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Lycée Léo Lagrange à Bully les Mines

Dossier IA62002719 réalisé en 2014

Fiche

Destinations lycée
Dénominations lycée
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais
Adresse Commune : Bully-les-Mines
Adresse : 1 rue Victor Schoelcher
Cadastre : 2014 000 AT 01 182, 183, 185, 187
Précisions

Par délibération du 9 novembre 1998, la Région décide de la construction d'un nouveau lycée professionnel dans la commune de Bully Les Mines. L'ancien établissement, de type Pailleron, est en effet dans un tel état de délabrement qu'il n'est pas envisageable de le restaurer. Il sera légalement désaffecté en juin 2006 et détruit dans les mois suivants.

Le concours d'architecte, lancé en janvier 1999, s'achève en décembre 2000. Lors de la première phase du concours, 64 dossiers ont été déposés (44 venants d'architectes du Nord, 17 de Paris et 1 de Bruxelles). Cinq ont été retenus au regard de leurs expériences antérieures et de leur note d'intention pour participer à la seconde phase du concours, et ont donc produit note d'intention architecturale, plan masse, diagrammes fonctionnels, projets d'élévation, plans de répartition des fonctions pour tous les étages des bâtiment et maquette. Le jury était composé de 6 conseillers régionaux, d'un représentant du ministère de l'équipement, d'un représentant de la MIQCP et d'un architecte (pour ce qui est des voix délibératives), et à titre consultatif d'un représentant du Service Départemental de la concurrence et de la répression des fraudes. Les critères d'attribution, outre le rapport qualité / prix et les délais d'exécution, comprenaient le respect des programmes pédagogiques et techniques, l'expression architecturale des bâtiments et des espaces extérieurs, la fonctionnalité des bâtiments ou la qualité de construction.

Le programme concerne la construction de bâtiments neufs pour accueillir des fonctions d'accueil, d'enseignement (général, scientifique, artistique, sanitaire et social, tertiaires), de restauration, de vie lycéenne (animation éducative, CDI, maison des lycéens...) et des logements de fonction. La surface totale des bâtiments est de 8 000 m2, le budget prévisionnel de 71 millions de francs HT (soit environ 11 millions d'euros HT), pour une durée de chantier de 18 mois.

Le lauréat est un groupement dirigé par l'architecte lillois Louis - Pierre Bernard et comptant aussi un paysagiste, Philippe Thomas, un Bureau d’Études techniques et un économiste. Les arguments mis en avant par le jury sont, au delà du respect du programme, le bon dimensionnement de tous les espaces, l'intelligence de l'articulation fonctionnelle qui existe entre eux, la répartition adroite des fonctions dans les différentes parties des bâtiments, la pertinence des espaces de circulation et de détente, ainsi que la taille du parvis qui permet d'éloigner l'entrée du lycée des risques d'accident liés à la circulation automobile. Ont également été mis en avant l'originalité du plan en peigne qui avec ses patios permet une ouverture du lycée sur son environnement extérieur ainsi que de la "faille", la qualité architecturale du bâti, qui intégrait les normes HQE, et le choix des matériaux.

Pour information, parmi les quatre autres projets, deux proposaient également un plan en peigne, les différences se situant dans la localisation des différentes fonctions et l'organisation de la circulation entre les différents espaces, tandis que les deux autres proposaient un projet avec des bâtiments formant un carré organisés autour d'une cour centrale, plans que le jury a jugé trop "enfermants".

Le site d'implantation initialement choisi, au centre d'une cité minière sur le site des anciens grands bureaux des Houillères, est abandonné en novembre 2001 car sa proximité avec les deux usines de la zone de la Grande Paroisse à Mazingarbe classées "Seweso seuil haut" (fabrication de PVC, d'acide nitrique, de fertilisants et d'ammonitrates utilisés dans les explosifs) le rend inconstructible pour un ERP. En avril 2002, la Région décide de conserver l'équipe de maîtrise d’œuvre précédemment choisie, ainsi que son projet, tout en lui demandant de l'adapter à la nouvelle parcelle. L'architecte choisit de faire pivoter son projet à 180° successivement autour des deux axes nord - sud et est - ouest.

Les 13 lots de travaux (gros œuvre, maçonnerie, menuiseries, carrelages... et plantations !) sont attribués en septembre 2003 et les travaux commencent dès janvier 2004. Le lycée est inauguré le 15 septembre 2006. Son coût total est de 2,55 millions d'euros TTC.

