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orphelinat de garçons, dit maison des orphelins de la Grange ou hospice des Bleuets, puis hôpital militaire des Bleuets

Dossier IA59000729 réalisé en 1999

Fiche

Genre de garçons, de militaires
Destinations logements
Dénominations orphelinat, hôpital
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Centre
Adresse Commune : Lille
Adresse : 28 place aux Bleuets
Cadastre : 1981 HO 146

La fondation de cet hospice pour orphelins remonterait à 1499 et les enfants étaient primitivement logés dans des granges à proximité des remparts, d'où leur nom d'orphelins de la Grange. Entre 1545, date d'une donation faite par un chanoine, et 1565, le Magistrat de la ville de Lille fit l'acquisition d'une ferme dite du Pau de Sens, sise près de la porte de Courtrai pour y fonder un établissement. Un long bâtiment avec aile en retour fut édifié sur ce terrain vers 1644, date à laquelle fut dressé un devis de construction. Lors de cette reconstruction effectuée en 1644, fut mis en œuvre, d'après les plans dressés à cette époque, une maçonnerie en brique pour le gros œuvre avec encadrement des ouvertures et soubassement des murs gouttereaux en pierre. En 1744 les bâtiments furent réquisitionnés par l'armée pour y installer un hôpital de campagne en raison des opérations militaires menées dans la région (guerre de succession d'Autriche). En 1752 Jean Moreau de Séchelles, intendant de Flandre, prit la décision de transférer les malades de l'hôpital militaire Saint-Louis dans l’hospice des Bleuets en raison de la vétusté et de l'exiguïté des bâtiments de cet hôpital. Les orphelins évacués de l’hospice des Bleuets furent dès lors abrités dans diverses maisons louées dans cette intention, avant d'être relogés en 1763 dans un autre hospice d'orphelins dit maison des Bapaumes.

Des travaux d'appropriation à sa nouvelle affectation hospitalière furent en conséquence exécutés à la maison des Bleuets à partir de juillet 1754 de manière à pouvoir y placer 211 lits de malades. Ce fut probablement lors de ces travaux que fut rebâtie la porte cochère monumentale à décor de refends telle qu'elle se présente encore de nos jours et que fut, à cette même occasion, refaite la façade sur rue sous une forme symétrique. Les locaux de cet hospice se révélèrent cependant vite insuffisants en étendue et, au surplus, ils présentaient le défaut d'être dépourvus d’adduction d’eau, ce qui constituait un grave inconvénient pour l'activité hospitalière. En raison de la spoliation dont la fondation des Bleuets avait été victime, elle reçut une dotation compensatoire de la part du roi qui, par l'édit de janvier 1780, lui attribuait une rente de 390 razières de grain constituée sur les domaines royaux, lequel édit fut précisé par l'arrêt du Conseil du 10 octobre 1782. Finalement, après avoir projeté la construction d'un hôpital militaire neuf sur le site de l'Esplanade, on décida de transformer en hôpital militaire l'ancien collège des Jésuites et de céder à la ville la maison des Bleuets pour servir de collège municipal, lequel avait été installé dans les bâtiments du collège des Jésuites depuis 1767 : pour procéder à cette cession, le roi fit préalablement l'acquisition de la maison des Bleuets le 26 mai 1781 par-devant Louis Duriez, notaire, pour le prix de 86 819 livres et, par les lettres patentes du 3 juin 1781, il ordonna le transfert de l'hôpital militaire dans le collège des Jésuites et du collège municipal dans l'hospice des Bleuets. Cependant, compte tenu des travaux effectués au collège des Jésuites pour l'approprier à sa nouvelle fonction sanitaire, les malades furent évacués à titre temporaire vers l'ancien hôpital Saint-Louis et le collège municipal se transporta dans la maison des Bleuets le 19 avril 1782. Le collège municipal ne resta guère aux Bleuets puisque, en vertu de la décision du 7 ventôse an III (25 février 1795), les locaux étaient réattribués à l'armée pour servir d'hôpital militaire provisoire.

L'armée occupe toujours l'édifice où ont été aménagés divers logements pour des militaires. Les bâtiments donnant sur la cour semblent tous avoir été reconstruits à une époque relativement récente ; aussi, seul le bâtiment donnant sur la rue subsisterait-il de l'ancien hospice des Bleuets, mais sous un aspect qui ne remonte certainement pas au-delà du milieu du 18e siècle.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle , (?)
Dates 1644, daté par source
1755, daté par source
Murs brique brique et pierre enduit
calcaire pierre de taille enduit
Toit ardoise
Étages sous-sol, 1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Nord, Lille. Archives hospitalières (AH) : projet de reconstruction d'une partie de la maison des Bleuets, plans, coupes et élévations, sans date, vers 1644 (A.H., IV B 200).

    Archives départementales du Nord, Lille : A.H., IV B 200
  • Lille, fort du Réduit, établissement du Génie. Maison des Bleuets après transformation en hôpital militaire, plan de distribution générale du rez-de-chaussée, 1755.

    Lille, fort du Réduit, établissement du Génie.
  • Archives départementales du Nord, Lille. Archives hospitalières (AH) : maison des Bleuets, contrat d'acquisition au profit du roi, dressé le 6 mai 1781 par Durriez notaire, auquel est annexé le plan de l'enclos de cet établissement avec ses bâtiments représentés en plan-masse (A.H., IV B 42).

    Archives départementales du Nord, Lille : A.H., IV B 42
Documents figurés
  • Archives départementales du Nord, Lille. Archives hospitalières (AH) : maison des Bleuets, plan de son enclos et des terrains qui en dépendent, 1596 (A.H., IV B 200).

    Archives départementales du Nord, Lille : A.H., IV B 200
Bibliographie
  • LECLAIR, Henri. Les hôpitaux militaires de Lille avant la Révolution. Essai historique. Lille, Imprimerie H. Morel, 1925. 172 p.

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