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Hôpital marin et colonie de vacances dit sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer

Dossier IA59005085 réalisé en 2016

Fiche

Appellations sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer
Dénominations hôpital marin, colonie de vacances
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Dunkerque-Ouest
Adresse Commune : Saint-Pol-sur-Mer
Lieu-dit : Le Châlet Way
Adresse : de la Mer (ancienne avenue)
Cadastre : 1900 A3 112 à 123 L'ancienne avenue de la Mer a été rebaptisée avenue Maurice-Berteaux tandis que l'appellation "avenue de la Mer" était transférée à une autre voie urbaine située dans le secteur est de la commune. L'emplacement de l'ancien sanatorium est occupé actuellement par la darse numéro 6 du port de Dunkerque.

L'œuvre du sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer fut fondée en 1888 par le maire de la commune, Georges Vancauwenberghe, afin de permettre à des enfants scrofuleux (infection tuberculeuse de l'enfance à tropisme ganglionnaire) et rachitiques originaires des communes de l'agglomération dunkerquoise, de bénéficier de séjours en bord de mer. Dans cette perspective, un terrain de quatre hectares avait été acquis l'année précédente, soit en 1887, terrain sur lequel un premier bâtiment de malades venait d'être édifié. Ce bâtiment, construit en briques, fut en mesure de recevoir son premier contingent de petits pensionnaires, à savoir des garçons au nombre de vingt, le 13 juin 1888. Acquisition du terrain et construction du bâtiment avaient été financées par Georges Vancauwenberghe lui-même avec l'aide d'Alphonse Bray, fondateur de la station balnéaire maritime de Bray-Dunes, qui avait offert dans cette intention une somme d'un montant de 30 000 francs, d'où l'appellation de pavillon Alphonse-Bray qui fut donnée à ce bâtiment. En 1891, le conseil général du département du Nord envoya au tout jeune établissement une quinzaine de petites filles pour lesquelles Georges Vancauwenberghe fit édifier, à côté du précédent, un second bâtiment construit cette fois tout en bois, par souci d'économie. Compte tenu des bons résultats obtenu chez les enfants placés en cure marine à Saint-Pol-sur-Mer, le conseil général du département du Nord décida, au bout de trois années, de passer contrat avec l'administration hospitalière et de lui envoyer chaque année une cinquantaine d'enfants scrofuleux et rachitiques originaire du département. Ce fut en ce contexte que Georges Vancauwenberghe céda la propriété de son établissement à la commune de Saint-Pol-sur-Mer afin de lui octroyer le statut d'institution publique, ce qui lui permettrait par ailleurs de bénéficier plus aisément de dons et legs ; malgré cette cession, la maire s'engagea à mettre la municipalité à l'abri de tout aléa de caractère financier résultant de la gestion du sanatorium, et ce sur ses propres deniers.

Du fait que l'accueil se trouvait désormais étendu à des enfants en provenance de tout le département du Nord, d'importants agrandissements furent dès lors entrepris. Ainsi, en 1894, fut ajouté un troisième bâtiment, lui aussi construit tout en bois, afin d'y installer les cuisines, une réserve pour les vivres ainsi que deux réfectoires destinés respectivement aux garçons et aux filles. Par ailleurs, avait débuté, l'année précédente, soit en 1893, l'édification de trois grands bâtiments de malades, de 80 mètres de long chacun, et celle-ci fut achevée en 1896. Ces bâtiments en simple rez-de-chaussée, comme d'ailleurs les précédents, avaient été construits cette fois en maçonnerie de brique avec un lambris en bois revêtant les parois intérieures des salles pour leur assurer une meilleure isolation thermique. Les salles était couvertes d'une fausse voute en berceau brisé, ponctuée de place en place bouches d'aération, selon le procédé constructif de l'ingénieur Casimir Tollet, dispositif alors en vogue, supposé accélérer le renouvellement de l'atmosphère intérieure des salles de malades. Sur l'un des longs côtés de chaque bâtiment régnait une galerie couverte d'une toiture en appentis vitrée ayant fonction de solarium ou d'abri pour la promenade en cas d'intempéries. Chacun de ces trois bâtiments était en mesure d'abriter 110 lits. En même temps que l'on édifiait ces trois bâtiments de malades, on construisait un bâtiment annexe de service pour y installer chaufferie, buanderie, séchoir à linge, étuve à désinfection et brasserie. Enfin en 1898, on adjoignit encore à l'ensemble des constructions existantes, un bâtiment de 40 lits, édifié lui aussi en brique, pour y recevoir les nourrissons des deux sexes, lequel fut désigné sous l'appellation de pavillon ou d'infirmerie des bébés. Une allocation de 100 000 francs que lui avait accordé en 1897 le Pari mutuel avait vraisemblablement servi à financer la construction de ce dernier bâtiment. Compte tenu de ces extensions successives, la capacité d'accueil du sanatorium était passé de 20 enfants lors de son ouverture en 1888, à 366 en 1900. Par l'édiction du décret du 27 octobre 1898, le sanatorium avait reçu le statut d'établissement d'utilité publique. Georges Vancauwenberghe ayant suivi une formation d'ingénieur, ce fut lui-même qui établit les plans relatifs à la construction des divers bâtiments, agissant donc à la fois en tant que maître d'ouvrage et que maître d'œuvre. Grâce aux bons résultats obtenu dans le traitement des enfants par la cure marine et grâce aussi à son nouveau statut, l'administration du sanatorium reçut, en 1900, versement d'une somme d'un montant de 300 000 francs de la part de la direction de l'assistance et de l'hygiène publique au ministère de l'Intérieur.

