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dispensaire Saint-Raphaël et maternité Sainte-Anne, puis hôpital dit clinique Saint-Raphaël, actuellement école supérieure

Dossier IA59004201 réalisé en 2002

Fiche

Vocables Sainte-Anne, Saint-Raphaël
Appellations dispensaire Saint-Raphaël, maternité Sainte-Anne
Destinations école supérieure
Dénominations dispensaire, maternité
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Ouest
Adresse Commune : Lille
Adresse : 86 rue du Port
Cadastre : 1993 NS 39

La décision de construire l'édifice est liée à l'histoire de la fondation de l'Université catholique autorisée en 1875 en application de la loi du 12 juillet 1875, dite loi Wallon, relative à la liberté de l'enseignement supérieur. Camille Féron-Vrau, docteur en médecine et appartenant à une riche famille d'industriels, s'attacha plus particulièrement à la création en 1876 de la faculté de médecine et des structures hospitalières nécessaires à son bon fonctionnement, ce dans le cadre plus général de la mise en place des facultés devant constituer la nouvelle Université. Le dispensaire Saint-Raphaël avait été créé dès 1876 ; d'abord établi au 72 rue de Paris, il s'installa en 1889 dans l'édifice sis au 86 rue du Port, construit de 1885 à 1889, et dont l'aménagement venait d'être terminé. Il y occupait le rez-de-chaussée, du côté gauche, et possédait une entrée particulière. Tous les jours, des médecins de la faculté catholique y donnaient gratuitement des consultations spécialisées (maladies des enfants, des femmes, des yeux, des dents, etc.) aux indigents de toute la région. Une maison de santé, située au premier étage, complétait le dispositif local de dispensation de soins, mais dans le cas présent, très vraisemblablement destinée aux malades payants, si l'on en juge par l'usage du terme "maison de santé" qui sous-entendait à cette époque une hospitalisation à titre onéreux : vouée au traitement des maladies chirurgicales, elle était réservée aux femmes voulant être soignées et opérées par les médecins et chirurgiens de la faculté de médecine catholique. La maternité Sainte-Anne occupait tout le reste de l'édifice.

A l'origine, deux salles de l'hôpital Sainte-Eugénie, dont toute la moitié droite des bâtiments constitutifs avait été concédée à la faculté de médecine catholique en 1876, constituaient la "maternité de la faculté libre de médecine". En février 1881, l'administration hospitalière expulsa la dite maternité de l'hôpital Sainte-Eugénie, rebaptisé en 1880 hôpital de la Charité, au prétexte que le contrat qui avait été passé en 1876 avec la commission des hospices civils de Lille ne mentionnait pas expressément l'attribution de ces deux salles à la faculté catholique. Le service fut dès lors déménagé en catastrophe et installé dans une maison particulière sise au numéro 23 de la rue du Marché, dans le quartier de Wazemmes, et prit dès lors le nom de maternité Sainte-Anne. Vite saturée, cette maternité fut transférée dans l'édifice sis au 86 rue du Port en 1889. La maternité proprement dite y occupait une partie du premier étage et le deuxième étage : 15 lits accueillaient les femmes enceintes, sans distinction de naissance ou de résidence. Dans la maison de santé comme dans la maternité, les services médicaux étaient confiés aux professeurs de la faculté libre de médecine tandis que les religieuses Augustines de Cambrai y dispensaient les soins et assuraient la gestion de l'ensemble de l'établissement. La maternité déménagea une nouvelle fois en 1927 pour s'installer au numéro 87 boulevard Vauban, ce qui permit à la maison de santé de s'agrandir à ses dépends. Cette dernière, devenue clinique Saint-Raphaël, fonctionna jusqu'en 1991 où elle fut transférée dans le nouvel hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