Le lycée a été conçu pour pouvoir accueillir 1 300 élèves. A la rentrée 2014, il en comptait un peu moins de 1 000, répartis entre des baccalauréats professionnels et techniques dans les domaines du social et des services aux personnes, du commerce et de la vente, ainsi que des services administratifs, comptables et financiers des entreprises, et des baccalauréats d'enseignement général (série scientifique et économique et sociale).

Période(s) Principale : limite 20e siècle 21e siècle , daté par source
Dates 1999, daté par source
2006, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bernard Louis-Pierre,
Louis-Pierre Bernard

Études à l’École Saint Luc de Bruxelles.

Agence créée à Lille (Nord) en 1981.

En 2008, il a construit le Centre Universitaire d'Enseignement Professionnel Permanent (CUEPP) de Boulogne, boulevard du Bassin Napoléon, pour l'université du Littoral


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architecte, attribution par source

Le lycée Léo Lagrange, initialement prévu en ville, est construit en périphérie urbaine, entre des lotissements, des jardins et des champs, ainsi qu'un axe autoroutier. Il est installé sur une parcelle rectangulaire. Les bâtiments scolaires occupent les 2/3 de cette surface (le reste étant occupé par les logements de fonction et leurs jardinets) et l’extrémité de ces derniers vient prendre appui sur le périmètre ouest de la parcelle. Au sud, un gymnase construit par la commune qui ne faisait pas partie du projet initial est venu compléter les équipements.

Le lycée, qui s'inscrit dans un rectangle orienté nord - sud, s'organise en deux grands ensembles séparés par la cour de détente et précédés d'un grand parvis paysagé. Côté ouest de cette cour, se trouve un bâtiment à un niveau regroupant les fonctions communes : réfectoire (et cuisines), maison des lycéens, foyer, salles de travail individuelles et de réunion..., tandis que du côté est, l'architecte a regroupé sur 2 ou 3 niveaux tous les espaces d'enseignement et d'administration. Ces deux ensembles sont reliés par des galeries vitrées qui clôturent la cour, tout en la laissant visible depuis l'extérieur du lycée. La galerie au nord ne comprend qu'un niveau, tandis que celle au sud, à l'autre extrémité de la cour, forme un vaisseau. Ce dernier abrite d'une part l'escalier permettant de rejoindre le rez de chaussée du bâtiment ouest depuis le second étage du bâtiment est et relie directement les rez de chaussée des deux bâtiments.

L'ensemble ouest comprend 6 bâtiments organisés dans un plan en peigne. Les cinq dents du peigne, qui alternent avec des patios végétalisés, comptent chacune deux niveaux. Elles accueillent les salles de cours généralistes, les salles de travaux pratiques, les laboratoires de physiques et chimie... chaque dent étant consacrée à une des spécialités enseignées au lycée (médico-social et aide à la personne, vente et commerce, comptabilité - gestion, enseignement général) ainsi que l'administration et le CDI. Grâce à l'organisation des dents et des patios, aucune classe n'a de fenêtres donnant directement sur l'extérieur du lycée. La rue intérieure, à laquelle vient se rattacher chaque dent, est le vaisseau qui structure l'axe nord - sud du lycée. Elle abrite un hall d'accueil, permet la circulation et l'accès à toutes les fonctions du lycée. Elle constitue également un espace polyvalent qui peut se transformer un espace de réception. Au troisième niveau, la rue abrite des salles de classe généralistes ainsi que, à l'extrémité sud la salle de musique et celle d'art plastique à l'extrémité nord, en porte à faux par rapport au niveau inférieur.

Plusieurs éléments relient les différents étages de la rue entre eux et au reste du bâtiment : trois escaliers tournants à volées droites encagés, disposés à intervalles réguliers le long de la rue ; escalier droit monumental à double volée desservant le premier niveau de la rue et débouchant dans la galerie de circulation sud ; ascenseur encagé au nord de la rue doublé par un escalier en vis sans jour qui vient s'intercaler entre la cage de l’ascenseur et le mur de cage.

Le bâtiment ouest ne comprend qu'un seul niveau. Il est entièrement vitré pour la partie qui donne sur la cour. Un espace circulaire maçonné, qui abrite la maison des lycéens, est inséré dans la partie sud de ce vaisseau et en occupe toute la hauteur.

Sur le côté donnant sur la cour, les bâtiments est et ouest sont doublés d'un préau couvert.

Au centre de la cour de détente, adossé au bâtiment ouest, l'architecte a installé un amphithéâtre naturel, conçu pour accentuer "le caractère convivial de la cour" (note d'intention, dossier de concours, mars 2000).