Quoique l'établissement eût été fondé à l'intention des enfants rachitiques et scrofuleux, son médecin-chef, le docteur A. Pascalin, inspira à son directeur, Georges Vancauwenberghe l'initiative de lui adjoindre une seconde destination, à savoir l'accueil d'enfants séjournant en colonie de vacances durant la période estivale. Cet accueil était réservé aux enfants valétudinaires, notamment les anémiques et les lymphatiques (affectés d'une poly-adénite ou atteinte inflammatoire ganglionnaire générale), réputés prédisposés à voir se développer chez eux la redoutable scrofule. Ce fut la municipalité de la ville de Roubaix qui répondit la première à l'appel de Georges Vancauwenberghe. Les premiers groupes d'enfants admis pour des séjours en colonies de vacances arrivèrent ainsi au sanatorium au cours de l'été 1896. L’exemple de Roubaix ne tarda pas à être suivi avec enthousiasme par d’autres importantes villes industrielles du Nord. En raison de l'essor de ce type d'accueil estival, pour des séjours d'une durée variant entre un et trois mois, le nombre d'enfants qui en bénéficièrent passa de 37 en 1896 à 669 en 1900, puis à 923 en 1910. On tendit à distinguer les enfants rachitiques et scrofuleux, ceux donc affectés d'une maladie patente, hospitalisés sur le long terme, et les enfants souffreteux, susceptibles seulement de développer une maladie latente, séjournant en colonies de vacances, en désignant les premiers sous l'appellation d'invalides, et les seconds sous celle de valides. Le projet d'extension de la zone portuaire de Dunkerque vers l’ouest requérant impérativement la destruction du sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer dont l'emprise se situait à l'emplacement prévu pour le creusement d'un des bassins du port, la direction de l'établissement cessa après 1898 de procéder à de nouveaux agrandissements. En dépit du fait que la capacité d'hébergement de l'établissement fût demeurée en conséquence stable à partir de 1898, le nombre d'enfants admis pour y être hospitalisés poursuivit sa croissance : 391 en 1905, 451 en 1909.

Tout en continuant à assurer le développement du sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer, sa direction entreprenait parallèlement des prospections dans le but de trouver un nouveau site, disposant si possible d'un terrain plus étendu, pour y bâtir l'établissement devant le remplacer. Ce fut une zone littorale dunaire déserte située tout près de la frontière belge et appartenant à la commune de Zuydcoote, qui fut élue pour son implantation. L’administration des finances dédommagea l’institution en lui octroyant une indemnité de 600 000 francs correspondant à l’expropriation des terrains et la destruction des immeubles lui appartenant sis à Saint-Pol-sur-Mer. Dès lors Georges Vancauwenberghe dressa un projet de construction d'un nouvel établissement, encore plus ample que le précédent, et le proposa au concours en 1904. Les travaux de construction et d'aménagement du sanatorium de Zuydcoote furent achevés en 1910 et ce fut le 18 juillet de cette même année que l'on procéda au transfèrement des services hospitaliers et des malades sur le nouveau site. Dès lors les bâtiments du sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer furent abandonnés et, en un premier temps, on s'en servit pour aménager en 1913 sur le site un terrain d'aviation qui fut utilisé durant la Première Guerre mondiale. Bien que les travaux d'agrandissement du port de Dunkerque eussent été lancés dés le début des années 1900 et menés activement, le déclenchement de la guerre en 1914 en interrompit le cours. Ce ne serait qu'après la Seconde Guerre mondiale que, sur l'emplacement de l'ancien sanatorium, serait creusée la darse numéro 6 du grand port de Dunkerque.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Dates 1888, daté par travaux historiques
1896, daté par travaux historiques
1898, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Vancauwenberghe Georges,
Georges Vancauwenberghe

Georges Vancauwenberghe était maire de la commune de Saint-Pol-sur-Mer et président du conseil d'administration du sanatorium durant toute la période où celui-ci était en activité. De surcroît, par sa formation d'ingénieur, Georges Vancauwenberghe conçut lui-même les plans de l'établissement et en supervisa les travaux ce construction.


