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Collection Muret

Dossier IM59002857 réalisé en 2015

Fiche

La collection Muret :

L'éditeur scolaire Delagrave a édité un ensemble de solides géométriques, dont certains accompagnés d'un support de projection, crée par Charles Muret, dessinateur, cartographe et mathématicien. Il a inventé cette collection spécifique dédiée à l'enseignement du dessin mathématique entre 1850 et 1875, afin "d'aider les élèves à saisir les subtilités de la géométrie par le toucher et par la vue directe" (François Apéry, 2015). La collection comptait 600 modèles en plâtre, plus ou moins complexes.

Ses modèles les plus complexes ont été acquis par de nombreuses universités (La Sorbonne, Göttingen en Allemagne...), et ont inspiré d'autres fabricants qui proposent de nouveaux modèles en plâtre mais également en bois. Les modèles ne seront plus utilisés, et donc plus fabriqués après la première guerre mondiale.

La quinzaine de modèles encore possédés par le lycée fait partie des formes simples. La collection complète devait sans doute être plus étoffée, car le lycée conserve d'autres planches de projection (22 au total) pour lesquelles le plâtre correspondant n'a pas été retrouvé. Devenus inutiles avec les évolutions pédagogiques, ces modèles ont très rarement été conservés.

Dénominations instrument de dessin
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Tourcoing-Sud
Adresse Commune : Tourcoing
Adresse : 80 boulevard Gambetta ,
Cadastre :

L'éditeur scolaire Delagrave a édité, entre 1850 et 1914 environ, un ensemble de solides géométriques, dont certains accompagnés d'un support de projection, créés par Charles Muret, dessinateur, cartographe, mathématicien et géomètre de la ville de Paris. Entre 1850 et 1875, ce dernier a complété et diffusé cette collection spécifique destinée à l'enseignement du dessin mathématique, en s'appuyant sur les modèles et les idées développées par son professeur L. L. Bardin, ancien professeur des Écoles d'artillerie et des cours industriels de Metz, à l’École Polytechnique, ancien directeur des études à l’École Centrale.

Ces solides doivent aider les élèves à saisir les subtilités de la géométrie par le toucher et par la vue directe. "Leur vue répétée constitue un premier enseignement qui initie les jeunes gens aux formes et aux appellations de la géométrie (...). La combinaison de ces formes entre elles serait alors présentée comme des faits et non comme un résultat à trouver. On les présenterait en grand nombre, parce qu'il y a de l'instruction dans la variété. On arriverait à donner promptement, et pourtant avec une solidité suffisante, des notions premières que le temps, cet élément qui manque dans toutes les écoles, ne permet pas d'exposer de manière dogmatique. Enfin, qui ne sait que le langage ordinaire est presque toujours insuffisant dans les questions où il s'agit de formes ? (...) Objecterait-on que cet appel aux sens, que cette manière de parler aux yeux peut rendre l'esprit paresseux, nuire au travail de raisonnement, ne plus laisser assez de difficultés dans l'entendement des abstractions géométriques, en un mot abaisser l'enseignement ? L'expérience montre que ces craintes n'ont rien de fondé et que les intelligences fortes s'arrangent aussi bien que les autres de ces secours matériels. Les sciences mathématiques et les sciences physiques prennent chaque jour un plus grand développement, et il y a convenance et nécessité d'en faciliter les abords par tous les moyens. Quoi de mieux qu'un premier enseignement par les yeux qui s'adresse d'abord à l'imagination, donne à l'attention un premier degré de force, fournit des souvenirs à la mémoire et éveille les vocations ? La réflexion, la généralisation et le raisonnement font le reste". C'est par cette longue citation de son professeur que Charles Muret introduit son catalogue de 1870, dans lequel il cherche à justifier "l'utilité des corps géométrique en relief". Il ajoute que ces modèles sont particulièrement adaptés à l'enseignement secondaire spécial car :"Beaucoup d'élèves éprouvent des difficultés à se représenter des figures géométriques dans l'espace. Cependant, lire dans l'espace est une faculté indispensable aux industriels et aux ouvriers, et il faut par tous les moyens possibles, s'efforcer de la développer dans l'esprit des élèves des cours spéciaux. Les yeux doivent venir constamment en aide à l'intelligence. En construisant ces nombreux modèles, on n'a pas seulement à l'esprit l'étude de la topographie ou de la géométrie descriptive, mais aussi le dessin industriel dont il serait si utile de propager l'enseignement. Quand il s'agit de la figure, de l'ornement et du paysage, on dessine d'après la bosse ou d'après nature ; pourquoi ne pas le faire pour les formes géométriques si fréquemment employées dans les arts et l'industrie ? En effet, les sujets ordinaires du dessin d'imitation, considérés du point de vue de la lumière et de la perspective, ne représentent rien qu'on ne trouve sur les polyèdres, les cônes, les cylindres ou les corps de révolution de la collection des lycées."