Les murs des parties abritant les espaces de vie commune, ainsi que ceux de la partie nord du dernier niveau de la rue (salle d'art plastique), sont en panneaux de verre. Les dents abritant les salles de classe sont recouvertes de panneaux de terre cuite de couleur ocre reposant sur un soubassement voile de béton moulé (sauf pour la partie sur rue abritant les escaliers de secours qui est en béton nu). A l'extérieur de la rue, côté cour, une structure métallique ressemblant à une armature de préau prolonge le toit terrasse et court tout le long de la façade. Le métal se retrouve également dans les les fenêtres des dents qui sont équipées de brise - soleil en aluminium, ainsi que dans toutes les structures porteuses des parties vitrées. La cage extérieure de l'ascenseur est en béton armé, recouverte de panneaux de terre cuite. Le muret entourant le patio de l'administration, le mur extérieur ouest de la paroi nord de la rue donnant sur le parvis, ainsi que les soubassements des dents donnant sur la voirie, sont construits en brique posées en boutisse afin de rappeler le matériau utilisé pour les constructions vernaculaires.

Le jeu sur les matériaux est complété dans les espaces de circulation et de vie commune par l'utilisation de peintures de couleurs vives (rouge, vert, orange, violet...), y compris lorsque ceux-ci donnent sur l'extérieur (cage d’ascenseur peinte en rouge à l'extrémité nord du bâtiment est).

Tous les bâtiments sont couverts de toiture en terrasse, classique pour le bâtiment est et végétalisée pour celui ouest.

Les logements de fonction sont situés sur la partie ouest de la parcelle. Les maisons, jointives les unes aux autres, sont constituées d'emboitements décalés de formes géométriques simples (cubes et prismes triangulaires), percés de baies rectangulaires sur leurs angles. Les toits sont soit en terrasse (et dans ce cas ils sont recouverts de gravier blond), soit à un versant (et ils sont alors couverts en tuiles mécaniques). Tous les pavillons possèdent sur l'arrière de la parcelle un jardin clos par de la végétation, qui marque la séparation avec l'espace scolaire du lycée et offre une certaine intimité.

L'importance accordée aux couleurs vives, aux surfaces vitrées et aux jeux de transparence qu'elles induisent, l'attention portée au choix des matériaux et aux aménagements paysagers, ainsi que l'emboitement de volumes créant une architecture très sculpturale sont autant d’éléments représentatifs de l’architecture scolaire actuelle, tout comme le choix d'installer le lycée à l'extérieur de la ville, dans une zone pavillonnaire en développement.

Murs verre mur-rideau
aluminium
brique maçonnerie
fer
béton béton précontraint
terre plaquis
Plans plan régulier, ensemble concerté
Étages 2 étages carrés, 1 vaisseau
Couvertures terrasse
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Autres organes de circulations ascenseur
Jardins parterre en mosaïculture

Références documentaires

Documents d'archives
  • Marché de Maîtrise d’œuvre avec concours pour la construction du lycée Léo Lagrange à Bully les mines (contient le rapport d'analyse des offres)

    Archives du Conseil régional Nord-Pas de Calais : 385W241 à 385W242
  • Planches remises pour le concours par l'équipe lauréate (n° 1 à 6 ) et maquette - 2000

    Archives du Conseil régional Nord-Pas de Calais : 914W12 à 914W18
  • Note de présentation du lycée adressée au président de Région pour préparer son intervention lors de l'inauguration du lycée (contient une présentation des contenus pédagogiques, du nombre d'élèves...). Rédigée en septembre 2006

    Archives du Conseil régional Nord-Pas de Calais : 1237W82
  • Plans de détails définitifs réalisés par l'architecte en 2005

    Archives du Conseil régional Nord-Pas de Calais : 1759W27 à 1759W26
  • Règlement de concours, CCAP (cahier des clauses administratives particulières) et acte d'engagement signés par l'architecte - juillet 2001

    Archives du Conseil régional Nord-Pas de Calais : 734W51
Bibliographie
  • ALBERT - VANEL, Michel. Établissements scolaires : jouez la couleur !. Paris, Centre français de la couleur, 1983.

  • SCHLEIFER, Simone. Crèches, écoles et lycées : nouvelles tendances architecturales. Paris, LOFT, 2008.

(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - GIRARD Karine
Karine GIRARD , né(e) GIRARD (02 septembre 1967 - )
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