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hospice d'incurables, puis hôpital de convalescents, actuellement hôpital psychiatrique dit centre de soins et d'hygiène mentale Ulysse-Trélat

Dossier IA59000344 réalisé en 1994

Fiche

Appellations hôpital-hospice suburbain, centre de soins et d'hygiène mentale Ulysse-Trélat
Destinations hôpital de convalescents, hôpital psychiatrique
Dénominations hospice
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Ouest
Adresse Commune : Saint-André-lez-Lille
Adresse : 76 rue de Lambersart
Cadastre : 1990 A3 243, 299 1990 A3 243, 299

La construction d'un hospice destiné à l'accueil des malades dits "incurables" fut projeté par l'administration des hospices civils de Lille en vertu des clauses du testament de madame Delorme-Deron qui avait légué en 1890 l'ensemble de sa fortune, évaluée à environ 500 000 francs, en exprimant sa volonté que pareille destination fût attribuée à sa future fondation. Un premier avant-projet fut soumis à la préfecture du Nord par la commission des hospices en août 1897 : selon ce projet, l'hospice devait être implanté sur un terrain de six hectares situé sur la commune de Ronchin, comprendre quatre pavillons de malades et être doté d'une capacité d'accueil de 400 lits. Puis, en août 1898, la commission des hospices adressa une second avant-projet beaucoup plus ambitieux d'un hospice de 500 lits, comprenant dix pavillons de malades, devant être établi sur une terrain d'un peu plus de huit hectares situé cette fois sur la commune de Saint-André-lez-Lille, et dont les plans furent dressés par l'architecte Alphonse Dubuisson. Compte tenu que le devis grimpait de ce fait de 1 120 000 francs à 3 000 000 de francs, la municipalité de Lille contesta le bien fondé de ce surcroît de dépense et contraignit la commission des hospices à revoir fortement à la baisse son projet, suggérant notamment la suppression des locaux destinés à loger la communauté des religieuses, de la chapelle monumentale ainsi que de deux pavillons de malades sur les dix projetés. Une fois que le devis fut réduit grâce, à ses suppressions, à un montant de 1 500 000 francs, la municipalité de Lille, le Pari mutuel et la préfecture du département du Nord accordèrent, chacun de leur côté, une subvention à la commission des hospices pour compléter le montant du legs initial. Les travaux de construction furent alors entrepris sous la conduite du même architecte Alphonse Dubuisson sur le site de Saint-André-lez-Lille qui avait été maintenu. On procéda à l'adjudication des travaux le 23 avril 1902, et l'hospice accueillit en 1907 ses premiers pensionnaires. Dans le montage de l'opération immobilière, il avait été prévu, dès l'origine, d'inclure dans le projet d'hospice la construction d'une buanderie centrale devant desservir tous les établissements hospitaliers dépendant des hospices civils de Lille. Dès 1907, on ajouta à l'ensemble déjà achevé un petit bâtiment afin d'y abriter la boucherie devant approvisionner en viande l'établissement. En 1909 il fut décidé d'établir sur le terrain d'assiette un pavillon d'isolement pour les nouveaux entrants désigné sous le nom de lazaret, et ce pavillon fut construit entre 1910 et 1912 sur les plans de l'architecte Charles Lemaire, directeur des travaux des hospices civils. L'établissement se mua en 1922 en hôpital pour convalescents et fut alors rebaptisé "hôpital-hospice suburbain".

En 1958, l'édifice fut vendu au conseil général du département du Nord pour y aménager un hôpital psychiatrique après qu'un projet d'affectation en caserne eut été dénoncé par les héritiers de la fondatrice et, de ce fait, abandonné. En 1965 commença l'accueil effectif de malades mentaux, après quelques travaux de modernisation, et on rebaptisa une nouvelle fois l'établissement sous l'appellation de "Centre de soins et d'hygiène mentale Ulysse-Trélat". Ce fut après cette cession, sans doute à la fin de ces années 1960 ou au début des années 1970 que quatre nouveaux bâtiments d'hospitalisation furent ajoutés sur les flancs du quadrilatère formé par les anciens pavillons, avec deux bâtiments de chaque côté de ce quadrilatère. En 1973, le département du Nord se dessaisit de la propriété de l'édifice au profit du centre hospitalier régional sans pour autant que cette cession interférât avec son affectation à des services de psychiatrie qui poursuivirent donc leur activité. Le 1er janvier 1998, le centre de soins Ulysse-Trélat fusionna avec le centre hospitalier spécialisé de Lommelet, sis à proximité, pour devenir l’établissement public de santé mentale (E.P.S.M.) de l’agglomération lilloise. Puis, en 2007, toutes les activités de soin cessèrent et les derniers patients furent transférés au centre hospitalier spécialisé de Lommelet, ce qui amena la fermeture définitive de l'établissement.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1902, daté par source
1907, daté par source
Auteur(s) Auteur : Dubuisson Alphonse, architecte, attribution par source
Auteur : Lemaire Charles,
Charles Lemaire

