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Hôpital Sainte-Eugénie, puis Hôpital de la Charité, actuellement Lycée Montebello

Dossier IA59000339 réalisé en 1994

Fiche

Appellations Hôpital Sainte-Eugénie, Hôpital de la Charité
Destinations lycée
Parties constituantes non étudiées chapelle, cour, jardin, pharmacie, cheminée d'usine, morgue, bâtiment conventuel, buanderie
Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Lille - Lille-Sud-Ouest
Adresse Commune : Lille
Adresse : 196 boulevard Montebello
Cadastre : 1993 MV 110

En 1860 Auguste Mourcou, architecte départemental, dressa un premier avant-projet d'hôpital de plan pavillonnaire en double peigne et à disposition partiellement rayonnante puis, à la fin de la même année, en dressa un second de plan également en double peigne, mais disposé strictement en quadrilatère. On lui substitua finalement en janvier 1866 un plan où, tout en conservant la disposition en quadrilatère, on alignait les bâtiments de malades sur les deux flancs de la cour d'honneur non plus perpendiculairement, mais parallèlement à son grand axe. L'édifice fut bâti au sud-ouest de la ville sur un terrain d'une superficie de 39400 m², sous la direction d'Auguste Mourcou, et destiné à recevoir 400 malades indigents avec, en plus, 40 malades reçus en chambres payantes dans un ensemble de bâtiments annexes, dite maison de santé, ayant son entrée propre. La première pierre fut posée le 15 août 1866 et le gros œuvre était quasiment achevé en 1873 ; toutefois le manque de ressources pécuniaires ne permit pas de pourvoir dans l'immédiat aux aménagements intérieurs et à l'achat des équipements indispensables au fonctionnement de l'hôpital. Par un accord passé avec les promoteurs de la Faculté de médecine de l'Université catholique fondée en 1876, ceux-ci s'engageaient à pourvoir en partie au financement de ces travaux d'aménagement avec, comme contrepartie, l'affectation de l'ensemble de l'aile droite du vaste quadrilatère délimitant la cour d'honneur à l'enseignement clinique de cette Faculté libre de médecine. Cette aile droite entra en fonction, dès l'année suivante, comme hôpital clinique de la Faculté de médecine catholique ; on lui réunit alors la fondation hôpital Saint-Roch de Wazemmes qui disparut de ce fait. L'aile gauche fut ouverte en 1879 et affectée à la Faculté de médecine d’État qui venait de se substituer à l'école secondaire de médecine dont la création remontait à 1805. A partir de 1880, l'appellation hôpital de la Charité fut substituée à celle d'hôpital Sainte-Eugénie qui avait été choisie au départ en l'honneur de l'impératrice Eugénie. L'établissement était desservi à la fois par un personnel laïc et par un personnel religieux (sœurs Augustines). Les pavillons de contagieux, prévus dès l'origine, mais qui avaient vu leur réalisation différée, furent édifiés en 1893 sur un terrain voisin qui devint attenant lorsque l'on supprima la rue des Grimarets pour agrandir le terrain d'assiette de l'hôpital. On ajouta enfin, quelques années plus tard, un pavillon pour accueillir les tuberculeux. La maison de santé, destinée initialement aux malades payant leur séjour, fut transformée ultérieurement en une maternité qui fut baptisée pavillon Victor-Olivier en 1970. L'établissement fonctionna comme hôpital jusqu'en 1991. A partir de là, il fut désaffecté et réhabilité pour y installer un lycée, sous l’appellation de lycée Montebello, et ces travaux furent réalisés sous la direction de l'architecte Wladimir Mitrofanoff. Cette réhabilitation entraîna des remaniements assez importants : reconstruction du corps de bâtiment placé au centre de l'aile gauche du quadrilatère délimitant la cour d'honneur pour en faire l'entrée principale du futur lycée ; suppression du pignon de façade et de la grande toiture à deux versants de la chapelle, remplacée par un toit plat, accompagnée d'une subdivision du vaisseau de cette chapelle par des planchers en vue d'y installer le centre de documentation ; enfin surélévation des galeries de circulation reliant entre eux les bâtiments.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1866, porte la date
1893, daté par source
Auteur(s) Auteur : Mourcou Auguste, architecte départemental, signature
Auteur : Huidiez Félix, sculpteur, signature
Auteur : Mitrofanof Wladimir, architecte, signature
Auteur : Latteux Ludovic,
Ludovic Latteux

Fabrique de vitraux peints créée par l'industriel et fils de cultivateur Gabriel-Boniface Bazin (1791 - 1862) à Mesnil-Saint-Firmin. Il fonda en 1845-46 au sein de sa ferme-école un atelier de peinture sur verre, dirigé par Jules Leclercq entre 1846 et 1855. Son neveu Ludovic Latteux reprit l'activité à la mort de son oncle Boniface Bazin en 1862 et la poursuivit jusqu'en 1890, d'abord en association avec son cousin germain Stéphane Bazin, puis seul après la mort de ce dernier en 1882. L'entreprise était spécialisée dans la fabrication de vitraux d'église.

