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asile d'aliénés dit maison de santé de Saint-Jean-de-Dieu, dit ensuite centre hospitalier spécialisé de Lommelet, actuellement établissement public de santé mentale de l'agglomération lilloise

Dossier IA59000343 réalisé en 1994

Fiche

Vocables Immaculée-Conception de la Vierge Marie
Appellations maison de santé de Saint-Jean-de-Dieu, centre hospitalier spécialisé de Lommelet, établissement public de santé mentale de l'agglomération lilloise
Parties constituantes non étudiées chapelle funéraire
Dénominations asile d'aliénés
Aire d'étude et canton Nord - Pas-de-Calais - Lille-Ouest
Adresse Commune : Saint-André-lez-Lille
Adresse : 193,197 rue du Général-Leclerc
Cadastre : 1993 B4 146 Quoique l'établissement ait son adresse postale à la commune de Saint-André-lez-Lille, la majeure partie de son terrain d'assiette se trouve sur le territoire de Marquette-lez-Lille.

Cette maison de santé destinée à l'accueil d'aliénés fut fondée par huit frères de l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu dont leur supérieur, Paul de Magallon d'Argens (1784-1859) avait été le restaurateur de cet ordre religieux en France. Dénommé en religion père Jean de Dieu, Paul de Magallon avait servi dans les armées du Premier Empire comme capitaine. Celui-ci acquit le 8 novembre 1825, devant notaire, une propriété d'un hectare sur laquelle s'élevait un château, située sur le hameau de Lommelet et appartenant au territoire de la commune de Marquette-lez-Lille. Au tout début du fonctionnement de la maison de santé en 1828, sa capacité d'accueil était de 24 malades desservis par huit religieux, mais elle s'accrût très rapidement par la suite et cet accroissement se poursuivrait de manière presque continu jusqu'au milieu du 20e siècle. Les premiers travaux de construction de bâtiments neufs furent exécutés sur les plans et sous la conduite de l'architecte Charles Verly dans les années 1836-1837 au cours desquels furent édifiés trois grands corps de logis : le bâtiment principal fermant le fond de la cour d'honneur, l'aile avant gauche donnant sur la même cour et une aile en retour sur l'arrière du côté droit. Compte tenu de cette importante extension, le nombre des patients se montait à 203 en 1850. Comme dans tous les autres établissements gérés par l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, l'accueil y était exclusivement réservé aux malades de sexe masculin. Par ailleurs, quoique cet établissement eût été implanté dans le département du Nord, il était destiné en fait à l'accueil de patients en provenance des départements du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne et même de l'Oise, et ce avant la construction d'un asile d'aliénés dans chacun des départements respectifs correspondants.

La château primitif fut détruit en 1855, probablement en prévision de la réalisation d'un projet d'extension des locaux rendu nécessaire par l'accroissement considérable de l'effectif des malades reçus, qui étaient alors au nombre de 310. De fait, l'ensemble des bâtiments hospitaliers bénéficia d'importants agrandissements à partir de 1858, sous la direction de l'architecte Sauvage. Après la fin de l'exécution de ces travaux, en 1860, au cours desquels fut notamment élevée l'aile avant droite bordant la cour d'honneur ainsi que des bâtiments sur l'arrière de cette cour, on atteignit une capacité d'accueil de 500 malades tandis que l'établissement était desservis par 42 religieux. La chapelle, qui figurait déjà en 1858 sur les plans de l'architecte Sauvage, mais seulement sous forme d'avant-projet, fut bâtie entre le 12 juin 1870, date de la pose de la première pierre et le 15 août 1872, date de sa bénédiction solennelle ; elle fut placée sous le vocable de l'Immaculée-Conception de la Vierge Marie.