La désaffectation de la clinique a amené l'installation en ses locaux de l'École supérieure privée d'application scientifique, dépendant des facultés catholiques. L'intérieur de l'édifice fut alors complètement transformé pour accueillir cette école : une vaste cage d'escalier fut en particulier aménagée à l'intérieur de l'avant-corps, de plan en hémicycle, qui fait saillie sur la façade donnant sur le jardin. Cet avant-corps abritait précédemment toutes les salles d'opérations ou d'accouchement qui s'y trouvaient superposées. Pendant plus d'un siècle, le dispensaire et la maternité ont ainsi rempli un double objectif : d'abord charitable et social en procurant des soins aux indigents, pédagogique ensuite en dispensant instruction et formation pratique à l'intention des étudiants en médecine de la faculté libre de médecine.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1885, daté par source
Auteur(s) Auteur : Dutouquet Louis, architecte, attribution par source

Le bâtiment est implanté en front de rue, les trois travées centrales, formant avant-corps, soulignant l'entrée ; leur baies supérieures, à rose et remplages, correspond à la façade de la chapelle, qui se trouve dans le prolongement La façade sur rue est rythmée par des travées à baies en anse de panier au rez-de-chaussée ; celles du premier étage, à linteau droit, et du deuxième étage, en arc brisé, sont englobées dans un encadrement couvert en arc brisé ; chaque travée est surmontée d'un pignon (à ferme débordante sur la façade sur jardin). L'aspect général est de style néogothique et la succession des travées, bien individualisées, donne un scansion forte à cette longue façade. Deux entrées latérales, couvertes en arc brisé, sont placées aux deux extrémités de la façade sur rue ; celle de gauche porte l'inscription gravée "Dispensaire St Raphaël". Côté jardin un avant-corps à cinq pans fait une forte saillie sur la façade. Il abritait précédemment toutes les salles d'opérations ou d'accouchement qui s'y trouvaient superposées, la forte saillie de l'avant-corps faisant bénéficier ces salles d'un bon éclairage naturel grâce à la multiplicité des ouvertures que l'on pouvait y percer. Sur l'arrière s'étend un jardin tracé selon un plan concentrique à allées plus ou moins rayonnantes.

L'édifice, de plan rectangulaire, est construit majoritairement en brique et couvert en ardoise ; l'usage du grès est réservé à l'avant-corps central de la façade sur rue, large de trois travées, aux portails latéraux, aux rampants des lucarnes-pignons et au décor d'architecture constitué de gargouilles et d'un garde-corps ajouré de quadrilobes. L'édifice comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un étage de comble aménagé ultérieurement. Le volume intérieur de la chapelle embrasse les premier et second étages. A chacun des niveaux, un long couloir central, régnant parallèlement à la rue, distribue toutes les pièces, réparties de part et d'autre de ce couloir. Les deux escaliers dans-œuvre, tournants à retours sans jour et en charpente, flanquent l'avant-corps de la façade sur jardin (seul celui de gauche se poursuit jusqu'au deuxième étage). Le sous-sol est entièrement voûté : voûtes en pendentif couvrant toutes les salles situées du côté jardin dont l'ancien réfectoire des sœurs, voûtes en berceau en anse-de-panier sur le couloir central. La chapelle qui s'élève entre le premier et le second étage, est quant à elle voûtée d'ogives.

Murs brique
grès
Toit ardoise
Étages 1 vaisseau, 2 étages carrés, rez-de-chaussée surélevé, étage de soubassement
Couvrements voûte en pendentifs en brique
voûte d'ogives en brique
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
demi-croupe

Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours sans jour, en charpente, suspendu

États conservations remanié
Techniques vitrail
Statut de la propriété propriété d'une association

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives des Facultés catholiques de Lille : projet de construction d'un dispensaire et d'une maternité par l'architecte Louis Dutouquet, plan de distribution du rez-de-chaussée et détails des élévations, 15 mai et 15 juin 1886.

    Facultés catholiques de Lille
Bibliographie
  • Les Facultés catholiques de Lille, plans et vues des édifices élevés de 1879 à 1887 sous le pontificat de N.S.P. le pape Léon XIII. Lille, 1887, planches XVIII et XIX.

    planches XVIII et XIX Facultés catholiques de Lille, bibliothèque
Périodiques
  • LIEFOOGHE, Jacques. « Histoire de la faculté libre de médecine de Lille, des origines à nos jours ». In : Histoire des sciences médicales, tome XXXI, n°2 (1997, 2e trimestre), pages 1-11.

    pages 1-11
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