Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

hôpital-hospice dit hôpital Napoléon, puis hôtel-Dieu, enfin hospice Blanchemaille

Dossier IA59001062 réalisé en 1999
Appellations hôpital Napoléon, hôtel-Dieu , hospice Blanchemaille
Parties constituantes non étudiées chapelle, brasserie
Dénominations hôpital, hospice
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Roubaix-Nord
Adresse Commune : Roubaix
Adresse : rue de Blanchemaille , rue Isabeau-de-Roubaix , avenue des Nations-Unies , rue de l'Alma
Cadastre : 1985 LX

En 1853 la Chambre consultative des arts et manufactures lança une souscription publique afin de doter la ville d'un hôpital-hospice proportionné à sa nouvelle importance d'un point de vue tant économique que démographique, lequel serait conçu pour recevoir 100 malades et vieillards. La souscription ayant rapporté 93 000 francs, un premier avant-projet fut proposé en 1854, dans des conditions que l'on ignore, par l'architecte Achille Dewarlez, mais cette proposition ne reçut pas l'agrément de la municipalité de Roubaix qui se rallia à l'idée de l'ouverture d'un concours public d'architecture.

A la suite de l'organisation de ce concours, le Conseil des bâtiments civils choisit parmi les divers projets qui lui avaient été soumis, celui dressé en 1857 par l'architecte parisien Alphonse Botrel, lequel signait ses plans sous le nom de Botrel d'Hazeville. Le devis fut établi le 13 janvier 1859 et le terrain acquis par les hospices civils de Roubaix en 1860-1861, et le 12 juin 1860, fut déclarée d’utilité publique la construction du nouvel hôpital sur le site dit de Blanchemaille. Les travaux furent adjugés le 15 juillet 1861, puis la pose de la 1ère pierre eut lieu le 15 août 1861, jour anniversaire de l'empereur Napoléon III. Aussi, l'édifice fut-il baptisé hôpital Napoléon en l'honneur de l'empereur. Bien qu'Alphonse Botrel eût été choisi comme maître d'œuvre, ce fut l'architecte municipal, Théodore Lepers, qui fut chargé de diriger l'exécution des travaux de construction. Ces travaux étaient achevés pour l'essentiel en 1865 et la chapelle fut bénie le 22 mars 1865. Dans cet hôpital-hospice, l'architecte avait adopté la configuration en double peigne qui venait d'être mise en œuvre à Paris, à l'hôpital Lariboisière ouvert en 1854, mais avec seulement deux pavillons en retour d'équerre prévus de part et d'autre de la grande cour contre cinq à l'hôpital Lariboisière. Toutefois la galerie de communication ceignant la cour et desservant les pavillons de malades se trouvait ici doublée par une suite de salles accolée à la face externe de cette galerie, ce qui contrevenait pourtant aux prescriptions des hygiénistes. Des plans et devis relatifs à des agrandissements effectués ultérieurement prouvent que, dans un premier temps, un seul pavillon de malades et non deux, fut construit de part et d'autre de la cour principale, sans doute par épuisement des fonds dévolus à la réalisation des travaux.

Une première surélévation d'un étage fut projetée dès le mois de septembre 1865 sur le bâtiment dit de la réception, siège du bureau des admissions, qui se dressait au fond de la cour d'honneur. Le conseil municipal en décida la surélévation afin de mettre en valeur le décor sculpté, commandé au sculpteur Charles Iguel, qui avait été destiné au départ à orner le tympan du fronton sommant la façade de la chapelle, laquelle fermait le fond de la seconde cour. Cependant, une fois la commande passée, le conseil municipal se ravisa et préféra faire de ce décor sculpté un ornement d'une des façades de la cour d'honneur, compte tenu que celles-ci offriraient l'avantage d'être visibles depuis la rue. La visibilité de ce décor était vivement souhaitée par la municipalité car il illustrait un épisode marquant de l'histoire de la ville : il consistait en effet en un haut-relief représentant la fondation du premier établissement hospitalier de Roubaix par Isabeau de Roubaix en 1488. Toutefois, afin d'être en mesure d'insérer ce haut-relief comme prévu à l'intérieur d'un fronton, il fallait rehausser d'un étage le corps de logis placé au fond de la cour d'honneur pour lui donner davantage de monumentalité et pouvoir établir en son centre un avant-corps d'un bel aspect qu'un fronton viendrait tout naturellement couronner selon les usages de l'architecture française depuis au moins le XVIIe siècle. Pour financer cette surélévation, la municipalité vota un crédit supplémentaire de 17 000 francs en septembre 1865. Le haut-relief du fronton fut achevé en juillet 1867 par le sculpteur Charles Iguel.

