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Présentation de la commune de Bouvignies

Dossier IA59002061 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
Adresse Commune : Bouvignies

Marcel Bonvin indique que des découvertes archéologiques faites au Vieux Chastel, dans les champs au lieu-dit la Fellerie et dans le bois de Bouvignies, témoignent d'une présence gallo-romaine sur la commune. En 782, l'influence des abbayes de Saint-Amand et Marchiennes est délimitée, Bouvignies dépend de l'abbaye de Marchiennes. La date du passage sous l'autorité du seigneur de Landas n'est pas connue, la première charte datant de 1201. En 1232, la comtesse Marguerite, châtelaine d'Orchies, accorde le droit de pacage sur le marais de Flines à Orchies, Bouvignies, Coutiches, Auchy, Flines, Râches. Le traité de Pontoise (1312) définit Douai et Orchies comme des Etats de Lille, revenant ainsi sous l'autorité de la France. En 1338, au baron Jean de Bouvignies Mortagne succède Jean de Landas, puis Marguerite de Mortagne Landas, sa soeur, puis Marie de Mortagne et sa fille Isabeau d'Auberchicourt, qui épouse en 1384 en deuxièmes noces, Jacques, seigneur d'Ollehain dont la famille exercera l'autorité sur la commune jusqu'en 1561. Ce dernier fait construire un château dans le village pour remplacer le "vieux chastel" situé dans les marais, près du Pont Arnoul Madoux, sur le courant de Coutiches. Une cense est construite au lieu-dit Fermelle (aujourd'hui Frenelles), reconstruite et adjointe d'une maison de plaisance entre 1851 et 1858. A la même époque, les Etats de Lille sont cédés par Charles V au comte Louis Male, comte de Flandre, pour permettre le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre (1369) et deviennent, à la mort du comte Louis, l'apanage du duc de Bourgogne. En 1380, Bouvignies est séparée de la commune de Landas. En 1740, les habitants de Sec-Marais refusèrent de payer les frais de reconstruction de l'église. Ils demandent leur rattachement à Marchiennes. La seigneurie est vendue en 1586 à Georges II de Nédonchel, écuyer seigneur de Hannescamps et de la Vicoigne, près d'Arras. Cette famille perdure jusqu'au 19e siècle. Les Nédonchel fortifient, notamment en établissant des fossés en 1585, puis agrandissent le château en 1743 et 1785. Il figure sur le plan des terres et de la seigneurie établi pour le marquis en 1781. A la Révolution française, il est vendu comme bien national et détruit en 1794. Le presbytère est reconstruit d'après un projet de l'architecte Vinoir en 1830. En 1841, le marquis Nédonchel fait construire une école et des bâtiments pour la congrégation des Soeurs de la Sainte-Union. En 1858 est construite d'après les plans de l'architecte Lejuste la maison-école des garçons, dont la réception définitive est réalisée par l'architecte Aimé Dubrulle (AD Nord, série O104/30). L'école des filles, aujourd'hui transformée en mairie, est construite en 1893 par l'architecte Eugène Robaut.

Annexes

  • Repérage du patrimoine bâti de Bouvignies

    Le bâti ancien s'organise essentiellement le long des axes de circulation nord-sud : la rue de la Lombarderie, au nord, traverse le centre du village par la rue de la Place, par la rue du Marais.

    Les maisons

    L'habitat est composé de maisons élémentaires, construites pendant le 19e siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale. Elles sont en rez-de-chaussée, parfois adjointes de combles habitables, implantées parallèlement à la rue. Les élévations sont en brique, parfois peintes ou recouvertes d'un gravier roulé, agrémentées d'un chaînage ou cordon en brique ciment, brique cérame ou de couleur. Les couvertures sont à longs pans, parfois brisés, en tuile. Quelques maisons en alignement sont situées dans le centre du village, rue de la Chapelle (fig. 1) et au début de la rue Verte, ancienne drève du château.

    Une des plus simples, datant du milieu du 19e siècle, possède une remise et conserve sa pompe, située face à l'entrée du logis, implanté perpendiculairement à la rue de la Lombarderie (fig. 2).

    Celle située 349, rue des Pronelles, construite pendant le premier quart du 20e siècle, possède un oratoire.

    La disposition de plusieurs maisons modestes rappelle celle des maisons d'ouvrier agricole. La tradition orale a confirmé cette fonction et cette organisation pour les maisons (fig. 3 à 5) situées à l'angle de la rue du Faux et de la rue de la Lombarderie, situées à proximité de la ferme-brasserie Fontenier-Willoquier (fig. 6). Cette association fonctionne peut-être également pour la maison située 46, rue de l'Eglise (fig. 7) et la ferme qui se trouve en face (fig.8).

    Une autre maison (fig. 9), aujourd'hui à l'abandon, située rue de la Lombarderie, a une disposition différente : elle est perpendiculaire à la rue et semble abriter deux logements.

    Un exemple de maison avec dépendances situées à l'arrière (fig. 10) est à signaler. Elle est en retrait par rapport à la rue, en rez-de-chaussée, possède cinq travées et est couverte d'une croupe.

    Les quelques maisons à un étage carré (fig. 11) sont situées dans le centre du village, implantées parallèlement à la rue de l'Eglise (fig. 12) et à la rue de la Chapelle. Ce sont de vastes édifices à cinq travées pour la plupart d'entre eux, en brique, couverts d'un toit à longs pans en tuile.

    Un exemple unique sur le territoire est la maison située 23, rue de l'Eglise : elle s'élève sur trois niveaux et possède cinq travées (fig. 13) ; sa fonction d'origine n'a pu être identifié (il pourrait s'agir de l'école des Soeurs de la Sainte-Union.

