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Fonderie de zinc, de plomb et de métaux non ferreux de la Société anonyme des mines et usines de Malfidano, puis société minière et métallurgique de Peñarroya, puis Metaleurop Nord

Dossier IA62001365 réalisé en 2003

Fiche

  • Vue générale de l'usine en destruction.
    Vue générale de l'usine en destruction.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • cheminée d'usine
    • château d'eau
    • voie ferrée
    • bureau
    • logement patronal
    • conciergerie
    • cité ouvrière
Précision dénomination fonderie de zinc
fonderie de plomb
fonderie de métaux non ferreux
Appellations Société anonyme des Mines et Usines de Malfidano, puis Société minière et metallurgique de Peñarroya, puis Metaleurop
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cheminée d'usine, château d'eau, voie ferrée, bureau, logement patronal, conciergerie, cité ouvrière
Dénominations fonderie
Aire d'étude et canton Pas-de-Calais - Hénin-Beaumont
Hydrographies Haute-Deûle canal de la
Adresse Commune : Noyelles-Godault
Adresse : rue Malfidano , rue Victor-Hugo , rue du Château
Cadastre : 1996 AB 93, 120, 121, 129, 130
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Courcelles-lès-Lens

Un des bâtiments qui abrite l'administration porte la mention de 1894, date de l'édification d'une usine de traitement du minerai de zinc par l'entreprise française dite Société anonyme des Mines et Usines de Malfidano (Sardaigne). Détruit pendant la Première Guerre mondiale, le site est racheté par la Société minière et métallurgique de Peñarroya qui reconstruit les bâtiments d'usine à partir de 1920 et contribue à son développement. En 1921 est mis en route un atelier d'ouvrés de plomb ; deux ans plus tard les laminoirs à zinc sont inaugurés ; la tour à plomb de chasse démarre avant 1925 ainsi que la fonderie de zinc à creusets horizontaux ; plusieurs batteries de fours sont progressivement installés entre 1926 et 1928. La construction d'une nouvelle fonderie de plomb (inaugurée en 1936) débute en 1934 qui a pour objectif d'atteindre une production de 30 à 40 000 tonnes annuelles. En 1938 la fonderie produit 42 000 tonnes de plomb (plomb d'œuvre et plomb doux) et 115 tonnes d'argent.

La tour à plomb a cessé de fonctionner en 1985. Le site est repris pour la société Metaleurop S.A. en 1988. A sa fermeture en février 2003, la filiale Metaleurop Nord employait 830 salariés. Le démantèlement et la dépollution du site débute en 2005 avec la destruction progressive de près de 80 bâtiments. Seuls 6 édifices sont conservés et réutilisés pour accueillir de nouvelles activités majoritairement des entreprises de recyclage sur le site rebaptisé Sita Agora. L'association "Choeur de fondeurs" créée au moment de la fermeture de l'usine entretient la mémoire des salariés.

On y raffinait le zinc et d'autres métaux comme le plomb, cuivre, antimoine, indium, germanium, or, argent, cadmium. L'usine y produisait les deux tiers de la production française de plomb (150 000 t), un tiers de celle de zinc (100 000 t), la totalité de la production française de germanium (20 tonnes) et d'indium (50 à 70 tonnes). De source orale, l'usine utilisait le coke produit par la cokerie de Drocourt, combustible qui a été remplacé par le gaz naturel à une date inconnue. Près de 260 produits étaient préparés dans l'usine.

En 1937, plus de 300 personnes sont employées par l'usine. Dans les années 1950, ce chiffre atteint 1300 personnes qui sont, pour la plupart, logées dans les cités Rogliano, du Château d'eau, du Castel, Leferrer (du nom d'un ancien directeur de métallurgie), des Ingénieurs, rues Zola et Hugo toujours visibles aujourd'hui et qui ont été construites à Courcelles-lès-Lens par l'entreprise dans la première moitié du 20e siècle.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1894, porte la date
1920, daté par source

