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Chapelle du lycée Gambetta

Dossier IA59004487 réalisé en 2013

Fiche

Destinations chapelle, salle de spectacle
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Tourcoing - Arrondissement de Lille
Adresse Commune : Tourcoing
Adresse : 80 boulevard Gambetta
Cadastre : 2014 000 HZ 01 2

L'arrêté de création des lycées prévoyait la présence d'un aumônier dans chaque lycée car la formation et la pratique religieuse étaient obligatoires pour tous les internes, ce qui concernait donc la quasi-totalité des lycéens, et optionnelle pour les externes. Cette éducation religieuse comprenait deux prières quotidienne (une le matin et une le soir), une messe le dimanche, le bénédicité les jours de fête religieuse, une heure de catéchisme par semaine (y compris pour les élèves non-catholiques), et pour les volontaires la préparation à la communion et à la confirmation. Ce programme, qui ne s'inscrit pas dans les programmes scolaires et ne fait donc l'objet d'aucun examen pas plus qu'il ne conditionne le passage d'un niveau à un autre, ne change quasiment pas jusqu'en 1880. Enseignement et pratiques religieux sont assurés par un aumônier nommé par le proviseur, après la validation de l’évêché, qui dispose dans l'établissement d'un logement de fonction. Cependant, si les textes n'imposaient pas la présence d'une chapelle et autorisaient les proviseurs à emmener leurs élèves assister aux prières dans les églises situées à proximité du collège, par commodité, beaucoup décidèrent de la construction d'une chapelle dans leur établissement. En 1861, les directives données par le ministère de l'Instruction pour l'établissement d'un lycée indiquent que la chapelle doit être placée dans un endroit apparent, ressembler à une église, et être visible depuis l'extérieur du lycée. Une évolution essentielle est introduite en 1880 avec la création des lycées de jeunes filles. Désormais, l'enseignement religieux, quelle que soit la religion, concerne uniquement les élèves, y compris les pensionnaires, pour lesquels les parents ont explicitement fait une demande. Il est assuré par des ministres du culte qui ne sont plus fonctionnaires et ne résident plus dans l'établissement. La loi Paul Bert de 1882 aligne le régime des lycées de garçon sur celui des lycées de fille. La conséquence quasi-immédiate est une diminution générale et importante des pratiques religieuses au sein des lycées, même si celle-ci est plus marquée à Paris qu'en province.

Bien que les chapelles ne disparaissent définitivement de la liste des bâtiments que doit contenir un lycée qu'en 1929, dès 1891, les instructions ministérielles sonnent le glas des chapelles dans les lycées : ces dernières doivent être visuellement les plus discrètes possibles qu'il s'agisse de leur élévation ou de leurs décors et il est même explicitement précisé "qu'elles ne doivent en aucun cas avoir l'importance d'une église", leur emplacement doit être choisi pour ne pas gêner le service scolaire... et n'importe quelle pièce aux dimensions suffisantes, c'est à dire pouvant accueillir la moitié des élèves, peut faire l'affaire.

La chapelle du lycée est donc la parfaite illustration des instructions ministérielles de 1880.

Son intérêt réside ainsi essentiellement dans sa présence au sein du lycée, associée à celle d'un logement de fonction pour l'aumônier, à un moment où l'obligation d'une pratique religieuse dans les lycées disparaît avec les lois Camille Sée (1880) et Paul Bert (1882).

On peut cependant imaginer que leur présence avait comme vocation d'affirmer la moralité de l'enseignement public... et comme conséquence de décider quelques parents à choisir le lycée Gambetta plutôt que les écoles confessionnelles voisines, choix d'autant plus important qu'à l'époque de la construction du lycée, la scolarité et l'internat sont payants et fournissent à l'établissement une partie des fonds nécessaires à son fonctionnement.

Il est aussi possible que le maintien d'une chapelle soit plus spécifiquement lié au contexte local, où le poids des écoles confessionnelles françaises et belges est particulièrement prégnant.

L'intérêt porté par les promoteurs du lycée et l'architecte à la chapelle est très visible si l'on regarde les documents produits par Carlos Batteur en 1885 pour illustrer son projet, et validés la même année par le Ministère de l'Instruction Publique : sur 11 planches consacrées au mobilier ou à des détails d’architecture, une lui est entièrement dévolue (plan, mobilier tel que l'autel, le confessionnal, le chasublier mais aussi les bancs...), et une seconde, parmi d'autres dessins, précise la forme des ouvertures et la modénature du remplage.

Deux relevé des dépenses acquittées pour le lot mobilier, en date de décembre 1885 et de mai 1886, mentionnent le coût de la plupart des éléments mobilier de la chapelle. Ainsi, le "meuble de sacristie avec tiroir" a coûté 250 francs, la "chaire à prêcher en chêne" 350 francs, l'autel 500 francs, les 120 bancs en chêne 1 626 0 francs et les 9 de communion en fonte 360, mais seulement 50 francs pour les 2 confessionnaux ! A eux seuls, les vitraux ont coûté 1 500 francs, à raison de 50 francs par vitrail.

