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Patrimoine de la Seconde Guerre mondiale dans le canton du Parcq : pas de tir dits sites de lancement V1, édifices logistiques dits galeries souterraines de stockage et dits postes de commandement, poste d'observation dit tour de veille aérienne, blockhaus

Dossier IA62002551 réalisé en 2011

Le patrimoine militaire du canton du Parcq se compose, en majeure partie, d’infrastructures construites par l’Organisation Todt pour le compte de l’armée allemande dans le cadre du déploiement de l’arme V1 dans la région (sites de lancement de V1, postes de commandement de batterie et sites de stockage). L'étude menée sur ce patrimoine au titre de l’Inventaire présente l’intérêt de révéler la densité de ces installations à l’échelle d’un canton rural et de mettre en évidence, par l’analyse des liens fonctionnels qui les relient, la complémentarité des sites.

En 1940, l’armée allemande ne possédait pas de bombardiers à long rayon d’action capables d’infliger des dégâts importants à l’Angleterre. La RAF avait acquise par ailleurs la quasi maîtrise des airs au-dessus du détroit du Pas-de-Calais. Pour faire face à cette situation, l’état-major allemand décida, à partir de 1942, le développement d’une bombe volante sans pilote. Celle-ci, nommée Fi-103 ou FZG 76, fut plus connue sous le nom que lui donna la propagande allemande : le V1, pour Vergeltungswaffe (arme de représailles). Le tir d’un V1 nécessitait une base de lancement qui assurait la préparation et la propulsion initiale de l’engin. En 1943, Goering ordonna le déploiement de telles bases dans tous les départements côtiers de France, depuis le Nord jusqu’à la Manche. Leur construction fut confiée à l’Organisation Todt. Plusieurs centaines de chantiers furent entamés entre 1943 et 1945, avec un taux d’achèvement variable à la fin de la guerre.

Hormis les Wasserwerk, qui étaient d’immenses bunkers rassemblant toutes les fonctionnalités d’une base de lancement en un seul bâtiment, les bases V1 se présentaient comme un ensemble de constructions standardisées, réparties sur une superficie de 7,7 à 10 ha, reliées entre elles par des pistes en béton. Les bases étaient implantées de façon à être fondues dans le paysage, dans des cours de ferme ou de château, ou dans des bois. Avec la pression grandissante des Alliés, la construction des bases V1 fut de plus en plus soumise à des impératifs de discrétion et d’économie de temps et de matériaux. Les infrastructures évoluèrent ainsi vers toujours plus de légèreté.

On dénombre couramment trois générations de sites de lancement. La première génération de bases fut surnommée par les Alliés «sites type Bois-Carré» (du nom du lieu-dit, près d’Yvrench, dans la Somme, où fut repéré le premier d'entre eux par l’aviation alliée), ou «sites en ski» (à cause de la forme caractéristique des bâtiments de stockages qui, vus du ciel, ressemblaient à des skis couchés sur la tranche). Ils comportaient 12 types de bâtiments servant à la préparation, au stockage et au tir. Dans le canton du Parcq, on compte trois sites de lancement de cette première génération, à Eclimeux, Vacqueriette et Maisoncelle.

A partir de début 1944, les Allemands aménagèrent des bases dites de seconde génération, appelés aussi «sites modifiés» ou «allégés». Le nombre de bâtiments par site fut réduit à environ 6. Les structures lourdes en béton cédèrent la place pour la plupart à des baraquements. Sur le territoire du canton du Parcq, les sites de Fresnoy et de Wail appartiennent à cette seconde génération.

Une troisième génération de bases vit le jour à partir du printemps 1944. Ces installations encore plus légères avaient pour objectif le bombardement des villes du sud et de l’est de l’Angleterre, et furent déployées dans la Manche et en Flandre belge. Des bases toujours plus légères furent également construites lors de la débâcle allemande, pendant l’hiver 1944-1945, aux Pays-Bas et en Allemagne. Aucun site de ce genre n’est présent dans le canton du Parcq.

Afin d’approvisionner les bases en V1 et autres consommables, l’armée allemande construisit des sites de stockage. Chaque unité desservait une batterie de 4 sites de tir. Ces centres de stockage se présentaient sous la forme d’une série de tunnels (jusqu’à 15), alignés le long d’une route, creusés dans le flanc d’une colline. De tels sites à entrées multiples se trouvent dans le canton du Parcq dans le bois au nord de Rollancourt et à Auchy-lès-Hesdin sur la route de Wamin.

Chaque batterie de tir était placée sous l'autorité d'un poste de commandement. Celui-ci était localisé dans un bunker abri-casernement semi-enterré de forme standardisée. On compte deux postes de commandement de batterie sur le canton : le poste de commandement de la batterie 5 à Vieil-Hesdin, dans le bois de Saint-Georges, et le poste de commandement de la batterie 6 dans les environs de Fillièvres (localisation encore incertaine).

Aires d'études Parcq (Le)

Références documentaires

Bibliographie
  • BAILLEUL (Laurent). Les sites V1 en Flandres et en Artois, 2000.

  • BAILLEUL (Laurent). Les sites V1 en Picardie, 2006.

  • DELEFOSSE (Yannick). V1 Arme du désespoir, Edition Lela Presse, 2011.

  • CHEVALIER (Hugues). Bombes et V1 sur le Pas-de-Calais 1944, 2009.

(c) Comité cantonal de développement du canton du Parcq ; (c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - Darras Thomas
Thomas Darras

Chargé d'étude, recruté par le canton de Le Parcq pour réaliser une opération d'inventaire.


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- Delille Christophe
Christophe Delille

Chargé d'étude, recruté par le canton de Le Parcq pour réaliser une opération d'inventaire.


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