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Présentation de l'aire d'étude des jardins étonnants en Nord Pas de Calais

Dossier IA62002970 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

L'aire d'étude : L'étude n'a pas porté sur toutes les communes du bassin minier mais sur 16 communes dans lesquelles ont été repérés des sites de jardins insolites créés par les habitants eux-mêmes. Elle comprend les communes de Bouvignies, Somain, Wallers, Waziers dans le département du Nord et celles de Billy-Montigny, Bully-les-Mines, Carvin, Liévin, Loos-en-Gohelle, Mazingarbe, Meurchin, Pont-à-Vendin, Rouvroy, Ruitz, Sains-en-Gohelle, Wingles. L'étude a également pris en compte les sites exceptionnels de trois communes, Berck dans le Pas de Calais, Steenwerck et Gravelines dans le Nord.

Le bassin minier du Nord - Pas de Calais, long de 120 km sur 4 à 12 km de large, s'étend d'est en ouest de la frontière belge au Boulonnais. Du littoral vers l'intérieur, il prolonge le bassin houiller du Royaume-Uni et rejoint celui du Hainaut belge. Les premières prospections du sous-sol aboutissent à la mise en lumière d'un gisement de charbon maigre à Fresnes-sur-l'Escaut en 1720. En 1734, la découverte du charbon gras à Anzin confirme la présence de cette matière première indispensable au développement de l'industrie régionale. Les prospections se poursuivent tout au long du 18e siècle et, vers l'ouest, se soldent par la découverte fortuite en 1842 des premiers gisements de houille dans le Pas-de-Calais, dans le parc du château de madame De Clercq à Oignies. Dès lors, l'évolution du territoire s'accélère : recherche de nouveaux gisements, découpage en concessions et transformation progressive mais radicale du paysage durent le 19e et le 20e siècle. Le nombre de mineurs passe de 900 en 1850 à 100 000 avant la Première Guerre mondiale ; il atteint les 200 000 après 1945.

Particulièrement touchées par les destructions lors de la Première Guerre mondiale, les compagnies minières reconstruisent leurs infrastructures pendant l'entre-deux-guerres et donnent au territoire l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui. la Seconde Guerre mondiale entraîne la Nationalisation et la création en 1946 des Houillères du Bassin du Nord-Pas de Calais (HBNPC), se substituant aux 18 compagnies minières indépendantes qui se partageaient les concessions. Commence alors une phase de concentration en huit groupes dans un bassin modernisé puis, dès les années 1960, le début du déclin de la production, engendré par la baisse de compétitivité et la suprématie du pétrole. La fermeture progressive des fosses et la remontée de la dernière berline à Oignies en décembre 1990 marquent la fin d'une industrie qui a façonné le territoire.

Ce territoire est parcouru d'un réseau de voies ferrées desservant les fosses, ponctué de 337 terrils et cavaliers (anciennes voies de chemin de fer pour acheminer le charbon) et compte encore aujourd'hui plus de 600 cités souvent équipées de structures collectives (églises, chapelles, salles des fêtes, écoles, centres médicaux, hôpitaux, ouvroirs, stades, salles de sports, coopératives d'alimentation...).

Dans ces cités, le jardin tient une place prépondérante car il est un moyen d'occuper le mineur après le travail par une activité au grand air, de résoudre une partie de leur économie et lui éviter les risques liés à la fréquentation des cafés. Les lois de 1905 et 1913 limitent la durée du travail journalier à 8 heures. Les mineurs sont invités par les compagnies puis les HBNPC à s'occuper de leur potager et à entretenir leur jardin selon un règlement strict sous contrôle du garde de la cité et sous peine d'amendes. Cet intérêt pour le jardin potager ou d'agrément s'impose donc très tôt dans les cités. Après la Seconde guerre mondiale et jusqu'à la nationalisation (1946) "la gestion personnelle des jardins semble bénéficier d'une tolérance plus grande". Cette tendance va se confirmer à la fin des Houillères et "la possibilité d'investir le jardin autrement que dans le contrôle ouvre le champs de tous les possibles". "Au milieu des années 1980, peu avant l’arrêt définitif de l’exploitation (21 décembre 1990), l’arrivée de bailleurs pour gérer le parc minier vient marquer un nouveau tournant : le règlement des mines tombe définitivement. Affranchi de tout standard collectif, le jardin individuel peut désormais pleinement s’individualiser et le paysage des cités se transforme, autrement. L’art du jardin n’est plus limité à la simple tekhné, il devient aussi création".

(Les textes en guillemets sont extraits du chapitre Les jardins dans les cités minières : pratiques d'hier, pratiques de demain, Marie Patou, Nicolas Selva in D'étonnants jardins en Nord-Pas de Calais, Image du Patrlmoine 297, éditions Lieux dits, Lyon, 2015).

Aires d'études Nord - Pas-de-Calais
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