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Lanterne photogénique

Dossier IM59002848 réalisé en 2014

Fiche

Instrument de restitution d'images.

Constructeur : Maison DUBOSCQ

Fin XIXème siècle.

Dénominations instrument de restitution
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Tourcoing-Nord
Adresse Commune : Tourcoing
Adresse : 80 boulevard Gambetta

La lanterne porte, gravé sur caisse métallique : Mon Jules Duboscq - Paris. La facture conservée aux archives municipales de Tourcoing porte la date précise du paiement, en juin seulement 1888, pour un ensemble de matériel de projection, mais ne mentionne pas spécifiquement la lanterne de projection à lumière Drummond. En revanche, elle indique une lanterne photogénique (qui est une lanterne de projection) ainsi qu'une lampe oxhydrique, laquelle est nécessaire pour rendre incandescent le cylindre de chaux qui constitue la source lumineuse de la lanterne... et qui est la spécificité du système Drummond.

La lanterne est décrite et dessinée pages 10 et 11 du catalogue édité par la Maison Dubosc en 1885, et est vendue 250 francs. La comparaison avec l’appareil possédé par le lycée permet de confirmer qu'il s'agit bien d'une lanterne photogénique.

Le "Catalogue du matériel scientifique des lycées et collèges de garçons " de 1884, à la page 25, précise les contraintes techniques que doit remplir la lanterne : une "lanterne de projection munie d'un chalumeau Drummond et d'un système optique qui peut se fixer sur le porte lumière avec pied à crémaillère pour supporter la lanterne".

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Duboscq (Louis) Jules,
(Louis) Jules Duboscq (5 mars 1817 - 1886)

Jules Duboscq reprend en 1849 la maison fondée en 1819 par son beau-père, jean Baptiste Soleil, où il avait fait son apprentissage d'opticien. En 1883, il s'associe à Philippe Pellin, ingénieur civil, qui prendra la direction de l'entreprise à la mort de Duboscq en 1886. En 1900, il s'associe à son tour à son fils, Félix, qui dirigera l'entreprise entre 1923, à la mort de son père, et 1940.

L'entreprise est réputée et travaille avec de nombreux savants, dont Fresnel, Arago... Elle équipe aussi bien les universités, que les laboratoires de recherche ou les lycées. Elle est spécialisée dans les instruments d'optique (sources lumineuses, appareils de projection, photométrie, diffraction, réfraction, spectroscopie, colorimétrie...). Mécanicien très doué, on lui doit l'amélioration de nombreux instruments d'optique, mais également la construction de nouveaux appareils comme le régulateur électromagnétique de Léon Foucault, une lampe électrique à arc, un stéréoscope ou encore un saccharimètre. Officier de la légion d'Honneur depuis 1863, il fut promu chevalier en décembre 1885.

Une grande partie de son activité concerne la vente de matériel aux lycées. Ainsi, dans l'avant-propos du catalogue de l'entreprise de 1870, Jules Duboscq dit : « Tous mes efforts, depuis quelques années, ont eu pour but la construction d’instruments que je pourrais appeler populaires, car ils sont destinés à produire les expériences sur une grande échelle et devant un nombreux auditoire. Toute cette partie de l’optique expérimentale était à créer, car (...) les physiciens avaient abandonné la voie des expériences amusantes, comme étant contraire à la dignité de la science et au but que l’on se propose en l’expliquant aux élèves». La dernière page de l'introduction du catalogue de 1885, quant à elle, indique que la maison fournit "tous les appareils qui composent un cabinet de physique. Un catalogue spécial peut être envoyé sur demande (...). Il ne sera fait aucune diminution sur les prix du catalogue. Les frais d'emballage et d'envoi sont à la charge du destinataire, ainsi que les risques de route". Dans ce même catalogue, Duboscq ajoute, à propos des instruments d'optique : "J'ai fait de la construction de ces appareils une spécialité de ma maison (...). Cette spécialisation, en concentrant sur un point particulier toute l'activité de l'intelligence et toute l'habilité de la main, permet d'apporter dans la construction des appareils les dispositions les plus favorables."

