 destiné à la vente aux enchères de l'ensemble abbatial complète l'iiconographie.

    Le monastère est progressivement détruit après la Révolution. Un bâtiment subsiste sur le cadastre de 1830. Aujourd'hui, le site, complètement arasé, est exploité à des fins agricoles et n'a jamais fait l'objet d'une campagne de fouilles, mais bénéficie néanmoins d'un périmètre archéologique partiel qui protège l'essentiel de l'emprise des bâtiments, à l'exception de la porterie, du palais abbatial, de l'infirmerie et de la brasserie.

    Des censes (fermes) de l'abbaye existent encore à Faumont, Nomain, Coutiches, Cantin, Lambersart et Howardries (Belgique).

  • L'industrie à Flines

    Bref rappel historique

    La première activité industrielle de Flines fut la fabrication de tuiles, pendant l'Antiquité, comme en témoigne les fouilles archéologiques réalisées par le service archéologique de la communauté d'agglomération de Douai. Au Moyen Âge, l'activité économique est tournée vers l'abbaye et la Mer de Flines où s'effectuait l'activité du rouissage du lin. Après le démantèlement de l'abbaye à la Révolution, l'économie se déplace vers l'actuel centre du bourg, avec l'installation des entreprises le long ou à proximité de la voie de chemin de fer, bénéficiant ainsi d´un moyen de transport. Avec la mécanisation de l'agriculture apparaissent les sucreries, brasseries, une graineterie et des entreprises de sélection de semences.

    Les matières premières telles qu'argile et sable continuent d'être exploitées pour la construction : fabrication de tuiles, briques, céramique...

    Le sous-sol, riche en charbon, donne également naissance, en 1892, à la Compagnie des mines de Flines, qui occupe les communes de Thumeries, Moncheaux, Faumont, Raimbeaucourt, Roost-Warendin, Flines, Anhiers, Coutiches, Marchiennes et Vred sur une superficie totale de 2850 hectares. Le tonnage de houille maigre, d'anthracite pur disponible est estimé à 4 millions et demi de tonnes. L'exploitation se fait sur 2 sièges, la fosse Saint-Charles n°1 et la fosse n°2 de Flines à Anhiers. A Flines (fig. 10), la compagnie emploie jusqu´à 800 mineurs. L´exploitation cesse en 1922. Les installations ont largement souffert des troubles de la première guerre. Il ne reste pas de traces de l´exploitation à Flines.

    Durant la période de l´entre-deux-guerres, ce sont les activités liées à la menuiserie qui font la richesse de la commune.

    Suite à la seconde guerre mondiale, les minoteries, ateliers de confection et d´ameublement deviennent le centre de l´économie du bourg.

    Ces dernières décennies, Flines connaît les intenses mutations des communes restées rurales, mais situées à proximité de grands centres urbains et de leurs axes routiers. Les activités industrielles se tournent alors vers la chaudronnerie, la plasturgie et l´industrie salinière.

    Les sites industriels

    Les documents conservés aux archives départementales (M417/12353 à 12355) témoignent des nombreuses briqueteries installées sur la commune, aujourd'hui disparues.

    Les nombreux vestiges de sites artisanaux et industriels, présents de manière diffuse sur l´ensemble du territoire, sont liés aux activités de fabrication de céramique, brassicoles, agricoles et de menuiserie.

    La céramique

    La présence d´argile et de sable en quantité permet l´installation de centres industriels liés à la céramique et ce, dès l´époque gallo-romaine, à l´instar de Beuvry-la-Forêt. Le clocher carolingien de l´église Saint-Michel est d´ailleurs construit en partie avec des briques romaines et des tegulae de réemploi. Nombre de bâtiments sur la commune ont en façade des briques vernissées, mais aussi des décors de céramique ou de carreau ciment, vocabulaire ornemental par excellence des maisons de ville en série.

    Le bois

    Le bois de Flines est exploité par des menuiseries, qui apparaissent dès la fin du XIXe siècle et connaissent un véritable essor durant toute la seconde moitié du XXe siècle. Cette activité s'est tarie dans les années 1980.

    L´intérêt architectural des sites est inégal, car la plupart des menuiseries s´est modernisée. Un ensemble situé rue Moïse-Lambert est cependant intéressant malgré un remaniement partiel ; il est composé d´ateliers, de bureaux et de maisons datant de l´entre-deux-guerres.

    Les rues du Onze-Novembre et du Deux-Septembre conservent des maisons patronales, dont celle des industriels Lapeyre, et la série de cinq maisons des actionnaires de l´O.A.D.

    Un atelier artisanal de menuiserie (?), au 67 rue du Moulin, présente une façade de logis patronal, véritable catalogue des plus belles huisseries réalisées : six ouvertures, six modèles différents d´huisseries !

    De toute évidence, cette spécialité entraîne une qualité dans la façon et le répertoire décoratif des huisseries mises en oeuvre dans le bâti local : cadre à fronton et volets persiennés, belles portes d´entrée, châssis de fenêtre ouvragés, linteaux en bois chantournés, etc.

    M. Coulon, qui possède une entreprise de sculpture-ameublement depuis 1940, située rue Glineur, près de la Mer de Flines, a enseigné l'ébénisterie à Douai (article de la Voix du Nord, sans date).

    L'agro-alimentaire

    Concernant l´activité brassicole, sur les six brasseries actives au début du XXe siècle, deux ensembles ont conservé d´importants ensembles bâtis. La brasserie repérée dans l´inventaire thématique réalisé en 1991 (notice IA59000140), située au 120 rue du Hem, est réaffectée en dépôt de boisson (les Caves Delcroix). Ce site imposant comprend de nombreux éléments (logis patronal, maisons ouvrières, cour pavées et dépendances), dont certains sont désaffectés, remaniés ou en cours de rénovation.