Ainsi que dans tous les autres asiles d'aliénés, le travail, en particulier dans le domaine de agriculture, tout au moins en ce concerne les hommes, fut instauré, à partir de la fin des années 1830, comme mode de traitement des patients, ce qui incita la direction des asiles à acquérir des exploitations agricoles lorsque l'établissement en était dépourvu au départ : aussi, à partir de 1875, l'asile de Lommelet se dota-t-il d'une ferme modèle et, en 1879, possédait un domaine d'un trentaine d'hectares, parc et bois compris. En poursuivant le même objectif de développer le travail à titre de thérapie, on fit construire des locaux spécifiques et ce fut ainsi que de nouveaux bâtiments destinés à installer des ateliers furent ajoutés en 1886. En 1889 fut bâtie une nouvelle cuisine qui fut couverte d'un toit bombé dont le faîtage était constitué par un lanterneau qui contribuait à la fois à l'éclairage et à l'aération des locaux. En 1914, le nombre des patients s'élevait désormais à 860 pour 35 religieux.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande réquisitionna un partie des bâtiments afin d'y installer un hôpital militaire et cette réquisition de graduelle des locaux se poursuivit jusqu'en juillet 1917 où l'établissement dut être entièrement évacué par les frères de Saint-Jean-de-Dieu et de leurs malades. Les troupes allemandes ne se privèrent pas, lors de leur retraite en octobre 1818, de récupérer et d'emmener avec eux tout ce que contenait l'hôpital. Aussi, l'établissement ne put-il commencer à rouvrir ses portes avant le mois de décembre 1919. Une fois terminée la remise en état des locaux, on effectua des travaux de modernisation : installation du chauffage central en 1923-1924, de l'électricité en 1927, d'un cinéma en 1933. En 1929, une seconde ferme de trente hectares fut acquise. Le bâtiment abritant le pensionnat, c'est-à-dire servant à l'accueil des malades payant pension, probablement devenu trop exigu, fut reconstruit sur place à partir de 1935, mais sur un plan beaucoup plus vaste que l'ancien et l'on procéda à son inauguration le 8 septembre 1937. En partie en raison de cet important agrandissement, le nombre des patients s'accrût notablement et, en 1940, leur effectif s'élevait alors à 1252 personnes pour 29 religieux et 72 employés salariés.

En septembre 1940, soit au début de la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment des services généraux abritant meunerie, boulangerie et buanderie, fut détruit par un incendie accidentel, ce qui amena sa reconstruction en 1948. En 1969, fut inauguré le centre social, dit aussi centre culturel, bâti sur les plans de l'architecte Watel, probablement Jean Watel : il comporte vaste salle de spectacle, piscine, bibliothèque, immense salle des sports, salon de coiffure, le tout articulé autour d'un bar central faisant aussi fonction de hall d'accueil. En 1971, la congrégation de Saint-Jean-de-Dieu confia la gestion de l'établissement à une association à but non lucratif - l'Association sanitaire et sociale de la région lilloise -, et ce en prévision du départ définitif des frères qui quittèrent les lieux le 31 décembre 1971. L'établissement fût finalement racheté par le département du Nord à la Société civile de Saint-Jean-de-Dieu en mai 1975. Comme tous les établissements français de soin aux malades mentaux, le décret du 6 décembre 1972 mua leur dénomination d'hôpital psychiatrique qui remontait au décret du 5 avril 1937, en celle de centre hospitalier spécialisé. Le 14 mai 1981, l'institution reçut le statut d'établissement public départemental. Le 1er janvier 1998 le centre hospitalier spécialisé de Lommelet fusionna avec le centre hospitalier Ulysse-Trélat, sis à proximité, pour donner naissance à une nouvelle entité : l'établissement public de santé mentale de l'agglomération lilloise, l'intitulé "établissement public de santé" ayant été substitué à celui de "centre hospitalier spécialisé" par la loi hospitalière du 31 juillet 1991.