[Gabriel-Boniface fut administrateur de la société la Vieille Montagne et fondateur de la Compagnie des Chemins de fer du Nord]


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verrier, signature
Auteur : Bazin Stéphane,
Stéphane Bazin

Stéphane Bazin était associé à son cousin germain Ludovic Latteux dans l'entreprise familiale de fabrication de verrières.


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verrier, signature

Le pavillon d'entrée abritant l'administration est percé en son milieu par une arcade monumentale avec chaînages d'angle à bossage vermiculé qui s'inspire directement de la porte de Paris de l'enceinte de Lille. Le portail principal est encadré de pilastres bagués et il est surmonté d'un groupe sculpté en ronde bosse représentant une allégorie de la Charité par Félix Huidiez. Le grand vestibule d'entrée tout comme les galeries, placées au revers de la façade, qui en partent ainsi que celles entourant la cour de service au niveau de l'étage de soubassement, sont couverts par des voûtes en pendentifs maçonnées en brique. Les deux longues ailes dévolues à l'hospitalisation, flanquant la cour d'honneur, sont formées d'une succession de trois corps de bâtiment rectangulaires alternant avec des pavillons ; ces corps de bâtiments abritaient les salles de malades. Quatre escaliers en maçonnerie avec jour central distribuent les étages. Les murs sont en pierre calcaire avec maçonnerie de briques en remplissage et ils sont rigidifiés par des fers d'ancrage reliés à la poutraison ; le grès est seulement employé dans les assises du soubassement. La chapelle à un seul vaisseau est implantée dans l'axe de la cour d'honneur, à cheval entre cette cour et la cour de service ; on y accède par un escalier de distribution extérieur. Les galeries de communication sont construites à l'intérieur des cours et à distance des bâtiments qu'elles relient. L'air des salles de malades était renouvelé au moyen d'un système de ventilation artificielle et il était évacué par quatre grandes cheminées engagées d'un tiers dans les murs gouttereaux de la façade postérieure des bâtiments de malades. Les cuisines éaient aménagées sous la chapelle, dans un étage de soubassement, et donnent directement sur la cour de service disposée à l'anglaise. Le bâtiment de la communauté religieuse, placé à l'arrière de la chapelle, est distribué par un escalier suspendu en charpente à jour central. Une grande cheminée d'usine permettait l'évacuation de la fumée d'un four destiné à l'incinération des déchets. Une lucarne est ornée d'emblèmes du Second Empire (couronne, initiales NE). Une verrière fermant la baie axiale éclairant la grande salle située au 1er étage du bâtiment de la communauté religieuse, est signé Bazin, du Mesnil-Saint-Firmin, et daté de 1871 : y est représentée une Vierge à l'enfant.

Murs brique
grès
calcaire
bossage
pierre avec brique en remplissage
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, étage de soubassement, 2 étages carrés, étage de comble, 1 vaisseau
Couvrements voûte en pendentifs
en brique
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit brisé en pavillon
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, en charpente, suspendu

États conservations remanié
Techniques sculpture
vitrail
Représentations charité Christ glorieux ange saint Augustin médaillon
Précision représentations

sujet : allégorie, groupe sculpté femme et enfant, support : portail d'entrée ; sujet : Christ-juge et anges agenouillés, support : façade de la chapelle ; sujet : évêque avec ses attributs, crosse, mitre, saint Augustin (?) , support : vitrail de la rose ; sujet : initiales du second empire (N.E., couronne)

Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • L'hôpital Sainte-Eugénie. Lille: imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1874. 6 p.

  • Administration des hospices de Lille. L'hôpital Sainte-Eugénie et la Faculté libre de médecine de Lille.- Lille : imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1876. 68 p.

Périodiques
  • L'hôpital Sainte-Eugénie et maison de santé à Lille. In : L'Encyclopédie d'architecture, 1876, planches 357-358 ; 1877, pages 57-62.

  • Hôpital de la charité, à Lille (Nord). Architecte : M. A. Mourcou. In : L'architecture et la construction dans le Nord, 2e année (1892), n°12 (décembre), p. 173-176.

  • Le cinquantenaire de l'hôpital de la Charité à Lille. In : Le Grand Hebdomadaire illustré du nord de la France, 9e année, n°26 (26 juin 1927), p.402-405.

  • DURANDE (Agnès). L’hôpital de la Charité de Lille : le thème du château. In : Revue du Nord, t. LXXIV (1992, juillet-décembre), p. 559-576.

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