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Maisons

Dossier IA62001377 réalisé en 2008

Fiche

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Sur les 114 édifices recensés sur la ville d’Arras, 35 sont des maisons. Elles constituent, après les immeubles à logements, la famille la plus importante des édifices Art déco arrageois. Parmi elles, 5 sont pourvues de boutiques en rez-de-chaussée ; cette spécificité tend à rappeler la fonction commerciale de la ville qui s’est dotée, dès le 19e siècle, de nombreuses maisons de commerce.

Les maisons repérées sont issues de la période de la reconstruction qui succède à la Première Guerre mondiale ; leur construction s’échelonne de 1920 à 1936. Elles ont toutes été marquées, de manière visible ou plus discrètement, par le style Art déco.

I. Localisation

La moitié des maisons est localisée dans le centre-ville d’Arras où le style Art déco est visible sur les façades de chaque rue. Dans cette partie de la ville, les maisons repérées ont été construites dans l’immédiat après-guerre, entre 1920 et 1926.

Les autres maisons sont principalement situées dans le secteur sud/sud-ouest de la ville et se concentrent essentiellement dans les quartiers de Ronville et de Saint-Sauveur. Deux maisons sont situées à l’ouest, sur l’avenue John-Kennedy. Dans ces secteurs périphériques, où les destructions causées par la guerre furent moindres, les maisons ont davantage été construites dans les années 1930.

Leur construction concorde avec la mise en œuvre du plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension imposé par la loi Cornudet d’avril 1919 aux villes de plus de 10 000 habitants. Ce plan engendra l’extension de quartiers parmi lesquels figurent ceux de Ronville et de Saint-Sauveur.

Les maisons repérées sont essentiellement mitoyennes ; ce sont, pour la plupart, des constructions modestes, sans style architectural bien caractérisé.

II. Matériaux et mise en œuvre

L’ensemble des maisons repérées témoigne de constructions aux matériaux et aux formes traditionnelles du nord de la France, définis par la loi sur les dommages de guerre : en effet, cette loi instaura un classement des dommages en cinq catégories ; à l’intérieur de chaque catégorie, diverses classes existaient en fonction de la nature de l’immeuble. Les dossiers de la reconstruction arrageoise concernent essentiellement la classe des « villas, maisons de plaisance et petites maisons de ville ». Pour cette classe, furent définis les matériaux à mettre en œuvre sous la forme de recommandations que les constructeurs se devaient de respecter. Ainsi, les maisons arrageoises devaient présenter des « façades en briques ou en matériaux du pays, des menuiseries extérieures, des volets, persiennes et balcons en chêne, des couvertures en ardoises ou en tuiles du pays et des combles à la Mansard. » Les maisons construites entre 1920 et 1930 présentent ces caractéristiques. Au-delà de cette date, de nombreuses constructions ne dépendent plus de la loi sur les dommages de guerre et présentent ainsi une plus grande liberté architecturale.

Gros œuvre et appareillage

Après la Première Guerre mondiale, l'emploi du béton se généralise dans l’ensemble des constructions et le béton armé est expérimenté dans les structures des édifices. Les maisons constituant ce dossier sont toutes en béton et en béton armé dans leurs structures. 25 % d’entre elles sont entièrement en béton ; parmi elles, figure la maison du 34 rue du Onze-Novembre dont la structure, entièrement faite de béton, témoigne de la modernité de la construction. C’est également le cas du 5 rue des Fours.

40 % des maisons sont construites en béton à parement de brique ; le béton est souvent partiellement apparent sur les encadrements de baie, de porte, sur les corniches et les bandeaux des constructions. La brique employée est une brique rouge-orangée, typique du nord de la France. Elle est employée comme brique de parement à la fois dans les constructions modestes, telle la maison du 23 rue du Commandant-Dumetz ou dans des constructions plus conséquentes où s’affirme nettement un style architectural comme sur la façade à caractère régionaliste du 7 rue Adam-de-la-Halle. La brique est parfois peinte et vient rompre la monotonie des façades : tel est le cas des maisons du 53 et du 76 rue de Grigny.