Du fait de l'insuffisance vraisemblablement très vite constatée de la capacité d'accueil de l'établissement, tous les bâtiments disposés en simple rez-de-chaussée entourant les trois cours - en fait la grande majorité d'entre eux - furent surélevés d'un étage les uns après les autres entre 1865 et 1911. Cette surélévation fut réalisée dès 1869 sur les plans de l'architecte Édouard Dupire, dit Dupire-Lepers, dans le cas de ceux flanquant la cour entourant la chapelle, puis en 1882-1883 sur les plans de l'architecte Alfred Richez, dans le cas de ceux bordant la cour principale. Le système pavillonnaire en double peigne d'origine, issu de conceptions hygiénistes de type aériste, s'était vu ainsi graduellement altéré puisque la cour principale, où donnait l'ensemble des services de malades, se trouvait de ce fait désormais encloses de bâtiments continus, tous élevés d'un étage. Ces transformations, dictées par la nécessité d'accroître la capacité d'accueil, étaient pourtant contraire aux doctrines hygiénistes alors en vigueur qui insistaient sur la nécessité de la libre circulation de l'air à l'intérieur des cours, ce qui impliquait d'éviter d'élever des bâtiment de plus d'un étage et, au cas où on mettrait en œuvre de tels bâtiments, de ménager au moins une solution de continuité à la jonction des différents corps de bâtiments entre eux afin de laisser un passage à l'air.

Au lendemain de la chute de l'Empire, en 1870, l'établissement fut rebaptisé sous l'appellation d'hôtel-Dieu. En 1882, fut étudiée la construction d'un bâtiment d'isolement pour varioleux par l'architecte Alfred Richez dont le projet relevant du type pavillon baraqué en rez-de-chaussée, demeura sans suite. Ce fut en 1885 que le même architecte présenta un nouveau projet avec un bâtiment conçu cette fois-ci en maçonnerie de brique et haut d'un étage, lequel fut quant à lui réalisé sur le flanc gauche de l'édifice, à l'emplacement initialement prévu pour celui des deux bâtiment de malades en retour d'équerre toujours manquant sur ce même flanc. La réception définitive de ce bâtiment d'isolement pour varioleux fut effectuée le 5 octobre 1888. Deux projets de brasserie furent successivement élaborés en 1886, puis en 1887 par l'architecte Alfred Richez et la brasserie par la suite construite semble-t-il selon le second projet avec adjudication des travaux de construction le 29 mars 1889 et réception de ces travaux le 9 octobre 1891. En octobre 1890 l'architecte Théophile Coliez fournit les plans d'une aile en retour d'équerre sur le flanc droit de l'édifice, aile correspondant au quatrième bâtiment de malades projeté à l'origine, mais non exécuté. Par cette réalisation, la configuration en double peigne comportant quatre bâtiments de malades, prévue dès 1857 par l'architecte Alphonse Botrel, se trouvait ainsi enfin complétée. En juin 1892, Théophile Coliez projeta la construction d'une étuve à désinfection, ce qui fut ensuite exécuté.

