Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Hospice et orphelinat, dit hospice Barbieux, actuellement maison de retraite et hôpital de convalescents dits centre médical Barbieux

Dossier IA59000354 réalisé en 1997

Fiche

Appellations Hospice Barbieux, centre médical Barbieux
Destinations centre de convalescents
Parties constituantes non étudiées maison de retraite, conciergerie, jardin potager, infirmerie, logement
Dénominations hospice, orphelinat
Aire d'étude et canton Roubaix - Roubaix-Centre
Adresse Commune : Roubaix
Adresse : 35 rue de Barbieux
Cadastre : 1993 FP 2

Un terrain de 32000 m² fut acquis par les hospices civils de Roubaix en 1868 dans l'intention de bâtir un hospice dont le projet de construction fut très probablement repoussé en raison d'une conjoncture défavorable liée à la guerre de 1870-1871. Selon un premier avant-projet, non daté et non signé, remontant sans doute à cette époque, avait été prévu la construction d'un édifice dont les bâtiments des pensionnaires auraient été disposés en double peigne de part et d'autre d'une succession de quatre cours, comme cela était alors préconisé dans un hôpital de malades. A la suite d'un concours lancé le 23 janvier 1880 dans la Gazette des architectes et du bâtiment, les architectes Émile et Louis Barbotin, père et fils, en furent les lauréats. Suivant leur projet initial connu par deux gravures publiées en 1895 dans une revue d'architecture, quoique la disposition en peigne eût été en définitive abandonnée, les bâtiments des pensionnaires étaient toujours distribués autour de quatre cours disposées en enfilade avec une vaste chapelle dressée dans l'axe, au fond de la cour d'honneur comme dans l'avant-projet précédent non signé.

Dans le projet définitivement adopté, Émile et Louis Barbotin disposèrent les bâtiments autour d'une seule très vaste cour d'honneur dont la perspective était close sur l'arrière par l'aile des cuisines avec, de part et d'autre, une succession de trois pavillons distincts, mais reliés entre eux par une galerie en simple rez-de-chaussée : pavillons respectifs des vieillards indigents, de l'infirmerie et des orphelins à droite ; pavillons respectifs des vieilles femmes indigentes, de l'infirmerie et des orphelines à gauche. Chacun des dortoirs renfermait 34 lits. L'hospice avait été prévu pour offrir une capacité de 600 lits. La pose de la 1ère pierre eut lieu le 29 mars 1890, et les travaux furent achevés en 1894 en tenant compte des aménagements urbanistiques prescrits par la commission départementale des bâtiments civils : élargissement de la rue de Barbieux avec pan coupé sur le bâtiment sis à l'angle du boulevard de Douai. Les grilles en fer forgé qui relient les arcades de la galerie fermant la cour d"honneur sur l'avant, furent exécutées en 1902 d'après un dessin de Louis Barbotin. Les orphelins quittèrent les lieux en 1906 et ce en exécution de la loi du 27 juin 1904 sur le service des enfants assistés qui prescrivait de distinguer désormais lieu d'accueil des enfants de celui des vieillards, infirmes et incurables, qui se trouvaient jusqu'alors généralement confondus dans le même hospice. Une chapelle provisoire établie dans l'aile gauche au rez-de-chaussée, fut agrandie en 1906 par Jules Derégnaucourt qui par ailleurs aménagea, entre 1905 et 1907, les combles des galeries bordant la cour d'honneur pour y établir de nouveaux dortoirs.

A partir du début des années 1950, l'architecte Pierre Neveux entreprit les plus importants travaux de transformation réalisés à l'intérieur de l'établissement au cours de son histoire : Il suréleva de deux niveaux le corps de bâtiment bas reliant les trois pavillons de chacune des ailes principales, adoptant pour la construction neuve un parti d'élévation fort similaire au parti primitif, mais comportant moins de fioritures en céramique émaillée. Il unifiait ainsi chacun des ensembles discontinus de bâtiments flanquant la cour d'honneur en faisant disparaître leur aspect pavillonnaire primitif. Dans le même temps, il aménagea le comble de ces bâtiments, formant désormais une ligne continue, de manière à le rendre habitable. Par ces divers agrandissements, la capacité d'accueil de l'hospice passa de 600 à 800 lits. Par ailleurs, il divisa les grands dortoirs en chambres de quelques lits pour offrir davantage de confort et d'intimité aux pensionnaires. Les cuisines furent l'objet d'une rénovation en 1962 après avoir été transférées sur un autre emplacement. En 1980, fut mise en œuvre la construction, sur l'arrière du terrain d'assiette, à l'emplacement de l'ancien jardin potager, d'un nouvel hôpital baptisé Victor-Provo qui appartenait au type Fontenoy dans sa variante de plan en X et non en H. La mise au point de ces hôpitaux types (Beaune, puis Fontenoy, enfin Duquesne) à la fin des années 1960 procédait de la volonté du ministère de la Santé de promouvoir un mode de construction semi-industrialisée de manière à réduire les coûts ainsi que les délais d'exécution des travaux. Le personnel religieux desservant l'établissement était formé par des sœurs de l'Enfant-Jésus qui étaient logées au-dessus de la chapelle ; les religieuses étaient au nombre de 15 en 1911, de 32 en 1970 ; elles quittèrent l'établissement en 1983.