La brique est également associée, dans 11 % des cas, à des constructions en béton et en pierre et dans 9 % des cas, à des constructions uniquement en pierre ; il s’agit de maisons principalement situées en centre-ville et sur lesquelles la variété des matériaux se fait l’écho de leur style éclectique ; en témoigne la maison du 5 rue du 29 juillet qui présente des éléments mêlant classicisme et modernisme. Cette maison allie la pierre à la brique sur la travée de droite, les chaînes à bossage qui encadrent la travée de gauche et sur le fronton curviligne interrompu. Au 7 rue Adam-de-la-Halle, la pierre structure le rez-de-chaussée, les rives du pignon et elle est présente sous la forme de chaînes alternées de pierres et de briques sur l’encadrement du bow-window et de la baie située sur la travée gauche de l’édifice et sur le couronnement de la baie en plein-cintre du deuxième étage. Sur la maison à caractère régionaliste du 11 rue de la Caisse d’Épargne, la pierre constitue l’encadrement des baies en chaînage harpé. L’ensemble de ces maisons ont pour trait commun d’être de vastes demeures où la pierre, matériau noble, vient souligner la richesse des constructions. Sur la construction massive du 11 rue des Portes-Cochères, la pierre est employée seule.

Toit et couverture

Les maisons repérées présentent principalement des toits à deux pans et à longs pans brisés appelés couramment « toit en brisis à la Mansard » ; leur présence concorde avec les recommandations de la loi sur les dommages de guerre qui préconisaient ce type de couverture. On peut estimer à 47 % le nombre de maisons présentant ces caractéristiques. Les toits à deux pans concernent 43 % des maisons. Celles-ci sont essentiellement couvertes d’ardoises dites « ardoises d’Angers » (elles proviennent très certainement des ardoisières de Trézalé, qui jouxte la ville d’Angers, et qui est connue pour son exploitation ardoisière ancienne).

Trois maisons présentent des toitures terrasse en béton : il s’agit des maisons situées au 34 rue du Onze-Novembre, 5 rue des Fours et 4 rue Neuve-du-Rietz. Exceptée la maison du 5 rue des Fours qui fut construite vers 1923 et qui témoigne d’une modernité étonnante pour la période, les deux autres ont été construites vers 1935 à l’époque où le modernisme triomphe. Quelques rares maisons présentent des tuiles mécaniques qui viennent couvrir des toitures à deux pans. Ce matériau concerne essentiellement des maisons de taille modeste situées en périphérie de la ville.

Le décor porté

Les façades des maisons affichent des décors récurrents caractéristiques de l’Art déco.

Le motif floral constitue le décor le plus fréquemment rencontré. Il se présente sous diverses formes, sculpté dans le béton :

  • la frise florale, qui marque le rez-de-chaussée du 70 rue des Trois-Visages et le pignon du 16 place de la Vacquerie
  • le panier de fleurs, qui orne le haut du pignon du 16 place de la Vacquerie ; Il apparaît dans un style plus géométrique sur la partie centrale de la façade du 6 place Saint-Étienne. Le panier de fleurs est également très présent dans le décor des ferronneries ; il apparaît bien souvent sous une forme stylisée, comme en témoigne les supports des balconnets du 9 rue du Refuge-Marœuil
  • le cartouche sculpté : composé de motifs floraux, il constitue souvent la touche Art déco la plus visible de certaines façades : c’est notamment le cas du 2 rue Camille-Corot, où le cartouche rectangulaire qui orne l’allège de la lucarne d’angle apporte, avec le pan coupé, la touche de modernité à cette façade traditionnelle

Les motifs géométriques, et plus particulièrement les motifs circulaires et ovales, ornent de nombreuses façades. Ces motifs se traduisent explicitement sur certains éléments de modénature tels les quatre chapiteaux des colonnes du 5 rue des Fours, marqués par une forme ovale. Cette forme se retrouve dans l’oculus de la travée centrale. L’arrondi est également présent dans le cintrage des baies du rez-de-chaussée. Cette forme circulaire récurrente, qui constitue habituellement un élément caractéristique de l’architecture classique qui prévaut dans ce quartier de la Basse-Ville, est ici, paradoxalement, un signe de modernité par son aspect épuré. Cette forme circulaire se retrouve, de manière moins marquée, sur la façade du 11 rue des Portes-Cochères, ornée de deux oculi. Le motif circulaire constitue également le décor des cartouches des façades du 91 avenue John-Kennedy et du 34 boulevard Faidherbe.

