Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Cité jardin dite Cité Bruno de Boisgelin, ou des Polonais de la Compagnie des mines de Dourges

Dossier IA62001140 réalisé en 2002

Fiche

Appellations Cité Bruno de Boisgelin, ou des Polonais
Parties constituantes non étudiées conciergerie, église, presbytère, salle des fêtes, rue, jardin, école
Dénominations cité jardin
Aire d'étude et canton Pas-de-Calais - Leforest
Adresse Commune : Dourges
Adresse : rue Roger-Salengro , rue Félix-Faure
Cadastre : 1980 AI, AK 144 à 147, 151 à 163, 239

Composée de maisons en série et de maisons jumelles, et située à mi-chemin entre les puits 2 et 8 de de la Compagnie des Mines de Dourges, la cité Bruno de Boisgelin, aussi appelée cité des Polonais puisqu'elle concentrait des mineurs issus de cette communauté, est constituée d'un ensemble édifié de 1904 à 1908 : la cité Bruno Ancienne (du prénom du fils du directeur des mines de Dourges, de source orale). Elle est considérée par Georges Benoit-Levy comme le premier village-jardin en France ; elle est la première cité-jardin construite par la Compagnie des Mines de Dourges. Elle est mixte puisqu'une première partie, aux artères rectilignes, est constituée dès 1904 et qu'une seconde partie, aux artères courbes, date de 1907-1908-1909 ; dans cette dernière, l'accent est mis sur la diversité des types de maisons, le décor architectural et les notions hygiénistes émergentes. La cité servira de modèle pour d'autres ensembles d'habitations ouvrières de la compagnie de Dourges comme Foch, Darcy ou Crombez respectivement situées à Hénin-Beaumont et Noyelles-Godault, et la compagnie considérée comme l'initiatrice des cités-jardins dans le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais.

L'église Saint-Stanislas, le presbytère et la salle des fêtes auraient été achevés en 1927-1928 ainsi que la cité Nouvelle située de l'autre côté de la rue Roger-Salengro. Le groupe scolaire et les deux groupes de deux logements d'instituteurs dateraient de 1931. La plupart des annexes des maisons ont perdu leur forme originelle : les toits en terrasse ont été remplacés par des toit à longs pans couverts de tuiles. La cité a été récemment réhabilitée : les huisseries en bois ont été remplacées par du PVC. L'église Saint-Stanislas et le presbytère ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2009 ; le bas-relief ou retable en 2008.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1904, daté par source
Auteur(s) Auteur : Delille, architecte, attribution par travaux historiques

Aérée et arborée, la cité ancienne est une cité-jardin formant un ensemble cohérent de maisons de style anglo-normand semblable à celui de la cité Foch d'Hénin-Beaumont. Toutes les habitations comportent un jardin et abritent de 2 à 4 familles. Elle se compose de 12 types de logements pour un total de 68 maisons et de 172 logements : 16 maisons ouvrières de type A30 de 1904 à 4 logements, 2 type B30 de 1904 à 2 logements, 12 type C32 de 1906 à 2 logements, 2 type D34 de 1906 à 2 logements, 1 type J40 de 4 logements sans date sur le plan, 8 type G37 de 1907-1908 à 2 logements, 8 type F36 de 1907-1908 de 2 logements, 6 types I36 de 1907-1908 à 2 logements, 4 type F35 de 1908 à 2 logements, 3 type H38 de 1907 à 2 logements, 4 type E35 de 1907 à 2 logements, 1 type G36 de 1907 à 2 logements. L'église Saint-Stanislas, le presbytère, une salle des fêtes (salle Bruno), une maison de garde, une coopérative, 4 logements d'instituteurs et 2 écoles complètent cet ensemble. Les logements d'instituteurs présentent des similitudes avec ceux construits pour les porions et les instituteurs à Evin-Malmaison à la cité Cornuault et à Oignies à la cité Declercq (type ME194). L'église de style néo byzantin, dont la forme est proche de l'église Sainte-Marie (détruite en 2006) de la cité Foch à Hénin-Beaumont, est en béton ainsi que la maison du garde et le presbytère. Les maisons sont majoritairement construites en briques, certaines enduites de ciment. Les façades sont décorées de jeux de brique et de faux colombages en ciment, quelquefois peints.

Murs brique
ciment
béton
enduit partiel
Toit tuile flamande mécanique
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
appentis
demi-croupe
Jardins carré de jardin
Typologies cité jardin
Techniques maçonnerie
peinture
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cité ouvrière

Annexes

  • Art et Coopération dans les cités-jardins, 1911, p 195 - 197 ; III Les villages-jardins des mines de Dourges

    Extrait de Art et Coopération dans les cités-jardins, 1911, p 195 - 197 ; III Les villages-jardins des mines de Dourges ; 1 Origines