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ingénieur, attribution par travaux historiques

Après les extensions successives réalisées entre 1888 et 1898, l'établissement comportait, à la fin de son existence, sept corps de bâtiments dont cinq construits en maçonnerie de brique et deux à pans de bois essentés de planches. Tous ces bâtiments étaient parfaitement indépendants les uns et autres et élevés en simple rez-de-chaussée, hormis le plus ancien d'entre eux dit pavillon Bray, qui comportait un étage carré au-dessus d'un rez-de-chaussée de faible hauteur. C'était dans ce rez-de-chaussée qu'avaient été probablement installés primitivement les services généraux d'un sanatorium réduit, en ses tout débuts, à cet unique corps de logis. Ce caractère indépendant des bâtiments découlait du fait qu'en cette extrême fin du 19e siècle, c'était la formule pavillonnaire la plus exacerbée, celle où les bâtiments de malades n'étaient plus reliés entre eux par des galeries de communication couvertes, qui avait fini par triompher, et ce sous la pression des médecins hygiénistes se réclamant des doctrines aéristes alors en vogue. Malgré leur construction à claire-voie, ces galeries avaient en effet été accusées par les hygiénistes de constituer un obstacle supplémentaire à la libre circulation de l'air autour des bâtiments hospitaliers et donc de favoriser la stagnation des miasmes délétères s'échappant des salles de malades.

Les bâtiments en maçonnerie de brique présentaient une toiture à longs pans avec pignons découverts, ceux en bois une toiture à longs pans avec pignons couverts. Les salles destinées à servir de dortoirs pour les malades étaient couvertes d'une fausse voûte en berceau brisé lambrissée dont le faîtage était ponctué de place en place de bouches d'aération, selon le système de construction, conçu par l'ingénieur Casimir Tollet, qui avait été présenté à l'exposition internationale universelle tenue à Paris en 1878. Les galeries accolées sur un des flancs de chacun des trois grands bâtiments-dortoirs étaient couvertes d'une toiture en appentis à structure métallique garnie de vitres.

Murs brique
bois pan de bois essentage de planches
Toit tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée
Couvrements fausse voûte en berceau brisé
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit à longs pans pignon couvert
verrière appentis
États conservations détruit

Références documentaires

Bibliographie
  • VALLET, Alphonse. Le sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer (près Dunkerque). Ses origines, son organisation actuelle, son avenir. Notice. Dunkerque : imprimerie du Phare, 1891. [17 p.].

  • VALLET, Alphonse. Le sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer (Nord). Notice. Lille : Camille Robbe, 1899. 44 p.-8 pl.

  • VALLET, Alphonse. Le sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer (Nord). Lille : Robbe, 1902. 58 p.: ill.

  • Le sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer. Dans : Lille et la région du Nord en 1909. Lille, imprimerie L. Danel, 1909, tome II, pages 819-821.

  • VALLET, Alphonse. Le sanatorium maritime de Zuydcoote (Nord). Lille : Ed. Cayez, [1914]. 72 p. : ill.

  • BOULANGER, René. Histoire complète du sanatorium de Zuydcoote, 1888-1988. [Dunkerque] : [s.n.], 1988. 457 p. : ill.

  • ROGEAUX, Nathalie. La lutte contre la tuberculose à Lille (1895-1940). Discours et réalités. Thèse de l’école des Chartes, 1992. 3 volumes.

  • LAGET, Pierre-Louis. L’essor des stations sanitaires maritimes et des établissements hospitaliers marins sur les rivages septentrionaux. Dans : PERRET-GENTIL, Yves, LOTTIN, Alain, POUSSOU, Jean-Pierre, [sous la direction de]. Les villes balnéaires d’Europe occidentale du XVIIIe siècle à nos jours. Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2008, pages 81-104. Actes du colloque organisé à Boulogne-sur-Mer les 5 et 6 octobre 2006.

  • ODDONE, Patrick, VALABRÈGUE, Antony, GALAMÉ, René, et alii. Hôpital maritime Vancauwenbergue, 100 ans d'histoire. Zuydcoote 1910-2010. Zuydcoote : Zuydcoote Animations Éditions, 1910. 192 p.: ill.

Périodiques
  • VANCAUWENBERGHE, Georges. "Transfert du sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer à Zuydcoote (Nord)". In : Mémoires de la société dunkerquoise pour l’encouragement des sciences, des lettres et des arts, 39e volume (1904, 1er semestre), pages 385-394.

  • VANCAUWENBERGHE, Georges. "Le sanatorium de Saint-Pol-sur-Mer". In : La Lutte antituberculeuse, bulletin mensuel de la Fédération antituberculeuse française, 6e année (1906), N°12 (15 février), pages 5-15.

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