Installée sur une superficie de 50 hectares terril compris, le site est desservi par un réseau de chemin de fer et par la voie d'eau du canal de la Haute-Deûle. L'ensemble est composé de 89 bâtiments dont deux châteaux d'eau en béton. Plusieurs cheminées existent dont une de 48 mètres de haut et une autre de 125 mètres. Les ateliers plomb et zinc sont constitués de bardage de tôle et de conception contemporaine. La plupart des toits des ateliers, hangars et magasins liés à la production sont à longs pans, en shed ou en terrasse, et couvert de tôle ou de métal. Les autres bâtiments liés à l'administration, à l'hygiène et aux salariés sont en brique, couverts de toit à longs pans en tuile flamande mécanique ou de terrasse pour certains. La tour à plomb de chasse, haute de 64 mètres, est constituée d'une structure métallique poteaux-poutres avec remplissage de béton bâtard à la chaux. Elle est composée de deux volumes respectivement de 7 et 12 étages et d'un niveau de sous-sol. Le parallélépipède rectangle que forme le volume le plus bas est couvert d'une terrasse en béton avec parapet surmonté à plusieurs endroits de boules symbolisant les plombs de chasse. La tour proprement dite est couverte d'une terrasse à parapet sur lequel est posé un toit en pavillon surmonté d'une boule en béton. Le logement patronal baptisé le château est en brique, avec un sous-sol, 2 étages et un étage de comble, couvert d'un toit brisé en pavillon en métal, il est entouré d'un jardin et complété d'une conciergerie jouxtant l'entrée de la propriété. La conciergerie est en brique, à un étage et étage de comble, couvert de toit à longs pans brisés en tuile flamande mécanique et métal.

Murs béton
brique
Toit tôle ondulée, tuile flamande mécanique, métal en couverture
Étages rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements charpente métallique apparente
charpente en béton armé apparente
Couvertures terrasse
toit à longs pans
toit brisé en pavillon
shed
États conservations détruit après inventaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait d'une plaquette descriptive sur la Société anonyme des Mines de Malfidano, usine de Noyelles Godault, zinc, plomb, argent, siège social au 76 rue de la Victoire à Paris. Centre Historique Minier de Lewarde, 3322

    La Société anonyme des Mines de Malfidano est une société française constituée en 1869 au capital de 125.000.000F, divisée en 25.000 actions de 500F entièrement libérée. La société est propriétaire de mines de zinc et de plomb argentifère en Sardaigne. Ces mines produisent annuellement 400.000t de minerais. Elle possède en outre en France la concession de mines de plomb de Houelgoat (Finistère) et elle a installé en 1894 dans le département du Pas de Calais, à Noyelles-Godault, une usine pour le traitement des minerais de zinc et plomb.

    Société anonyme des mines de Malfidano, usines de Noyelles-Godault.

    Usines à zinc, construite en 1894, elle comprend actuellement :

    Un hall de 180m de longueur renfermant 10 fours, un hall de 84m de longueur renfermant 4 fours. Ces 14 fours peuvent produire annuellement 12.000t de zinc. Un atelier de broyage des minerais et préparation des charges, un atelier de fabrication des produits réfractaires, installé spécialement pour la fabrication des cornues des distillation et des récipients pour la condensation du zinc.

    Fours à zinc :

    Les fours en service sont de type Silésien avec chauffage au gaz et récupération continue. Leur longueur est de 12m environ et leur largeur de 6m, ils renferment chacun 240 cornues. Les gazomètres sont placés aux deux extrémités du four : les gaz arrivent par un conduit et pénètrent dans le four par une série de carneaux parallèlement à l´air chaud provenant des récupérateurs. Les fumées s´échappent au niveau de la sole après que les gaz chauds ont traversé les 3 lignes de cornues. Le mélange de minerai et de charbon de réduction est chargé à la main. Le traitement d´une charge se fait en 24h. A la distillation, le zinc est retiré dans une poche à main, puis coulé en plaques de 30m/m d´épaisseur environ pesant 20 à 22 kg. Les cornues sont ensuite rechargées et le four est prêt pour une nouvelle opération. Les résidus des charges sont traitées mécaniquement pour séparer les métaux, zinc, plomb, argent qu´ils peuvent encore contenir.

    Atelier de broyage des minerais :

    Les minerais sont broyés au moyen de broyeurs Weidknecht, puis, à l´aide d´un élévateur et d´une vis transporteuse ; ils sont emmagasiné au niveau des fours pour y être conduits ensuite suivant les besoins.

    Atelier de préparation des produits réfractaires

    Cet atelier comprend un broyeur à boulets, un moulin à meules verticales, un concasseur à mâchoires, un broyeur à meules, 3 malaxeurs et 3 presses hydrauliques pour la fabrication des cornues. L´ensemble de ces outils permet une P journalière de 40.000 kg de produits réfractaires. Les récipients destinés à recevoir le zinc condensé sont fabriqués à la main à l´aide de moules spéciaux. Ces cornues et ces récipients sont ensuite placés dans des étuves chauffées de 20 à 50° où ils restent plusieurs semaines avant d´être employés.