Les signatures sur les appareils sont les suivantes :

- Soleil Père : 1819 - 1849

- Duboscq et Soleil : 1849 - 1878

- J. et A. Duboscq : 1879 - 1880

- J. Duboscq : 1880 - 1883

- J. Duboscq et Ph. Pellin : 1883 - 1886

- Ph. Pellin : 1886 - 1900

- Maison Jules Duboscq Ph. et F. Pellin : 1900 - 1911


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fabricant

La Lanterne photogénique de Jules Duboscq permettait de faire différentes expériences sur les phénomènes lumineux, et de projeter des documents et des vues microscopiques. La boite de la lanterne est en cuivre noirci. Elle est percée sur deux faces : sur une face latérale une petite porte en cuivre permet d'accéder à l'intérieur de la lanterne, la face frontale porte le cône de projection. "Pour que cette boîte ferme hermétiquement, de petits volets mus par des crémaillères viennent fermer le dessus et le dessous de la boîte en même temps qu’on en ferme la porte, de sorte que les coupures faites à l’instrument, pour qu’on puisse y introduire le régulateur, se trouvent bouchées" (Source : L’éclairage électrique par le comte Théodore Du MONCEL – Librairie Hachette et Cie Paris 1880). Elle est sommée d'une cheminée qui permet l'évacuation de la chaleur produite par la combustion de la chaux. L'ensemble est monté sur 4 colonnes en cuivre. Des vis micrométriques placées sur le dessus et le côté de la boite permettent de center le point lumineux dans le plan vertical et de lever ou incliner la lanterne. Le socle est en acajou. On voit au milieu un vide, qui correspond à l'emplacement prévu pour la lampe oxhydrique. Celle-ci peut être remplacée par un arc électrique. Duboscq travaille à la conception des appareils de projection ainsi qu'à leur éclairage car, dit-il "on ne peut projeter les images des phénomènes ou des objets, en les agrandissant, qu'avec le concours d'une vive lumière. Or le soleil se montre trop rarement dans nos contrées pour qu'on puisse compter sur sa lumière à jour fixe".

La notice n°36 du catalogue de la maison Duboscq édité en 1885 (reprise à l'identique dans la catalogue de 1889) précise que "la lanterne photogénique est munie d'un système de lentilles éclairantes avec lesquelles on rend à volonté les rayons divergents, parallèles ou convergents. Elle est destinée à contenir des sources de diverses lumières [dont la lumière Drummond]. Dans l'intérieur de la lanterne, un miroir argenté fait converger au point lumineux lui-même les rayons émis en arrière de la source lumineuse, ce qui augmente considérablement l'intensité de la lumière. Le socle de l'appareil est muni de deux boutons, l'un pour centrer la source lumineuse, l'autre pour lever ou incliner la lanterne. La lanterne en cuivre à 4 colonnes en usage dans tous les établissements d'instruction (...) a obtenu la grande médaille du conseil à l'Exposition de Londres de 1851. C'est l'appareil classique que nous fournissons aux lycées."

Catégories enseignement
Matériaux cuivre
acajou
Mesures h : 83.0 cm
l : 28.5 cm
la : 27.0 cm
Précision dimensions

Les dimensions de la "boite" sont : largeur : 24 cm, longueur : 17 cm, profondeur : 23 cm. Celles de la cheminées sont : hauteur : 32 cm, diamètre : 13 cm.

Iconographies
Inscriptions & marques
États conservations

Références documentaires

Documents d'archives
  • Maison Jules Duboscq. Historique et catalogue de tous les instruments d'optique supérieure appliqués aux sciences et à l'industrie, avec 5 planches et 17 figures intercalées dans le texte. Le Mans : Typographie Edmond Monnoyer : 1885. Version numérique disponible sur le site du Cnum - Conservatoire numérique des Arts et Métiers - http://cnum.cnam.fr

    Conservatoire National des Arts et Métiers - Paris : CNAM-MUSEE IS0.4-DUB
Bibliographie
  • Ganot, Adolphe. Traité élémentaire de physique expérimentale et appliquée et de météorologie ; suivi d'un recueil de 103 problèmes avec solutions et illustré de 103 belles gravures. A l'usage des établissements d'instruction, des aspirants aux grades des facultés. 13ème édition augmentée. Paris, 1868

    Bibliothèque Nationale de France - Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k20
(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - GIRARD Karine
Karine GIRARD , né(e) GIRARD (02 septembre 1967 - )
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