Charles Lemaire était directeur des travaux des hospices civils de la ville de Lille.


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architecte, attribution par source

Huit pavillons d'hospitalisation sont répartis selon une disposition en double peigne autour d'une cour d'honneur fermée sur l'avant par les deux pavillons de l'administration encadrant le vestibule, sur l'arrière par le bâtiment des services généraux abritant les bains, la cuisine et le réfectoire. Une galerie de circulation relie entre eux pavillons de l'administration et pavillons d'hospitalisation au niveau de leur rez-de-chaussée, ainsi que cet ensemble de pavillons au grand bâtiment des services généraux occupant tout le fond de la cour d'honneur. Chaque pavillon s'élève de deux niveaux, sur une hauteur de 10 mètres : rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'un sous-sol semi-enterré et un étage carré. La toiture déborde d'un mètre sur les murs gouttereaux et ce large débord est porté par des corbeaux de bois. La charpente est métallique. Le gros œuvre est en brique rouge avec emploi ponctuel de pierre de taille - chambranle des ouvertures, angles des murs gouttereaux et des murs-pignons - pour apporter une touche de polychromie. Un décor de briques émaillées de deux couleurs différentes agrémente les arcs de couvrement des baies. Le vestibule d'entrée est couvert d'une voute en berceau lambrissée portée par des arcs métalliques rigidifiés par des croisillons. Les salles du premier étage étaient couvertes par une fausse voûte en anse de panier. Les sous-sols sont couverts d'un plafond constitué d'entrevous en brique reposant sur des poutrelles en fer.

Murs brique
calcaire pierre de taille

Toit tuile flamande mécanique
Plans plan symétrique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvrements lambris de couvrement
fausse voûte en anse-de-panier
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente, suspendu

Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal, Cet hospice était la propriété de la commission des hospices civils de Lille, avant d'être cédé au département du Nord en 1958.
Éléments remarquables cuisine, vestibule

Références documentaires

Documents d'archives
  • Avant-projet d'hospice prévoyant la construction d'un établissement comportant 10 pavillons d'hospitalisation flanquant la cour d'honneur, vers décembre 1897.

    Archives départementales du Nord, Lille : Xα 7237
  • Projet de construction d'une buanderie centrale destinée à desservir tous les hôpitaux dépendant des hospices civils de Lille, par l'architecte Alphonse Dubuisson, 1902-1903.

    Archives départementales du Nord, Lille : Xα 7237
  • Projet de construction d'un bâtiment destiné à abriter la boucherie par l'architecte Charles Lemaire, plan, coupes et élévation, 29 juillet 1907.

    Archives départementales du Nord, Lille : 96 J 931
  • Projet de construction d'un pavillon d'observation pour les entrants, non daté (vers 1909) : coupe transversale sur chacune des deux ailes montrant l'élévation de celle disposée en retour d'équerre.

    Archives départementales du Nord, Lille : 50 Fi 2730, plan N°2
  • Projet de construction d'un pavillon d'observation pour les entrants dit encore lazaret, plan de distribution du rez-de-chaussée et du 1er étage par l'architecte Charles Lemaire, 7 juillet 1909.

    Archives départementales du Nord, Lille : 96 J 926/1
  • Projet d'aménagement d'une clinique psychiatrique au sein de l'établissement : plan de distribution générale du sous-sol, du rez-de-chaussée et du 1er étage, avril 1946.

    Archives départementales du Nord, Lille : 50 Fi 2769
Périodiques
  • "Ville de Lille. Hospice d'incurables". In : L'Architecture et la construction dans le Nord, 17e année (1907), N°8 (août), pp. 97-103.

  • "Hospice d'incurables à Saint-André-lès-Lille". In : L'Architecture, 1907, N°27 (juillet), pp. 220-222.

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