La collection complète comptait un peu plus de 600 modèles en "plâtre mat", plus ou moins complexes, "suffisants pour répondre à tous les programmes". Elle était accompagnée pour ceux utilisés en lycées, d'un ouvrage édité en 1882 chez Delagrave intitulé "Collections stéréotomiques de Charles Muret, données numériques et dessins perspectifs d'une nouvelle collection de modèles en plâtres à l'usage des classes de mathématiques spéciales". Ceux-ci se répartissaient en plusieurs catégories. L'enseignement primaire bénéficie de formes simples : prismes, corps ronds, combinaisons de solides pour l'étude des pénétrations, 10 petits solides élémentaires de 10 cm de haut posés chacun sur un plan de projection. La géométrie descriptive, telle qu'enseignée dans les lycées, réclame des formes plus complexes : prismes et pyramides, intersections de polyèdres, de cônes et de cylindres, de sphères et de cylindres qui montrent des pénétrations suivant des courbes d'entrée et de sortie distinctes. Les classes de mathématiques spéciales ont également une série de modèles spécifiques comme les classiques polyèdres, mais aussi le "tore à jour", ou "l'hyperboloïde de révolution équilatère à deux nappes avec le cône asymptote mobile et ses sections planes"...

La collection comprend également des modèles pour l'enseignement de la géométrie appliquée à l'architecture, aux coupes de bois et de pierre, comme des balustres ou des colonnes, et des modèles de coupes géologiques en plâtre accompagnés de cartes afin d'initier à la topographie.

Les modèles mathématiques les plus complexes ont été acquis par de nombreuses universités (La Sorbonne, Göttingen en Allemagne...), et ont inspiré d'autres fabricants qui proposèrent de nouveaux modèles en plâtre mais également en bois. Ils ne sont plus utilisés, et donc plus fabriqués, après la première guerre mondiale.

Une facture retrouvée aux Archives Communales de Tourcoing, adressée par M. Muret au lycée, permet de dater l'acquisition des volumes à le fin de 1887. Ces solides se décomposent en deux ensembles : pour la géométrie et pour le dessin. Les premiers comprennent 10 solides en bois et 13 en plâtre, "fixes ou décomposables" montés sur des socles en bois, pour un coût total de 110 francs. Les seconds "6 combinaisons diverses pour l'étude du point, de la ligne droite, du plan et des angles pour 100 francs ; 24 solides simples ou pénétrés (n° 367 à 389) avec épures", pour un prix de 115 francs.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : Muret Charles,
Charles Muret (18?? - 18??)

Élève de Bardin, il est comme son maître cartographe, dessinateur et géomètre... on lui doit la création de solides en plâtre pour l'enseignement du dessin géométrique ainsi que l'établissement de nombreuses cartes topographiques de régions de France, comme le massif des Vosges, mais aussi de pays étrangers,, comme celle d'Athènes et du port du Pirée. Il exerce au 134 rue d'Assas, à Paris, en tant que géomètre de ville de Paris.


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auteur du modèle

La quinzaine de modèles encore possédés par le lycée fait partie des formes simples de la collection Muret.

Deux modèles, de 26 cm de haut chacun, possèdent un socle plan débordant et portent des lignes gravées indiquant les axes de projections. Ils appartiennent sans doute à la série des "13 solides en plâtre avec socle en bois" pour l'enseignement de la géométrie identifiés dans la facture adressée par Muret au lycée fin 1887.

Les autres n'ont pas de socle, mais leur base porte en son centre un petit bouton en relief qui vient s'emboiter dans le trou présent sur les planches de projection, ce qui leur permet d'être correctement positionnés. Les formes des volumes peuvent être très simples, comme des tubes ou des cônes, ou plus complexes avec des évidements, des trous traversants ou des pièces qui s'imbriquent les unes dans les autres. Leur taille n'excède pas 20 cm de hauteur, avec des diamètres variant de 10 à 20 cm. Si l'on se réfère à la facture, la collection acquise par le lycée comptait 24 solides.

Les planches de projection, appelées "épures" par Muret, comprennent plusieurs feuillets en carton fort reliés par de la toile. Chaque partie d'une planche mesure environ 25 x 35 cm. Le lycée conserve 22 planches de projection, sur les 24 achetées, qui ne disposent malheureusement pas toutes du plâtre correspondant.

Les numéros portés par les modèles conservés, corroborés par ceux mentionnés sur la facture, font tous partie des pièces indiquées comme nécessaires par le Ministère de l’Instruction Publique pour l'enseignement des mathématiques spéciales.

Matériaux plâtre, monolithe
carton
Inscriptions & marques marque de marchand
Précision inscriptions

Le cachet de forme ovale, en métal, est apposé sous chaque volume. Il porte le texte suivant "Collections Muret - Ch. Delagrave éditeur, 15 rue Soufflot, Paris". Le numéro du modèle est rajouté au centre du cachet, en chiffres manuscrits.

Références documentaires

Documents d'archives
  • MURET, Charles. Choix de modèles en plâtre et en fils, destinés à l’enseignement de la géométrie élémentaire et de la géométrie supérieure, de la géométrie descriptive et de ses applications aux ombres, à la perspective et à la coupe des pierres, du dessin géométrique, des levés d'après nature, etc... Crées par L.L. Bardin, ancien professeur des Écoles d'artillerie et des cours industriels de Metz, à l’École Polytechnique, ancien directeur des études à l’École Centrale, modifiés et continués par Charles Muret, son élève, géomètre de la ville de Paris - Collections stéréotomiques de C. Muret, successeur de L.L. Bardin, adoptées par le Ministère de l'Instruction Publique, pour l'usage des écoles normales, des écoles spéciales, des écoles de dessin, de l'enseignement secondaire spécial et par la ville de Paris pour ses écoles de dessin géométrique. Paris : Charles Delagrave, 15 rue Soufflot, vers 1870.

    Institut mathématique Henri Poincaré, Paris

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - GIRARD Karine
Karine GIRARD , né(e) GIRARD (02 septembre 1967 - )
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