Il est présent sous la forme de frises à motifs semi-circulaires sur les façades du 8 avenue John-Kennedy, du 22 rue de Grigny et du 4 rue Neuve-du-Rietz.

Mais c’est sous la forme de spirales, qui constituent le décor des ferronneries de 46% des maisons repérées, que la forme circulaire est la plus présente. Sur la façade du 34 boulevard Faidherbe, elle orne à la fois les garde-corps des baies, la grille de l’oculus situé à droite de la porte d’entrée ainsi que les panneaux de cette porte. Les spirales sont plus ou moins développées : on distingue les spirales simples qui ornent notamment la partie centrale des garde-corps du 53 rue de Grigny, des spirales plus complexes que l’on peut trouver dans les garde-corps du 18 boulevard Faidherbe.

Les décors de céramique représentent également une des composantes Art déco des maisons arrageoises. Si la céramique n’est pas en soi un matériau Art déco, son recours est toutefois fréquent pour la décoration des façades au cours de la période où domine ce style architectural (1920-1930). Elle apparaît ainsi à l’intérieur de cartouches à motifs circulaires sur la façade du 34 boulevard Faidherbe et sous la forme de carreaux bleus et orangés sur les allèges des baies du 53 rue de Grigny ; ces teintes de céramique se retrouvent sur des immeubles Art déco du centre-ville.

Quelques décors isolés caractérisent également l’Art déco : c’est notamment le cas des guirlandes disposées en chute sur l’ensemble de la façade du 74 rue Fernand-Lobbedez ou la mosaïque située en couronnement de la baie du 7 rue Adam-de-la-Halle, dont les teintes orangées-noires-dorées sont typiques du style.

Un décor de coquillages sculpté dans le béton orne les allèges du 8 boulevard de Strasbourg ainsi que la frise du 17 rue Alexis-de-Halette. Présent sur de nombreux immeubles Art déco du centre-ville, il constitue un décor bien souvent associé à des façades à caractère régionaliste ; c’est le cas du 17 rue Alexis-de-Halette où le motif vient orner une façade évoquant le style anglo-normand.

III. Morphologie et typologie des maisons Art déco

Seules 6 maisons sur 35 présentent un style Art déco « pur », qui se distingue très nettement. La présence du style se limite la plupart du temps aux ferronneries qui concernent 11 maisons et à quelques ornements qui en concernent 13 ; ces éléments apportent aux édifices une touche de modernité. Bien plus encore que pour les autres familles architecturales repérées, l’Art déco se mêle ici à divers styles architecturaux et plus particulièrement au style régionaliste ; les maisons repérées mériteraient ainsi la qualification de « maisons Art déco d’inspiration régionaliste ». Ce style particulier rappelle que le régionalisme constituait le style architectural prôné pour la reconstruction des villes françaises à l’issue d’un concours public ouvert aux architectes en 1917, et au cours duquel l’architecture régionaliste fut érigée en modèle.

Étude morphologique

Les maisons repérées sont principalement des maisons mitoyennes, édifiées sur un seul étage, avec un étage de comble. Elles se composent majoritairement de deux ou de trois travées. Seule la vaste demeure du 18 boulevard Faidherbe présente sept travées.Sur un grand nombre d’entre elles, l’une des travées est en légère saillie et s’achève généralement par un fronton-pignon à redents ou volutes, éléments caractéristiques du style régionaliste dont est fortement imprégnée l’architecture arrageoise. Les exemples les plus probants de ce style résident dans les façades du 31 bis rue du Commandant-Dumetz et du 11 rue de la Caisse d’Épargne où l’une des travées en légère saillie s’achève par un pignon à pas-de-moineaux. Sur ces façades à caractère régionaliste, le style Art déco est présent par petites touches discrètes, dans le décor des ferronneries des garde-corps (au 11 rue de la Caisse d’Épargne) ou par l’intermédiaire de décors sculptés (au 31 bis rue du Commandant-Dumetz). La maison du 7 rue Adam-de-la-Halle présente également cette caractéristique morphologique à la différence près que la travée de droite s’achève par un pignon à volutes. D’autres façades mélangent les évocations stylistiques : c’est le cas du 76 rue de Grigny où le fronton-pignon évoque le pignon flamand par le jeu de la brique et du béton tandis que les décors de ferronnerie et le pan coupé du bow-window s’apparentent à l’Art déco. D’autres encore mélangent régionalisme et Art déco sur un même élément de façade : c’est notamment le cas du 63 rue du Commandant-Dumetz où le pignon évoque, par sa forme, le pignon flamand mais dans des lignes plus simples, épurées, qui lui confèrent une géométrie propre au style Art déco.