    Usine à plomb :

    L´usine à plomb se compose de 4 fours de grillage, de 3 fours de fusion, d´un atelier de désargentation et d´affinage du plomb d´œuvre. D´un atelier de coupellation, Les minerais de plomb, le plus souvent argentifères, sont traités à l´usine par grillage et réduction.

    Grillage :

    Les minerais sont grillés dans des fours à sole fixe. Le grillage est agglomérant, les minerais subissant un commencement de fusion vers la fin de l´opération.

    L´atelier de grillage comprend 4 fours à réverbère à pelletage continu avec une sole et des portes de travail sir les 2 côtés longs. Le foyer se trouve à l´extrémité de la sole, les gaz traversent le four de grillage dans toute sa longueur pour se rendre dans de grandes chambres de condensation où ils déposent les poussières entraînées. La charge des minerais s´effectue par les dernières portes de travail et l´extraction des produits agglomérés par les premières, c´est à dire du côté de la grille.

    Fours de fusion :

    Les minerais grillés sont fondus dans des fours circulaires à water-jacket. Les tuyères, au nombre de 8, sont distribuées symétriquement autour du même plan. L´air, sous la pression de 1,20m est injecté dans les fours par des ventilateurs Roots. L´usine possède 3 fours de fusion produisant ensemble 40t de plomb par 24h. Les matières à fondre sont élevées au niveau du chargement par 2 monte-charges, dont un électrique et l´autre hydraulique.

    La production mensuelle des 3 fours est d´environ 1200t de plomb argentifère.

    Désargentation :

    L´atelier de désargentation comprend 2 fours à réverbère pour le raffinage, d´une capacité de 35t chacun servant à l´élimination des éléments étrangers, cuivre, antimoine, etc, contenus dans le plomb d´œuvre. Une cuve en fonte de même capacité que les fours ci-dessus, dans laquelle se font les opérations de désargentation proprement dites. 3 cuves dites de ressuage pour liquatter les alliages riches en argent.

    Un four à réverbère pour le raffinage du plomb après désargentation. Une cuve munie d´une tubulure par laquelle s´écoule le plomb marchand dans des lingottières disposées en demi-cercle.

    Coupellation :

    Les alliages ternaires riches en argent sont distillés, c´est à dire transformés par l´élimination du zinc en un alliage plomb argent traité directement à la coupelle. L´opération de la coupellisation se fait dans un four anglais, à coupelle mobile. La capacité d´une coupelle est d´environ 400kg d´argent. La P annuelle d´argent varie de 6 à 8000 kg suivant la richesse des minerais. Enfin la société de Malfidano retire annuellement de ses minerais quelques kg d´or. Cette fabrication fait l´objet d´un traitement spécial.

    L'usine a fermée ses portes en 2003 et sera totalement détruite en 2005. Il subsiste quelques bâtiments qui sont actuellement réutilisés pour les besoin d'entreprises qui se sont implantées sur le site.

  • Notice historique et description de la tour à plomb de chasse, établie par les recenseurs de la C.R.M.H., Anne Lefebvre et Olivier Liardet, dans le cadre d'un dossier de demande de protection de la tour à plomb de chasse du site de Metaleurop, aujourd'hui détruite. Dossier réalisé en février 2005.

    "La première usine est construite par la Société Françaises des Mines de Malfidano en 1894 pour y traiter les minerais de zinc de ses mines de Sardaigne. L'usine est occupée par les Allemands pendant les quatre années de la Grande Guerre et l'usine est transformée en dépôt de munitions. L'artillerie alliée pilonne le site qui est entièrement détruit par un incendie gigantesque et les bâtiments sont dans un état déplorable. Le 29 janvier 1920, Frédéric Ledoux et André Chastel, directeur général de la Société espagnole Peñarroya, rachètent les droits à dommages de guerre du site de Noyelles-Godault. Les travaux de remise en état débutent alors. Le site reprend ses activités à partir de 1921 avec le redémarrage de l'atelier d'ouvrés de plomb. Deux ans plus tard, les laminoirs à zinc sont opérationnels et en 1924 on inaugure la tour à plomb de chasse. Dès 1925, la production de grenailles de plomb est de 1500 tonnes. Cette même année, la fonderie de zinc à creusets horizontaux est reconstruite avec trois fours. Un quatrième vient s'ajouter en 1926 et une seconde batterie de quatre fours en 1928. De 1934 à 1936, on construit la nouvelle fonderie de plomb sous la direction de Leferrer, directeur de la métallurgie et inventeur d'un four de distillation sous vide de produits argentifères. En 1929, la maison du directeur de l'usine fut surélevé en sous-œuvre de 3,60 mètres équivalent à un niveau complet. Metaleurop est mis en liquidation le 17 janvier 2003 et le site est fermé en mars suivant. Depuis 2004, SITA Nord met en œuvre un plan de dépollution-reconversion du site dénommé AGORA qui voit la destruction de la majorité des structures en élévation notamment les cheminées et les fours et une dépollution des sols."