    C'était en 1906, que je me rendis pour la première fois à Dourges, appelé en consultation comme ingénieur social. La même année, l'architecte de la Société des Mines de Dourges, M. E. Delille, devenait membre et correspondant de l'Association des Cités-Jardins de France, et était délégué à notre voyage annuel aux Cités-Jardins anglaises ; il se livrait aussi à différentes recherches sur l'esthétique de la rue, dans les vieux villages et les vieilles villes de France. De cet ensemble de consultation et d'études, de rapports présentés au Conseil d'administration, résulta la décision de construire un groupe de maisons suivant l'ordonnancement et suivant les principes en usage dans les Cités-Jardins. "Le projet était hardi, - nous écrivait-on récemment ; -il s'agissait d'abandonner un mode d'implantation rectiligne qui était devenu la règle, et d'ériger les groupes de maisons de manière à ménager des perspectives et à donner à la ligne courbe la prédominance sur la ligne droite : il s'agissait aussi de modifier totalement l'esthétique des cités ouvrières, et d'entrer dans une voie où aucune société industrielle ne s'était engagée en France". Il est à l'honneur de cette société d'avoir eu confiance dans nos prédictions, et d'avoir bien voulu tenter l'expérience ; son conseil d'administration n'aurait pu faire une œuvre sociale d'un intérêt plus considérable ; ce ne sont pas seulement ses ouvriers, mais le pays entier qui auront contracté envers elle une dette de reconnaissance pour avoir résolument, la première, édifié en France un véritable Village-Jardin, prélude de nos futures Cités-Jardins. J'ai eu souvent occasion de causer avec le directeur, M. Prud'homme ; j'ai chaque fois été heureux de constater combien il s'était engagé cœur et âme à l'amélioration des conditions de vie de ses milliers de collaborateurs, qui mènent la dure existence des mineurs." Grâce à lui, grâce à ses ingénieurs et à son architecte, grâce à son Conseil d'administration, un peu de poésie, de beauté, de charme, auront pénétré au foyer de ceux qui n'avaient jusqu'alors connu que le triste logis des cités ouvrières. Que l'on ne nous accuse pas de louanges exagérées et de dithyrambes ; nous ne pourrions plus sincèrement exprimer notre enthousiasme et notre admiration pour l’œuvre réalisée. Nous ne pouvons d'ailleurs que donner un conseil à ceux qui doutent : c'est d'aller eux-mêmes se rendre compte. Commencés en 1906, dans le quartier de Dourges, par un groupe de 75 maisons, les nouveaux Villages-Jardins créés depuis par la Société des mines de Dourges à Hénin-Liétard, et sur d'autres points de la concession, comprennent actuellement 420 cottages, ce qui représente vingt-cinq habitations à l'hectare. Il y avait déjà eu auparavant 1350 habitations construites sur le type des corons. Ce type est abandonné à jamais, et on pense développer désormais les villages-jardins à l'exclusion de toute autre combinaison. Les maisons appartiennent toutes à la Société Compagnie minière : celle-ci les loue, à un taux très modéré, à ses ouvriers.

    2. Visite du Village-Jardin de Dourges1° Principes de décoration architecturale et florale2° Aspect des quartiers et des avenues A Quartiers B Avenues3° Impression générale3. Dispositions hygiéniques4. La maison1° Considérations générales2° Les matériaux3° Visite d'une maison construite en 1909 (fig.25, 26)4° Les différentes parties de la maison A Le porche B La buanderie C La salle commune (fig. 27, 28) D La chambre à coucher des garçons E La chambre des parents, la chambre des filles5° Prix de revient5. La vie sociale6. Établissements industriels

Références documentaires

Documents d'archives
  • Société des Mines de Dourges, à Hénin-Liétard : Cités-jardins, Exposition internationale du Nord de la France, Roubaix, 1911, Centre Historique Minier de Lewarde, 3302.

  • Notice sur la société des Mines de Dourges à Hénin-Liétard. Société des Mines de Dourges, 1909. Centre de documentation, Centre historique minier de Lewarde, 2338

  • Société des Mines de Dourges. Habitations ouvrières, août 1909. Archives départementales du Pas de Calais, X 177

  • Carte éditée par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, groupement d'urbanisme du Bassin Minier du Pas-de-Calais, groupement Hénin-Liétard-Carvin, n-°15. Conseil Régional Hauts-de-France, Direction de l'Information et de l'Accueil, Centre de documentation du patrimoine, Lille

  • Déclarations de constructions nouvelles effectuées par la société des mines de Dourges pour faire-valoir la loi du 8 août 1890 concernant la contribution foncière, 1924 à 1928. Archives départementales du Pas de Calais, 3 P 1771

  • Comité de patronage des habitations à bon marché, demande de certificat de salubrité présentée par la compagnie des mines de Dourges, 1908-1909. Archives départementales du Pas de Calais, X 176

  • Compagnie des mines de Dourges, demande de certificat de salubrité, renseignements et avis de l'ingénieur des T.P.E, 1926. Indication sur la date de construction de l'aqueduc de la cité. Archives départementales du Pas de Calais, X 178

  • Société des Mines de Dourges, Notice. Hénin-Liétard : Plouvier-Dekindt, 1905. Plan de la concession et planche du pavillon de quatre maisons ouvrières édifié à Dourges à la cité Bruno, 1905. Centre de documentation, Centre historique minier de Lewarde, 3660

  • Société des Mines de Dourges, Notice. Hénin-Liétard : Plouvier-Dekindt, 1909. Plan de la concession, 1909. Centre de documentation, Centre historique minier de Lewarde, 3661

Documents figurés
  • Exposition internationale du Nord de la France, Roubaix, 1911 : Société des Mines de Dourges, à Hénin-Liétard. Vue axonométrique de la fosse Darcy et des cités-jardins Voisin, Promper, Darcy et Margodillots. Centre de documentation, Centre historique minier de Lewarde, 3662

Bibliographie
  • Georges Benoit-Lévy, La cité-jardin, troisième volume de Art et coopération dans les cités-jardins, éditions des cités-jardins de France, 1911. Collection particulière

  • Petites constructions à loyers économiques et cités-jardins, Gaston Lefol, Librairie générale de l'architecture et des arts décoratifs. Charles Massin éditeur, Paris, 1913. Collection particulière

  • La cité-jardin, dans la Gazette des Beaux-Arts, n°632, juin 1910.

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Van Bost Nathalie