    Une autre exception est un édifice identifié en tant qu'ancien relais, situé rue de l'église, à 7 travées ; sur la travée centrale, la porte est surmontée d'un cartouche et d'un oculus.

    Les fermes

    La ferme simple, avec logis et étable, située 192 rue Trou-Bona, datée par cartouche 1779, conserve une élévation postérieure partiellement en torchis, une fenêtre à barreaux en bois et un couvrement intérieur en noisetier.

    Signalons un exemple rare d'une ferme élémentaire (grange, logis, fournil) parallèle à la rue, sans retrait, situé 132 rue Coperce.

    Deux exemples de fermes en L (rue du Faux et rue de la Lombarderie) n'ont pas subi de transformations depuis leur construction.

    La première (fig. 14, 15) possède un très grand logis (7 travées) perpendiculaire à la rue, précédé d'une remise, de petites écuries-étables et une grange, implantée perpendiculairement au logis. La ferme rue de la Lombarderie (fig. 16) a été qualifiée de ferme en F, plan issu d'un agrandissement de la forme en L : un chartil, située derrière la disposition classique en L a été prolongé, formant un corps de bâtiment identique à la grange et disposé parallèlement. Le chartil est composé de piliers de brique couvert par une toiture à deux pans en tuile. Cette disposition est celle adoptée dans toute la commune. Le logis a été adjoint d'une cuisine à l'arrière (fig. 17).

    Les fermes en U et à cour fermée, qui sont souvent le résultat d'un agrandissement de fermes en L, sont les plus nombreuses sur le territoire de la commune. Les fermes à cour fermée possèdent un porche, couvert d'un toit en bâtière, plutôt rare (196, rue du Pont du Houblon) ou un pigeonnier-porche couvert d'un toit en pavillon (281, rue du Faux).

    Plusieurs d'entre elles possèdent un second logis, construit au début du 20e siècle (176, rue du Fief, 51-59, rue de l'Eglise, avec une grotte, la ferme Fontenier-Willoquier, logis (fig. 18) construit en 1926 dans un style néoclassique) et exceptionnellement dans les années 1940-50 (rue Riche, dans un style néoflamand, 16-26, rue de la Place, dans un style néo-normand, en 1947). Les façades extérieures de la ferme de la Molière, rue du Louet, ont été "rhabillées" par un enduit de style Art-Déco à décor floral dans les années 1920.

    La ferme, située 244, rue Neuve (fig. 19), inaccessible, est de taille exceptionnelle et semble dater de la fin du 19e siècle. La ferme à cour fermée, située rue de Bermerie, est un bel exemple qui pourrait dater de la fin du XVIIIe siècle (fig. 20).

    Une ferme aux éléments épars (logis, grange, écuries et pigeonnier), située 135, rue Neuve (fig. 21) dont l'organisation originelle est difficile a lire, est la seule ferme possédant un pigeonnier isolé. Il est de plan carré (premier niveau) à pans coupés (niveaux supérieurs), percé d'ouvertures en demi-lune, en brique, la pierre est utilisé pour l'encadrement des ouvertures, le cordon et la corniche, mise en oeuvre reprise dans les écuries (fig. 22). Faut-il voir dans cet exemple unique sur le territoire une référence au colombier de l'ancien château situé à proximité ?

    Bouvignies est la seule commune où le pans de bois (fig. 23) est conservé dans quelques murs de grange, où les fournils sont bien conservés (bel exemple dans un bâtiment isolé, rue du Petit Sec Marais, dans l'aile des écuries, 155, rue du Trou-Bona), ainsi que les puits isolés ou situés dans la cour de la ferme (exemple unique de puits à côté du porche, 196, rue du Pont-du-Houblon).

    Les édicules religieux

    19 édicules existent et 8 ont disparus. Les premières se répartissent ainsi : 1 calvaire (adjoint de deux oratoires), 1 grotte (appartenant à la ferme située 51-59, rue de l'Eglise), 8 oratoires et 9 niches. 3 oratoires sont isolés : 2 sont situés autour du calvaire, le troisième est situé entre les numéros 250 et 298 rue de la Lombarderie. Ces édicules sont tous en brique, parfois recouvert d'un enduit. Les plus anciennes ont une croix de faîtage, celles construites pendant le premier quart du 20e siècle ont une croix en ciment sur l'élévation. Celle appartenant à la ferme située 117 rue Riche possède une dédicace de fondation (1787) et de restauration (1892).

    Elles ont été étudiées par l'association Bouvignies hier et aujourd'hui. L'édifice le plus remarquable est le calvaire.

    L'industrie

    Quelques fermes ont eu une activité industrielle. La ferme-cossetterie, située 484, rue du Petit Sec Marais, qui était à l'origine une ferme, a été adjointe en 1881 de plusieurs "halles" en brique couvertes de toitures à deux pans en tuile abritant la cossetterie jusqu'en 1914. Un estaminet est situé devant le logis. Une dépendance isolée est construite en scories de chicorée, bois et chaux. Une autre ferme-cossetterie avec tour de séchage est située 459, rue Hallart. La ferme Fontenier-Willoquier a été une ferme-brasserie (fig. 24) entre 1908 et 1934. Une usine d'espadrilles était installée dans un bâtiment d'origine agricole.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Nord : Série Cartes et Plans : Plan Douai 94.

  • AD Nord : Série C pièce 3300.

  • AD Nord : Série O104.

Bibliographie
  • BONVIN, Marcel. Ainsi ont vécu les Bouvigniens (1070-1988). Bouvignies : 1988.

  • MONNIER, Bernard. Circuit des chapelles de Bouvignies. Bouvignies : Association Bouvignies hier et aujourd'hui, mars 2003.

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