Le pavillon des Vieux Ménages (rebaptisé Clos-Fleuri) fut bâti par l'architecte Albert Bouvy entre 1907 et 1908 dans le prolongement de l'aile des cuisines de l'hospice Barbieux, pour 50 couples retraités. La fondation Lagache (abri des vieux jours) résultait du legs de Julien Lagache en date du 20 juin 1879, destiné originellement à l'hospitalisation des incurables ; après l'approbation, en février 1924, du projet de Paul Destombes-Prévost, les bâtiments furent édifiés avec la participation financière du Pari Mutuel pour l'hébergement, non d'incurables, mais de petits épargnants retraités vivant en couple ; ces bâtiments furent implantés le long de la rue de Barbieux dans le prolongement de la façade de l'hospice.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1890, porte la date
1894, daté par source
Auteur(s) Auteur : Barbotin Emile, architecte, attribution par source
Auteur : Barbotin Louis-Joseph, architecte, attribution par source
Auteur : Bouvy Albert, architecte, attribution par source
Auteur : Destombes-Prévost Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Neveux Pierre, architecte, attribution par source
Auteur : Derégnaucourt Jules, architecte, attribution par source

Le porche d'entrée est voûté d'ogives et couvert d'une toiture en forme de dôme carré ; ce porche constitue la travée centrale d'une galerie à arcades qui ferme la cour d'honneur sur l'avant. Cette galerie est voûtée de coupoles en pendentifs construites en briques émaillées polychromes. Depuis les agrandissements effectués dans les années 1950 qui ont consisté à réunir entre eux les pavillons des pensionnaires jusqu'alors indépendants, l'édifice se présente sous l'aspect de deux longs corps de bâtiment continu élevé de deux étages, plus en étage de comble, flanquant la cour d'honneur laquelle est fermée sur l'arrière par l'ancienne aile des cuisines élevée d'un seul niveau. Cette cour d'honneur est bordée sur tout son pourtour par une galerie de circulation en rez-de-chaussée, s'ouvrant par des baies en plein cintre sur l'extérieur.

Le corps de logis abritant les Vieux Ménages, de plan rectiligne et élevé de deux étages, est flanqué de pavillons élevés de trois étages, coiffés d'une toiture en pavillon. Chacun des niveaux est distribué par un couloir central et l'accès aux étages se fait à la fois par un grand escalier et par un escalier de service placés respectivement aux deux extrémités du bâtiment.

Le corps de logis constituant la maison de retraite dite fondation Lagache se présente sous forme d'un bâtiment de plan en T renversé, élevé de trois étages sur rez-de-chaussée surélevé. A chaque étage, un couloir central dessert les chambres distribuées de part et d'autre de ce couloir ainsi que le salon, les locaux sanitaires, les réfectoires et les salles de réunion. Les cuisines sont situées au sous-sol.

Murs brique
pierre
béton armé
Toit ardoise, tuile
Plans plan rectangulaire symétrique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît
Couvrements voûte d'ogives, en brique
coupole en pendentifs, en brique
Couvertures toit à longs pans
dôme carré
toit en pavillon
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente, suspendu
Typologies galeries de circulation
États conservations remanié
Techniques vitrail
Représentations Vierge à l'Enfant
Précision représentations

Notre-Dame du Sacré-Coeur tenant l'Enfant Jésus et le globe

Aile des cuisines ayant reçu une adjonction sur sa face donnant sur le cour d'honneur, suélévation de deux niveaux des ailes en rez-de-chaussée reliant les anciens pavillons.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
Éléments remarquables sacristie
Protections inscrit MH, 1998/08/12

Références documentaires

Bibliographie
  • BOITEL (Frédéric), ESCHERICH (Didier). Le centre médical Barbieux, 100 ans de travaux 1894 – 1994.- [Roubaix] : centre hospitalier de Roubaix – école d’architecture de Lille, [1994]. Non paginé [74 p.] : ill. Numéro spécial de Expression, revue du centre hospitalier de Roubaix.

Périodiques
  • L'Architecture et la construction dans le Nord, année 1895, planche III : élévation de la façade principale sur la rue de Barbieux dans le premier projet de l'architecte Louis Barbotin. Dessin reproduit en héliotypie.

  • L'Architecture et la construction dans le Nord, année 1895, planche II : plan de distribution générale du rez-de-chaussée selon le projet initial de l'architecte Louis Barbotin. Dessin reproduit en héliotypie.

  • LEPOUTRE, Xavier. Hospice de Barbieux. In : "Cinq siècles et demi d'histoire hospitalière roubaisienne... de l'hospice du Saint-Sépulcre à la résidence Isabeau de Roubaix (1463 à 2003)", Expressions, septembre 2004, numéro spécial Journées du patrimoine, pages 13-16.

  • LEPOUTRE, Xavier. « Histoire des établissements hospitaliers roubaisiens ». In : Bulletin de la société d’émulation de Roubaix, N°38 (septembre 2002), pages 1-24.

(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - Laget Pierre-Louis