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Présentation de l'étude sur le patrimoine Art déco d'Arras

Dossier IA62002964 réalisé en 2008

Fiche

1. Le contexte de l’étude

L’inventaire du patrimoine Art Déco de la ville d’Arras a été réalisé de juillet 2008 à mai 2009. Ces recherches ont été impulsées par le Service départemental de l’Architecture et du Patrimoine du Pas-de-Calais, dans le cadre de la mise à l’étude d’une Z.P.P.A.U.P. (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), dont les principaux objectifs sont la protection et la mise en valeur des quartiers, sites et espaces identifiés comme ayant un intérêt d’ordre esthétique, historique ou culturel. Afin que les recommandations qui découlent de cette protection répondent au mieux à ces objectifs, il s’est avéré nécessaire d’identifier les différents éléments constituant le patrimoine arrageois. L’Art déco, pourtant une des composantes importantes de ce patrimoine, demeurait alors mal connu et non protégé. L’étude menée a donc permis de répertorier l’ensemble des éléments de la ville se rattachant à ce style. Ce travail a été effectué dans le cadre du service régional de l’Inventaire de la région Nord-Pas-de-Calais par Marie George, chercheuse associée, en étroite collaboration avec les architectes des Bâtiments de France du Pas-de-Calais.

2. Caractéristiques et intérêt de l’étude

L’Art déco, esthétique nouvelle apparue dans les années 1910, a une influence forte sur l’architecture de l’entre-deux-guerres. Cette architecture se distingue par un certain nombre d’éléments caractéristiques : dépouillement des façades, ligne droite, pan coupé, décorations géométriques et vasques de fleurs. Bien qu’ayant connu son plus grand succès à Paris, où se tient en 1925 l’Exposition universelle des Arts Décoratifs et Industriels, l’architecture Art déco trouve toutefois un terrain fertile d’expérimentation dans les villes ravagées par la première guerre mondiale. Arras, anéantie à 85 %, compte parmi ces villes sinistrées. Si les monuments emblématiques de la ville (hôtel de ville, beffroi et places) ont été reconstruits à l’identique et si la plupart des habitants ont choisi de rebâtir leurs habitations en s’inspirant des caractéristiques architecturales d’origine, d’autres, plus sensibles aux idées d’avant-garde, ont commandé aux architectes des immeubles aux formes et aux ornements Art déco. Ce style revêt à Arras une teinte particulière : le vocabulaire usuel de l’Art déco s’intègre aux différents styles architecturaux caractéristiques de l’architecture arrageoise, à savoir l’architecture classique du XVIIIe siècle et l’architecture néo-flamande. On assiste ainsi dans l’après-guerre à une réinterprétation de ces styles, donnant naissance à une architecture Art déco singulière et propre à la ville d’Arras.

3. Méthodologie et sources

L’étude a débuté par une campagne photographique visant à repérer les différents éléments d’architecture Art déco de la ville. Chaque élément photographié a ensuite fait l’objet d’une fiche descriptive détaillée. Ce travail de repérage et d’observation sur le terrain a été complété par des recherches en archives. Aux Archives départementales du Pas-de-Calais, ont été trouvés :

-Les archives des coopératives de reconstruction : 10 R 1/1

-Les demandes d’autorisation pour alignement et reconstruction : 2O 396 1, 2O 396 2, 2O 384 1

-Les plans d’alignement et les états d’avancement : 10R1/50, 2O 390 1

-Des dossiers d’architectes concernant des parcelles privées : 10R9/5001, 10R9/5016, 10R9/5024

-Des documents concernant l’aménagement de la voirie urbaine : 2O 383 8, 2O 383 10, 2O 383 11, 2O 393 1, 2O 392 1

Des mémoires de travaux : 2O 385 31, 2O 391 9, 2O 391 11

Aux Archives municipales de la ville d’Arras, ont été trouvés :

-Des plans d’alignement et d’expropriations : 401/23 – 401/26

4. Présentation du corpus

Le corpus étudié prend en compte à la fois des habitations, immeubles à logements comme maisons, et des édifices à vocation publique ou commerciale, comme des hôtels, des écoles ou des garages. Il ressort de cette étude que les maisons recensées, 35 repérées et 10 étudiées, ont été construites entre 1920 et 1936, celles du centre-ville étant reconstruites avant celles de la périphérie. Leur construction se caractérise par une mixité des matériaux utilisés : sur un même édifice,les architectes ont pu utiliser à la fois le béton, la brique et l’ardoise. Les immeubles à logements recensés, 69 repérés et 33 étudiés, ont été majoritairement construits entre 1925 et 1930. Cette date un peu plus tardive que celle des maisons est due au fait que l’application des nouveaux plans d’alignement de la ville vers 1925-1926a entraîné la démolition partielle des premiers à avoir été reconstruits. Ils sont essentiellement situés dans l’hypercentre arrageois et présentent la morphologie récurrente d’immeubles à une ou deux travées, édifiés sur un parcellaire étroit, issu du parcellaire médiéval. Outre ces édifices d’habitation, l’étude comprend un grand magasin, dit « Galeries Modernes », dont les grandes baies et le style épuré sont particulièrement représentatifs du style Art déco, deux garages automobiles, deux écoles maternelles et deux hôtels de voyageurs, l’hôtel Asloria-Carnot et l’hôtel moderne. Deux autres édifices, le collège Jehan Bodel et l’hôtel de la Basecque, sont antérieurs à la période ici concernée mais comportent cependant une grille en fer forgé relevant du style Art déco.

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