Typologie des maisons Art déco arrageoises : la prépondérance du modèle régionaliste flamand

Six maisons ont été repérées en tant que « maisons Art déco ». Les exemples les plus significatifs résident dans les façades du 5 rue du Commandant-Dumetz et du 14 rue de la Justice qui témoignent d’un Art déco géométrique. Excepté la maison du 8 boulevard de Strasbourg dont l’aspect épuré témoigne de l’Art déco des années 1930, les trois autres maisons sont représentatives de la mouvance du style qui s’attache à réinterpréter d’autres courants stylistiques et notamment le classicisme dans lequel il puise largement ses sources d’inspiration. Ainsi, les façades du 5 rue des Fours et du 11 rue des Portes-Cochères témoignent de cette réinterprétation des formes classiques. Au 5 rue des Fours, la référence à l’architecture classique est clairement exprimée par la présence des colonnes cannelées qui séparent chaque travée et par le cintrage des baies du rez-de-chaussée ; mais le caractère épuré de la façade enduite de blanc, sa toiture terrasse et les chapiteaux géométriques de ses colonnes évoquent la modernité et témoignent par là-même d’une réinterprétation des formes classiques. Au 11 rue des Portes-Cochères, cette réinterprétation apparaît plus subtilement : la maison évoque clairement les temples grecs par sa structure massive, la suggestion des colonnes engagées à l’entrée, l’emmarchement pyramidal, mais le tout est agrémenté de décors modernes constitués de frises végétales et de motifs en spirales insérés dans les ferronneries de la porte et des garde-corps.

Excepté ces six exemples, les maisons repérées présentent majoritairement des éléments caractéristiques du style régionaliste flamand à savoir les pignons à redents et à pas-de-moineaux. L’Art déco s’est frayé un chemin sur les façades de ces maisons par l’intermédiaire d’éléments discrets de décor sculptés directement dans le béton ou plaqués, dans le cas des céramiques : les façades du 16 place de la Vacquerie et du 7 rue Adam-de-la-Halle sont particulièrement représentatives de cette tendance.

Certaines façades évoquent également un régionalisme anglo-normand, c’est notamment le cas de la façade du 10 rue de l’Égalité qui présente un pignon dont la ferme débordante à pans de bois évoque ce style. La maison du 17 rue Alexis-de-Halette présente un style beaucoup plus confus où se mêlent plusieurs références régionalistes : le toit à demi-croupe ainsi que l’imitation en béton des colombages de bois peuvent tout à la fois évoquer le style anglo-normand et néo-basque. D’autre part, la référence au style balnéaire est très nette avec l’évocation de la villa.

Quelques éléments Art déco ont été insérés sur cette façade : ils transparaissent à travers la frise de coquillages et de motifs circulaires ainsi que dans les motifs tubulaires de l’appui de baie de l’étage.

L’éclectisme fut également de mise au cours de la reconstruction ; il cristallise la confusion ambiante qui règne sur le monde architectural et de manière plus générale, dans les esprits de l’époque, tiraillés entre une volonté de renouveau et de conservation du cadre ancien. Il vient parfois prolonger la tendance architecturale du 19e siècle marqué par ce style. Trois maisons témoignent de cette tendance : la façade du 5 rue du 29 juillet est l’exemple le plus probant ; sa façade mélange des éléments de style Renaissance à la française à des motifs décoratifs modernes qui ornent les encadrements de porte et de baie. Relevant d’un éclectisme différent, le 18 boulevard Faidherbe présente des éléments relevant à la fois du registre classique avec son toit en brisis à la Mansard et sa partie en pavillon et le cintrage de ses baies au premier étage, tandis que de nombreux ornements de style Art-nouveau et Art-déco ornent le fronton de la porte d’entrée et l’allège de la baie du premier étage.