Après la mise en service en 1907 d'un second hôpital municipal dénommé hôpital de la Fraternité, tous les malades furent transférés dans le nouvel établissement et l'ancien conserva donc uniquement sa fonction d'hospice avec un effectif de 350 pensionnaires tous vieillards. C'était en effet dans le second hospice dont s'était dotée la ville de Roubaix, l'hospice Barbieux, ouvert en 1894, qu'allaient désormais être accueillis enfants orphelins et enfants abandonnés des deux sexes en plus d'un important contingent de vieillards afin de désencombrer l'hospice Blanchemaille. Du fait de l'insuffisance persistante de la capacité d'hébergement par rapport aux besoins de la population, les trois bâtiments ceignant la cour d'honneur furent, entre 1912 et 1913, surélevés pour y établir deux infirmeries, une pour chaque sexe : le bâtiment central dit de la réception, siège du bureau des admissions, reçut à cette occasion un étage carré supplémentaire - le second -, et ses deux ailes, auparavant en simple rez-de-chaussée, reçurent un étage carré plus un étage de comble ; ces travaux de surélévation, réalisés par l'architecte Ernest Thibeau, furent financés grâce au don, en octobre 1911, d'une somme de 100 000 francs par monsieur et madame Joseph Pollet-Motte.

En 1977 on décida de commencer à évacuer l'hospice qui ne répondait plus aux normes des conditions d'accueil désormais requises pour les personnes âgées et qu'il aurait sans doute été trop onéreux de transformer pour être mis en conformité avec les nouvelles normes : en novembre et décembre 163 pensionnaires furent ainsi transférés vers l'hospice Barbieux. En mars 1978, les derniers pensionnaires, soit 82 personnes, quittèrent l'établissement. L'ensemble des bâtiments fut démoli en 1981 en dépit du souhait exprimé par certains défenseurs du patrimoine roubaisien de conserver au moins les trois corps de logis ceignant la cour d'honneur. Afin de garder tout de même un témoin de cet édifice, l'on démonta le fronton sculpté couronnant l'avant-corps du bâtiment fermant le fond de cette cour d'honneur pour le remonter dans un square donnant sur le boulevard Gambetta.

Partie déplacée Commune : Roubaix Adresse : boulevard Gambetta
Dates 1861, daté par source
1865, daté par source
1912, daté par source
Auteur(s) Auteur : Botrel Alphonse,
Alphonse Botrel

L'architecte Alphonse Botrel se faisait appeler Botrel d'Hazeville et signait sous ce dernier nom.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, signature
Auteur : Richez Alfred,
Alfred Richez

Alfred Richez était architecte municipal de la ville de Roubaix.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Coliez Théophile,
Théophile Coliez

Théophile Coliez était architecte municipal de la ville de Roubaix.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte communal, attribution par source
Auteur : Thibeau Ernest, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Iguel Charles, sculpteur, attribution par travaux historiques

L'hôpital-hospice fut implanté sur une vaste parcelle occupant tout un îlot de forme légèrement trapézoïdale, délimité par la rue de Blanchemaille, la rue Isabeau-de-Roubaix, la rue de l'Alma et la rue Saint-Vincent de Paul. Cette dernière rue fut rebaptisée avenue des Nations-Unies lorsque la rue partant de la gare fut prolongée et en sus élargie après destruction de l'hôpital-hospice et à ses dépends en 1980.

Après l'achèvement en 1890 des constructions prévues selon le projet initialement adopté en 1857, l'édifice se présentait comme un quadrilatère allongé recoupé sur l'avant par le corps de bâtiment dit de la réception, siège du bureau des admissions, sur l'arrière par celui occupé par la chapelle et le service des bains. Étaient ainsi délimitée une succession de trois espaces enclos : sur l'avant, une cour d'honneur ouverte sur la rue de Blanchemaille, au centre un jardin intérieur ceint de galeries de service couvertes, sur l'arrière une cour étroite, desservant les locaux de la communauté religieuse, au centre de laquelle se dressait la chapelle. Deux ailes disposées en retour d'équerre se greffaient sur chacun des longs côtés gauche et droit du quadrilatère, engendrant ainsi une configuration dite en double peigne, typique de l'architecture hospitalière du XIXe siècle. Les bâtiments qui étaient probablement presque tous en simple rez-de-chaussée à l'origine, finirent par s'élever tous d'un étage à la suite de surélévations successives nécessitées par l'accroissement de la capacité d'accueil. Seuls les trois corps de bâtiments ceignant la cour d'honneur furent encore surhaussés, en 1912, d'un ou deux niveaux selon le cas, ce de manière à ce que tous trois s'élevassent désormais sur trois niveaux.