Sur les terrains bordant sur la droite le longue allée plantée d'arbre qui mène au cœur de l'ancien établissement fut édifié, à partir du mois de mars 2011, sur les plans et la conduite du cabinet d'architecture Laurent Gilson, un nouveau centre de soin avec 80 lits de psychiatrie générale adulte et 20 lits d'addictologie ; cet ensemble de bâtiments neufs peu élevés, répartis autour de patios, fut inauguré le 22 novembre 2013.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle , porte la date
Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1836, porte la date
1858, daté par source
1870, daté par source
1969, daté par travaux historiques
2011, daté par source
Auteur(s) Auteur : Verly Charles,
Charles Verly

L'architecte connu sous le nom de Verly fils, était très vraisemblablement Charles Verly, fils de Louis Verly, lui aussi architecte.


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architecte, signature
Auteur : Sauvage, architecte, signature
Auteur : Watel Jean, attribution par travaux historiques
Auteur : Gilson Laurent, architecte, attribution par source

Le bâtiments sont élevés de trois niveaux hormis celui de l'administration haut de deux niveaux seulement et celui des aliénés agités originellement en simple rez-de-chaussée. L'ensemble des bâtiments était agencé selon une disposition grossièrement en H après les agrandissements exécutés en 1858. L'ensemble est implanté au milieu d'un vaste parc et on y accède par une longue allée plantée d'arbres précédant l'entrée principale. Le gros œuvre des bâtiments édifiés au 19e siècle est constitué d'une maçonnerie en brique avec chaîne d'angle en pierre de taille. Les bâtiments hospitaliers sont couverts de toits à longs pans et à croupes hormis la cuisine couverte d'un toit bombé. L'avant-corps du bâtiment central donnant sur la cour d'honneur est sommé d'un fronton triangulaire.

Trois galeries de circulation reposant sur des poteaux de fonte et couvertes de plaques de verre distribuent le rez-de-chaussée des bâtiments donnant sur la cour d'honneur. L'aile droite dite des frères abritait au rez-de-chaussée leur réfectoire avec plafond à poutres apparentes, et leurs chambres aux étages. Les murs pignons avaient leurs rampants couronnés à l'origine de redents. Un campanile s'élève au centre de la toiture du bâtiment central donnant sur la cour d'honneur. La chapelle funéraire des frères est située dans une partie reculée du parc.

Murs brique
calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan régulier en H
Étages sous-sol, 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans croupe
toit bombé lanterneau
Typologies galeries de circulation
Techniques sculpture
Statut de la propriété propriété du département, Cet asile d'aliénés qui relevait originellement d'un statut privé tout en faisant office d'établissement public départemental d'accueil des aliénés conformément aux prescriptions de la loi du 30 juin 1838 et de l'ordonnance du 18 décembre 1839, fut cédé au Conseil général du département du Nord en 1974.
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables chapelle

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plans aquarellés sur papier par l'architecte Sauvage, datés du 1er décembre 1858, relatifs à un projet d'agrandissement avec plan-masse général et plans de distribution générale respectifs du rez-de-chaussée, du 1er étage et du 2e étage.

    Archives départementales du Nord, Lille : X 42/1
Bibliographie
  • LAFORGE, G. Le centenaire de l'asile de l'Immaculée-Conception, dit "de Lommelet" (Marquette-lez-Lille) 1825-1925. Lille : édition de la Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, 1925. 81 p.: ill.

  • CHAGNY, André. L'ordre hospitalier de Saint Jean-de-Dieu en France, tome II : Depuis la Révolution. Lyon : Lescuyer, 1953. 61 p.

  • COUSSON, Jean-Caradec. Un promoteur de la renaissance hospitalière et religieuse au XIXe siècle - Paul de Magallon d'Argens - capitaine de la Grande Armée (1784-1859). Paris : Emmanuel de Vitte, 1959. 342 p.

  • ALEXANDRE, Jean-Yves. Lommelet. L’histoire continue 1825-2013. Saint-André-lez-Lille : EPSM de l’agglomération lilloise, 2013. 69 p. : ill.

  • GAUFFENY, Nathalie. L'histoire des grands asiles du département du Nord. Université de Lille II, thèse pour le doctorat en médecine N°214, 1983, 142 p.

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