La façade du 1 place de la Madeleine associe pignon à volutes flamand, ordonnancement classique avec baies cintrées et ornements Art déco sur l’encadrement de la porte d’entrée.

Dans ce décor à dominante régionaliste, une maison, construite dans un style moderne, fait exception au 34 rue du Onze-Novembre ; elle associe l’ensemble des caractéristiques du modernisme : structure de béton revêtue d’un enduit blanc, façade épurée, caractère fonctionnel des différents espaces et toiture terrasse. L’Art déco est présent à travers les formes géométriques qui composent les ferronneries de la grille d’entrée et du balcon.

Ces maisons ont toutes été construites par des architectes agréés dans le département du Pas-de-Calais pour les travaux de reconstruction. Leur signature ne figure que sur 8% des maisons, le dépouillement des dossiers de la reconstruction arrageoise ayant permis de compléter les attributions des édifices. Toutefois, ces dossiers demeurent très incomplets, ils cernent davantage les édifices publics et les immeubles du centre-ville et laissent une grande partie des maisons (23) sans attribution.

Quelques grandes figures de la reconstruction arrageoise se distinguent néanmoins, notamment Paul Decaux, architecte des Monuments historiques, qui fut à l’origine d’une grande partie des édifices publics reconstruits. Il entreprit la reconstruction du 70 rue des Trois-Visages avec l’aide de son associé Edouard Crevel. Gérard Trassoudaine, qui réalisa la vaste demeure du 18 boulevard Faidherbe, s’illustra à Arras dans la construction de 3 immeubles Art déco particulièrement représentatifs du style. Les noms d’Honoré Pons, de Ludovic Roussel et de Jean Sourdeau reviennent également de manière récurrente sur le territoire arrageois. Est à noter la reconstruction de la maison du 10 rue de l’Égalité par son propriétaire, l’architecte Maurice Bétrémieux, agréé pour les travaux des sociétés coopératives de la reconstruction.

Quelques entrepreneurs se sont illustrés dans la reconstruction arrageoise de manière générale, tels Albert Deneuville, Oscar Vandecasteele et J. Varlet.

Les éléments sculptés du 10 rue de l’Égalité et du 8 boulevard de Strasbourg sont l’œuvre des sculpteurs locaux Paul Vaast et Yves de Coëtlogon.

Conclusion

Les maisons repérées sont des maisons « Art déco d’inspiration régionaliste », elles ne peuvent recevoir la qualification de maisons Art déco au sens strict du terme. La limite entre le régionalisme et l’Art déco est parfois floue pour cette catégorie d’édifices ; certaines maisons pourraient parfois être désignées sous l’appellation de « maisons régionalistes aux ornements Art déco », les deux styles demeurant étroitement associés dans le nord de la France au cours de la période de la Reconstruction. De même, sur d’autres façades de maisons, la frontière est parfois très mince entre classicisme et réinterprétation moderne des formes classiques, chère à l’Art déco.

Aires d'études Arras
Dénominations maison
Adresse Commune : Arras

Les maisons recensées ont été construites entre 1920 et 1936, période correspondant à la reconstruction de la ville après la Première Guerre mondiale. Les maisons situées en centre-ville, gravement atteintes par les bombardements, furent construites dans l'immédiat après-guerre, entre 1920 et 1926. Les maisons en périphérie ont davantage été édifiées dans les années 1930.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle , daté par source

La grande majorité des maisons sont mitoyennes, faites de béton et de brique et recouvertes d'ardoise dite ardoise d'Angers. Elles sont édifiées sur un étage avec étage de comble et se composent principalement de deux ou de trois travées. Pour un grand nombre de maisons, l'une de ces travées est en légère saillie et s'achève par un fronton-pignon. Sur les façades de ces maisons, l'Art déco prend la forme d'une profusion de décors floraux et géométriques (motifs circulaires majoritairement) qui ornent des façades à tendance régionaliste.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Pas-de-Calais. Série 10R9. Organismes temporaires de la Première Guerre Mondiale.

Bibliographie
  • VIGATO, Jean-Claude. Le Régionalisme. Paris : Editions de la Villette, 2008.

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