    La brasserrie Lespagnol (fig. 22, 23) a malheureusement été très endommagée pendant la Première guerre.

    Les archives départementales conservent un plan d'une tuilerie pour l'industriel Lambert-Lecocq, dessiné par l'architecte J.B. Plaisant en 1924.

    Le site de la graineterie et sélection de semences, au 82 rue du Moulin, offre un imposant ensemble en brique caractéristique de la fin du XIXe siècle.

    Un autre site important, anciennement entreprise Lecelles, puis semences Legland (fig. 11, 12) (machines, fig. 13 à 24) aujourd´hui à l´abandon, est situé au centre du bourg, au croisement des rues du Huit- Mai et du Onze-Novembre ; l'ensemble comprend bureaux, maisons et entrepôts.

    Le textile

    Flines est spécialisé dans la fabrication du lin et du chanvre, du tissage de toile et du filage du lin fin depuis le Moyen Age ; le site de la Mer de Flines servait à faire décanter les tissus dans ses eaux.

    Monique Heddebaut donne des chiffres pour l'époque contemporaine : de 1789 à 1794, sur 322 familles, 95 sont répertoriées comme marchands de lin ou de chanvre. Leur nombre passe à 108 en 1848, puis 150 rouisseurs, sociétaires et locataires, en 1866. La production moyenne est de 80 000 kg de filasse entre 1904 et 1914. La concurrence du lin russe, de la production de coton pendant la seconde moitié du XIXe siècle fragilise cette activité à Flines qui s'arrête définitivement entre 1923 et 1925.

    Une entreprise, spécialisée dans la confection masculine (vestes, pantalons et costumes), s´installe en 1927 dans la rue des Brasseries (actuelle rue Emile-Glineur). Fabricant de vêtement militaire pendant la Deuxième Guerre, l´entreprise change plusieurs fois de dénomination et de spécialités. Elle ferme ses portes en 1996. A l´heure actuelle, elle se prépare à accueillir divers professionnels indépendants.

    Voir aussi : Fonds SADG (Société des Archives Diplômés par le Gouvernement) :

    Albenque Georges Jean notice biographique : 00012, n° notice 00054712, usine d'habillement.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Série P 31/ 439, P 34/175, 176.

  • AD Nord : Série M417/ 2778-2788, 9333, 12353-12355, 12356-12362.

  • AD Nord : Série des plans.

  • Archives Monuments Historiques : dossiers Flines les Râches : église, auberge.

  • AD Nord : Série 2O 335 / pièces 52, 56, 57, 59 à 63.

Bibliographie
  • DELIGNE, Chloé. La vallée de la Scarpe inférieure au XIIe et XIIIe siècles, Gestion et aménagement des eaux. Douai : Société archéologique de Douai, 1998.

  • DELMAIRE, Roland (dir.) Carte archéologique de la Gaulle. Pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost, Professeur à l'Université d'Avignon. Le Nord, 59. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, C.N.R.S., avec l'AFAN. Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris 1996.

  • FLOHIC Jean-Luc (sous la direction de). Le patrimoine des communes du Nord. Paris : éditions Flohic, 2001.

  • HEDDEBAUT, Monique ; VANBRUGGHE, Nathalie. Flines-lès-Râches, abbaye cistercienne de Flines. Etude préalable au remembrement. Conseil Général du Nord, Mission culturelle, service archéologique, septembre 1997.

  • THIEBAUT, Jacques. Dictionnaires des châteaux de France : Artois, Flandre, Hainaut, Picardie. Paris : Éditions Berger-Levrault, 1978.

Périodiques
  • LEMAIRE, Roland (dir.). Carte archéologique de la gaule. Le Nord (59). Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la recherche (C.N.R.S.), avec l'Association pour les Fouilles Archéologiques nationales (AFAN), diffusion Maison des Sciences de l'Homme, 1996.

  • HEDDEBAUT, Monique. Sur les traces du mobilier de l'abbaye de Flines. Pays de Pévèle. n° 53, 2003, pp. 49-56.

  • DEREGNAUCOURT, Thomas. Flines au fil de son histoire. L'énigme de la mer de Flines serait-elle résolue ? Pays de Pévèle. n° 61, 2007.

  • HEDDEBAUT, Monique. Sur les traces de l'abbaye de Flines. Pays de Pévèle. n° 37, 1995, pp. 3-20.

  • HEDDEBAUT, Monique. L'abbaye de Flines : la localisation des bâtiments monastiques. Pays de Pévèle. n° 41, 1997, pp. 5-15.

  • HEDDEBAUT, Monique. La mer de Flines. Pays de Pévèle. n° 44, 1998, pp. 49-53.

  • HEDDEBAUT, Monique. Chronique d'une destruction annoncée. La fin de l'abbaye de Flines. Pays de Pévèle. n° 54, 2003, pp. 5-17.

  • HEDDEBAUT, Monique. L'abbaye de Flines : ruptures et continuités. Pays de Pévèle. n° 58, 2005, pp. 37-43.

  • HEDDEBAUT, Monique. Les aménagements hydrauliques autour de l'abbaye de Flines. Pays de Pévèle. n° 43, 1998, pp. 29-34.

  • HEDDEBAUT, Monique. Vauban et l'abbaye de Flines. Pays de Pévèle. n° 44, 1998, pp. 17-18.

  • HEDDEBAUT, Monique. Note sur la brasserie et la bière à l'abbaye cistercienne de Flines. Pays de Pévèle. n° 49, 2001, pp. 43-46.

  • HEDDEBAUT, Monique. La société houillère de Flines-les-Raches. Pays de Pévèle. n° 48, 2000, pp. 19-24.

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