    "L'édifice de 64 mètres de hauteur est constituée d'une structure métallique poteaux-poutres importée des États-Unis avec remplissage de béton bâtard à la chaux. Il est composé de deux volumes accolés reposant sur un fort radier de béton et un niveau de sous-sol. Le rez-de-chaussée forme un socle carré dans lequel s'inscrive les deux volumes. De part et d'autre du volume le plus petit, prennent place deux terrasses surmontées de parapets avec boules d'amortissement symbolisant la fabrication des plombs de chasse. Le grand volume situé à l'ouest, de forme rectangulaire, présente trois rangées de baies sur un côté et deux sur l'autre. Il s'élève de 8 niveaux au dessus du soubassement. Il est sommé d'une plate-forme avec parapet surmonté de boules en amortissement dans les angles et à chaque division de la structure. Le second volume est accolé au grand volume sur son grand côté est. D'une seule baie de côté, il s'élève de fond jusqu'au niveau 14 qui en forme le sommet avec parapet et boules d'amortissement comme celui du grand volume avec en sus un toit à quatre pentes surmonté d'une boule servant de cheminée. Les circulations verticales sont toutes entières concentrées dans ce second volume laissant libre la totalité des surfaces du grand volume."

    "S'il subsiste encore une tour à plomb à Couëron (Loire-atlantique) construite entre 1875 et 1878, celle de Noyelles-Godault est unique pour cette période avec sa structure métallique innovante poteaux-poutres et par son décor Art Déco de boules d'amortissement rappelant la fabrication des plombs de chasse. Elle se trouve dans l'état où l'arrêt de la production l'a laissée avec la coulée de plomb encore présente et l'ensemble de son équipement, machines, outils, produits finis. Elle est un signal fort dans le paysage du bassin minier par ses dimensions qui atteignent celles d'un chevalement et par sa singulière silhouette Art Déco."

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Pas de Calais. M4947. Usine à zinc et plomb de Noyelles-Godault, n'emploie pas de pyrites et n'opère pas de grillages, 1911.

  • AD Pas de Calais. 10R6/130. Société des mines de Malfidano, 1919. Dommages de guerre, plans, photographies en noir et blanc des dégats occasionnées sur les bâtiments et le matériel avant et après guerre : transporteur aérien, grues, passerelle, matériel roulant avec ouvriers, remise à locomotive, chaudières, salles des machines ; photographies par activités ; logements du chimiste, des employés et des ouvriers avant guerre.

Documents figurés
  • Carte éditée par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, groupement d'urbanisme du Bassin Minier du Pas-de-Calais, groupement Hénin-Liétard-Carvin, n-°15, 1/10000, 1951. Conseil Régional Hauts-de-France, Direction de l'Information et de l'Accueil, Centre de documentation du patrimoine, Lille

Bibliographie
  • Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, DAIRE, Centre de documentation du patrimoine, Lille. Mines et cités minières du Nord et du Pas-de-Calais. Photographies aériennes de 1920 à nos jours. Presses universitaires de Lille, 1990.

    p. 246
  • Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, DAIRE, Centre de documentation du patrimoine, Lille. Société minière et métallurgique de Penarroya in Le Pas-de-Calais, extrait de la collection Richesses de France, 1955.

  • Centre de documentation, DRAC Nord-Pas de Calais, Lille. Histoire d'une société : Peñarroya 1881 - 1981, imprimerie du Jaguar, Paris, 1981, 213 p.

Périodiques
  • Le Nord Industriel, septembre 1934.

Multimedia
  • http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/metaleurop.html

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