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Hôpital militaire

Dossier IA59004411 réalisé en 2010

Fiche

Précision dénomination hôpital militaire
Parties constituantes non étudiées cour
Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Condé-sur-l'Escaut
Adresse Commune : Condé-sur-l'Escaut
Lieu-dit : Adresse : rue de l'Hôpital , rue du Munitionnaire
Cadastre : 1826 D1 642 ; 1875 D2 690 ; 2010 AR 155, 156

Le projet de construction d´un hôpital militaire à Condé-sur-l´Escaut était en relation avec la décision de constituer un réseau d´hôpitaux militaires aux frontières du royaume, ce qui avait été implicitement prévu par l´ordonnance du mois de janvier 1708 qui s´était borné à créer cinquante postes de médecins-majors et autant de chirurgiens-majors. L´organisation interne de ces hôpitaux militaires fut ensuite précisée par le règlement du 20 décembre 1718 et complétée par celui du 22 novembre 1728. Toutefois, ce fut seulement à la fin des années 1720, après que les finances publiques, lourdement obérées par la guerre de succession d'Espagne, eurent été assainies, que la construction des premières entités devant constituer ce réseau d´hôpitaux militaires fut entreprise.

L'hôpital militaire de Condé fut projeté vers la fin des années 1720. Dans un premier projet, non daté et sans indication de lieu d'implantation pour le futur hôpital, celui-ci devait être établi en bordure d'un canal, ce qui aurait donné un accès facile à l'eau, élément indispensable au fonctionnement et à la salubrité d'un hôpital. Selon un second projet, daté de 1729, il était prévu de l´édifier à l´intérieur de la cour du château fort de Condé qui avait été précédemment affecté à la fonction d´arsenal, empiétant sur l'emplacement de l'ancien donjon. L'édification de l'hôpital fut commencée dès 1729, ce qui amena l'arasement du donjon et la démolition de la section ouest de l'enceinte du château fort. Selon ce projet de 1729, le corps de logis principal dédié à l'hospitalisation aurait dû comporter trois niveaux en élévation dont un étage carré et un étage de surcroît. En outre, un bâtiment d'hospitalisation annexe, isolé de toutes parts, destiné à l'accueil des malades vénériens, aurait dû être implanté à proximité de ce corps de logis. Toutefois, lors de la réalisation, le projet fut revu légèrement à la baisse : ainsi le corps de logis principal fut seulement pourvu d'un étage en surcroît au-dessus du rez-de-chaussée, et non de deux niveaux, tandis que la construction du bâtiment d'hospitalisation annexe était abandonnée, et ce en dépit des clauses des règlements militaires qui prescrivaient l'isolement des vénériens.

Comme l'immense majorité des 155 hôpitaux dépendant soit de l´Armée de terre, soit de la Marine, l´hôpital de Condé fut supprimé selon les prescriptions de l´ordonnance du 20 juillet 1788 qui, pour réaliser des économies budgétaires, leur substituait des hôpitaux dit régimentaires, ce qui consistait à muer une partie seulement d´un casernement existant, ou un bâtiment d'un ensemble de caserne, en une infirmerie pour le régiment qui y était logé.

L'édifice fut néanmoins provisoirement conservé pour servir d'hôpital de siège, et ce jusqu´à ce que, dans le courant du 19e siècle, l´on en réutilisât la structure en maçonnerie pour y établir à l'intérieur une caserne de gendarmerie (qui fut désaffectée et l'édifice longtemps laissé à l'abandon. A la fin du 19e siècle, un des bâtiments de la caserne de Tournai avait été affecté à l'accueil des malades et blessés de la garnison, d'où son identification comme hôpital militaire dans les documents contemporains de cette affectation hospitalière tardive. La destruction de la caserne de gendarmerie en 2004 a fait disparaître toute trace au sol de l'édifice dont les fondations sont réapparues lors des fouilles archéologiques récentes qui ont révélé par ailleurs le soubassement du donjon du château médiéval détruit en 1728 pour permettre la construction de l'hôpital militaire.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle , daté par source
Dates 1729, daté par source

L´édifice tel qu'il fut réalisé se composait d´un corps de logis principal et deux courtes ailes en retour d´équerre dissymétriques, donnant à l'ouest sur une cour enclose d'un mur. Le corps de logis principal comportait un rez-de-chaussée surmonté d'un étage en surcroît chacun occupé par une grande salle de malades d'un seul tenant. La salle du rez-de-chaussée était divisée en deux galeries par un file médiane de poteaux en bois supportant le plancher de l'étage en surcroît supérieur et se terminait par une chapelle simplement matérialisée par un autel précédé d´une clôture. L´aile droite en rez-de-chaussée, surmonté d'un étage en surcroît, renfermait les latrines, l´aile gauche plus élevée puisqu'elle comportait un étage carré, renfermait au rez-de-chaussée les services généraux, à l´étage des chambres réservés vraisemblablement aux officiers malades. Cette aile gauche était dotée d´un sous-sol voûté en berceau. Il est probable qu´en temps ordinaire, seule la salle du rez-de-chaussée du corps de logis principal accueillait malades et blessés, celle de l´étage en surcroît étant mise en service seulement en cas d´affluence extraordinaire.

Murs brique
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage en surcroît
Couvrements voûte en berceau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés croupe brisée
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en charpente, suspendu
États conservations détruit

Références documentaires

Documents d'archives
  • Hôpital militaire, plans de distribution respectifs du rez-de-chaussée et du 1er étage, et deux coupes transversales, 1755.

    Archives départementales du Nord, Lille : 66 J/863
Documents figurés
  • Plan général du château à usage d'arsenal pour l'armée avec, en retombe, le projet d'hôpital militaire, 1728.

    Bibliothèque nationale de France, département de l'Arsenal : manuscrit 6453
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