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hospice Saint-Jean-Baptiste dit Gantois

Dossier IA59000346 réalisé en 1994

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Appellations hospice Gantois
Dénominations hospice
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Sud-Est
Adresse Commune : Lille
Lieu-dit : Saint-Sauveur
Adresse : 224 rue de Paris
Cadastre : 1981 HT 232

L'hospice fut fondé en 1462 par Jean de Lecambe (ou Delcambe) dit Gantois, riche commerçant et magistrat lillois. Par son testament daté du 22 novembre 1466, il conforta cette fondation par un acte authentique et lui donna le règlement de son organisation intérieure. Ce fut très probablement dès cette époque que fut bâtie la grande salle des malades qui servit de réfectoire à la suite des agrandissements importants entrepris à partir de la seconde moitié du 17e siècle. Cet hospice accueillait hommes et femmes âgés indigents, ainsi que des invalides, et était desservi par des sœurs augustines. Les pensionnaires étaient vraisemblablement logés à l'origine dans la grande salle des malades, dont la haute toiture était surmontée d'un clocher, qui disparut en 1557. L'entrée principale primitive était située rue Malpart à côté du bâtiment Saint-François. L'édifice fut considérablement agrandi aux 17e et 18e siècles : adjonction d'une chapelle dans le prolongement de la salle des malades, construction de maisons en front de rue destinées à être louées pour apporter un complément de revenu à l'institution (dates portées : 1651 et 1664), ainsi que d'un bâtiment pour abriter la communauté des religieuses. Après ces divers agrandissements, les divers corps de bâtiments composant l'édifice se distribuaient, comme encore aujourd'hui, autour de quatre cours intérieures dont la cour d'honneur au nord de la salle des malades, la cour dite de la Glycine dite aussi cour des sœurs sur l'arrière de la cour d'honneur, et la cour de service au sud de la salle des malades. La cour d'honneur est bordée de bâtiments dont l'un porte à la fois la date de 1664 et celle de 1729, lesquelles correspondraient à la construction respectivement du rez-de-chaussée et du premier étage.

Au 19e siècle l'établissement fut encore l'objet de quelques travaux, avec notamment aménagement de nouveaux dortoirs. Les sœurs desservantes qui avaient été contraintes de quitter l'établissement sous la Révolution, y revinrent en 1815 et furent présentes jusqu'en 1975. L'établissement cessa définitivement son activité hospitalière en 1995 et fut cédé par bail emphytéotique à une chaine hôtelière qui l'aménagea en un hôtel de luxe, baptisé Hermitage Gantois, qui ouvrit ses portes en 2003. Ces importants travaux furent mis à profit pour rétablir certaines dispositions originelles de la façade sur rue et, à cette occasion, on fit disparaître les ouvertures percées après coup dans cette façade : furent alors obturées les six ouvertures rectangulaires qui ajouraient la partie inférieure du mur-pignon de la grande salle des malades tandis que la fenêtre axiale en arc brisée se voyait concomitamment prolongée vers le bas pour retrouver l'ampleur de son envergure primitive. Afin de ménager un vaste salon d'accueil, la cour de service a été entièrement couverte d'une verrière.

Période(s) Principale : 3e quart 15e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Dates 1651, porte la date, daté par source
1664, porte la date
1729, porte la date

Le soubassement des murs ainsi que l'encadrement des portes sont en grès. L'encadrement des baies des façades sur rue et sur cour ainsi que la totalité des murs de façade et des murs gouttereaux de l'ancienne salle des malades sont en pierre de taille calcaire. Tout le reste du parement des murs est en brique. L'ancienne salle des malades, ensuite convertie en réfectoire, est couverte d'un berceau lambrissé ; ses murs sont ornés d'une suite de niches surmontées d'un gable (10) et, dans ces murs, sont aménagées des armoires murales (17) destinées à l'usage des pensionnaires, lesquelles sont revêtues de carreaux en faïence. La chapelle est couverte d'une fausse voûte en anse de panier et un chemin de croix est peint sur ses parois. La communauté religieuse logeait au premier étage : les sœurs étaient réparties dans des cellules et elles disposaient d'un oratoire ouvrant sur la chapelle. Le réfectoire des sœurs présente des parois recouvertes d'un lambris de revêtement avec une suite de toiles peintes insérées à la partie supérieure de ce lambris. La salle dite dortoir Saint-François est couverte de voûtes d'ogives renforcées par des tirants métalliques. Dans le bureau de la supérieure, la cheminée est revêtue de carreaux de faïence.

Murs calcaire
brique
Toit ardoise
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble, 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
voûte d'ogives
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon découvert

Escaliers
escalier en vis
Techniques sculpture
menuiserie
peinture
Statut de la propriété propriété publique
Protections 1923/08/08 classé M.H., 1923/08/08
1967/07/31 classé M.H., 1967/07/31
Précisions sur la protection

228, 230, 232 rue de Paris, maisons de louage façades et toitures

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Lille, copie réalisée au 19e siècle du plan au sol de Lille en 1745, 18e feuille, plan aquarellé.

  • Centre hospitalier régional universitaire, direction des services techniques, Lille : plan de distribution générale du 1er étage, avec légende, 1898.

  • Centre hospitalier régional universitaire, direction des services techniques, Lille : coupe longitudinale générale passant par la cour d'honneur et prenant en enfilade le bâtiment bordant le côté nord de la cour dite de la Glycine, dessin à l'encre sur papier, non daté.

    Centre hospitalier régional universitaire, direction des services techniques, Lille
Documents figurés
  • Projet non réalisé de construction d'une infirmerie sur une partie des jardins, élévation antérieure de cette infirmerie, dessin aquarellé, anonyme, sans date, fin du 19e siècle.

Bibliographie
  • PARENT, Paul. L'architecture civile à Lille au 17e siècle. Lille : éditions Raoust, 1925.

    Page 148
  • BEAUCAMP, Fernand, BOUCHERY, Omer. Au pays des maisons-Dieu. Lille : Émile Raoust, 1928. 44 p.

  • SAINT-LEGER, Alexandre de. Histoire de Lille des origines à 1789. Lille : éditions Raoust, 1942.

  • ROGIER, Nicole. L'hospice Gantois. Mémoire de maîtrise d'histoire, Lille III, 1959.

  • SAINT-JEAN, Béatrice de. L'hôpital Gantois de 1462 à 1730. Mémoire de maîtrise d'histoire, Lille III, 1984.

  • REMUHS, F. L'hospice Gantois de Lille au 19e siècle. Aspect de l'organisation de la commission administrative des hospices et de la vie des personnes âgées de l'établissement. Thèse pour le doctorat en médecine, Lille, 1986.

Périodiques
  • DUTHIE, J. "L'hospice Gantois". In : Grand Hebdomadaire illustré du nord de la France, 1920.

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