La toiture de la chapelle était sommée d'une flèche polygonale très certainement faite en charpente et l'intérieur de cette chapelle comportait un unique vaisseau.

Murs brique
pierre pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan orthogonal
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
flèche polygonale

Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
États conservations détruit
Techniques sculpture

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 3 : avant-projet d'hôpital-hospice par l'architecte Achille Dewarlez dit Dewarlez aîné, plan de distribution générale du rez-de-chaussée, 1854.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 3
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 3 : projet d'hôpital non réalisé, vraisemblablement en rapport avec l'organisation d'un concours d'architecture, plan de distribution générale des sous-sol, rez-de-chaussée et 1er étage, vers 1857.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 3
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 3 : projet correspondant vraisemblablement à celui qui fut primé au concours, par l'architecte Alphonse Botrel dit Botrel d'Hazeville, plan de distribution générale du rez-de-chaussée, 1857.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 3
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 4 : projet de construction d'un étage sur le bâtiment dit de la réception, siège du bureau des admissions, élévation antérieure donnant sur la cour d'honneur montrant la coupe des pavillons latéraux de ce bâtiment et détail de sa seule élévation antérieure, dessins aquarellés, septembre 1865.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 4
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 4 : projet de surélévation d'un étage des bâtiments bordant latéralement la cour qui s'étendait derrière la chapelle, par l'architecte Dupire-Lepers, 20 mai 1869, plan de distribution du 1er étage.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 4
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 5 : projet non réalisé d'installation de baraquements pour varioleux par l'architecte Alfred Richez, 28 novembre 1881, plan de distribution, coupe transversale et élévation latérale.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 5
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 5 : projet de surélévation d'un étage, avec galerie de service attenante, des bâtiments bordant latéralement la cour qui s'étendait en avant de la chapelle par l'architecte Alfred Richez, plan de distribution, coupe transversale et élévation sur cour, 1882-1883.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 5
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 5 : projet de construction d'un bâtiment d'isolement pour les varioleux par l'architecte Alfred Richez, 16 avril 1885-9 mars 1886, plans de distribution respective du rez-de-chaussée et du 1er étage, coupes et élévations.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 5
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 7 : projets successifs de construction d'une brasserie par l'architecte Alfred Richez, 1886-1887, plans, coupes et élévations.

    plans n°11, n°12 et n°40 Archives communales de Roubaix : II Mc 7
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 6 : projet d'agrandissement des locaux par l'architecte Théophile Coliez, 10 mars 1890, plans de distribution générale du rez-de-chaussée et du 1er étage, et coupe transversale.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 6
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 7 : projet de construction d'une étuve à désinfection par l'architecte Théophile Coliez, 1892, plan, coupe et élévations.

    plan n°26 Archives communales de Roubaix : II Mc 7
  • Archives communales de Roubaix, II Mc 7 : projet de construction d'un nouveau bâtiment de malades en retour d'équerre sur le flanc gauche de l'édifice par l'architecte Théophile Coliez, 24 avril 1895, plan de distribution du rez-de-chaussée et du 1er étage.

    Archives communales de Roubaix : II Mc 7
Périodiques
  • L'hôpital Napoléon - L'hospice civil. In : Mémoires de la Société d'émulation de Roubaix, 5e série, tome 2 (1914), pages 124-135.

  • LEPOUTRE, Xavier. « Histoire des établissements hospitaliers roubaisiens ». In : Bulletin de la société d’émulation de Roubaix, N°38 (septembre 2002), pages 1-24.

  • LEPOUTRE, Xavier. Cinq siècles et demi d’histoire hospitalière roubaisienne : de l’hospice du Saint-Sépulcre à la résidence Isabeau de Roubaix (1463 à 2003). Numéro spécial journées du patrimoine de la revue Expressions, septembre 2004, 27 p.

    pages 10-13
(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - Laget Pierre-Louis