Le mobilier religieux de la chapelle n'a été enlevé que dans les années 1980 : la chaire en 1984 et la croix de l'abside une dizaine d'années plus tard ! La chapelle sert aujourd'hui de salle de spectacle pour les productions des élèves de l'établissement. Le projet de restructuration de l'établissement engagé par la Région depuis 2005 prévoit d'équiper la chapelle, considérée comme "un lieu de mémoire" dans le cahier des charges, d'une scène, d'une arrière-scène et d'une régie.

Dates 1885, daté par source
Auteur(s) Auteur : Batteur Carlos,
Carlos Batteur (5 juillet 1844 - 1913)

Carlos Batteur (1844 - 1913), architecte. Né et mort à Lille. Cet ancien élève des Beaux-Arts, résident de l'Atelier Wicar à Rome de 1867 à 1871 et membre de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, travailla toute sa vie dans la région lilloise.

On lui doit de nombreuses réalisations, dont :

- Lycée Gambetta de Tourcoing (1883-1885)

- Faculté des Sciences de Lille (vers 1886) place Philippe Lebon

- Institut de Physique de Lille, (vers 1892) rue Gauthier de Châtillon

- Maison des étudiants du quartier des écoles à Lille, (vers 1892) rue de Valmy

- Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie de Lille (1886-1892) rue Jean Bart

- Prison cellulaire (Maison d'arrêt) de Loos-lez-Lille (1898-1905)

- Usine Holden de peignage moderne de la laine à Croix dont la cheminée culminant à 105 m, inaugurée en 1887, fut la plus haute de France

- Filature des frères Mahieu (1924) à Armentières


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architecte, attribution par source
Auteur : Masquillier Augustin,
Augustin Masquillier

Entrepreneur, Tourcoing.

Milieu XIXème - début XXème ?

Dépositaire du brevet des bétons armés Hennebique.

Il était également capitaine - commandant du corps des sapeurs-pompiers de Tourcoing.


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entrepreneur, attribution par source

La chapelle d'un seul niveau, à laquelle on ne peut accéder que depuis le bâtiment B, présente une nef à vaisseau unique couverte par un lambris de couvrement plat. L'abside circulaire saillante, qui ouvre sur la nef par une arcade en plein cintre, est couverte par une fausse voûte en cul de four.

A l'opposé de l'abside se trouve une tribune en bois enclose d'une balustrade et supportée par deux colonnettes en fonte.

Les baies en plein cintre sont occupées par un remplage en lancettes géminées en plein cintre surmontées d'un oculus.

La toiture de la nef est à longs pans, tandis que celle de l'abside est en croupe pentagonale.

Murs brique appareil en damier
calcaire maçonnerie
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 étage carré, 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
fausse voûte en cul-de-four
Élévations extérieures élévation ordonnancée, élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe polygonale
Escaliers
États conservations remanié
Mesures :

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan et mobilier de la chapelle du lycée Gambetta à Tourcoing, dessin à l'encre et à l'aquarelle, par Carlos Batteur, architecte, janvier 1885 (AC Tourcoing, série M4D, carton 6, pochette 4). 70 x 100 cm environ. Le document porte deux dates : celle du dépôt du projet par l'architecte en janvier 1885, et celle de la signature pour validation par le maire de Tourcoing et le Ministère de l'Instruction Publique en juin 1885.

  • Lycée Gambetta à Tourcoing. Remplage des baies de la chapelle, cheminée pour les bureaux, plan de la salle de dessin et d'une lingerie avec ses meubles, fourneau de cuisine et tables de laboratoire, dessin à l'encre aquarellé, par Carlos Batteur, architecte, janvier 1885 (AC Tourcoing, série M4D, carton 6, pochette 4). 70 x 100 cm environ. Le document porte deux dates : celle du dépôt du projet par l'architecte en janvier 1885, et celle de la signature pour validation par le maire de Tourcoing et le Ministère de l'Instruction Publique en juin 1885.

Bibliographie
  • MARAIS, Jean - Luc. L'aumonier des lycées (1802 - 1959). In CASPARD Pierre, LUC Jean-Noël, SAVOIE Philippe. Lycées, lycéens, lycéennes, deux siècle d'histoire. Actes du colloque éponyme (2002, La Sorbonne, Paris). Lyon : Institut National de recherche Pédagogique, 2005

    p.99 - 115
Périodiques
  • LE COEUR, Marc. L'architecture et l'installation matérielle des lycées : la réglementation et sa mise en œuvre (1802 - 1940). In CASPARD Pierre, LUC Jean-Noël, SAVOIE Philippe. Lycées, lycéens, lycéennes, deux siècle d'histoire. Actes du colloque éponyme (2002, La Sorbonne, Paris). Lyon : Institut National de recherche Pédagogique, 2005

    p. 363-380
(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - GIRARD Karine
Karine GIRARD , né(e) GIRARD (02 septembre 1967 - )
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