Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Abbaye, aujourd'hui musée de la Tour abbatiale

Dossier IA59005007 réalisé en 2012
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut - Saint-Amand-les-Eaux
Adresse Commune : Saint-Amand-les-Eaux
Cadastre : 2013 BO 132

Les travaux historiques relatent la construction d'une première église au 7e siècle par l’abbé Jean, sous le patronat de saint Etienne. L'élévation des reliques d’Amand a conduit à mettre l'abbaye sous le patronage d’Amand. Suite aux ravages (dont l'importance est inconnue) des Normands en 881, l'édifice est reconstruit en 1040 par abbé Malbode. La consécration a lieu en 1088. Des sinistres sont subis en 1340 sous Guillaume de Hainaut puis en 1477. Les reconstructions semblent faites à l’identique, ou du moins sur le même plan, donnant quelques signes d'archaïsme pour rester en homogénéité de la tour occidentale et la crypte (placée en arrière du chevet) non touchée par les dommages. Le martyria voûté sur 12 arcs était surmonté d’une chapelle dédiée à Saint-Michel et possédait une salle haute formant tour qui rappelle la crypte de Saint-Pierre-le-Vif, à Sens. La crypte était indépendante de l’église, construite à l’emplacement du martyrium détruit. La tour à l’ouest construite au 10e siècle pour Suzanne, l’épouse répudiée de Robert le Pieux qui s'était retirée au monastère, et inachevée à sa mort en 1003, subsiste jusqu’à la reconstruction de l'abbé Dubois.

Ce dernier met en oeuvre la reconstruction la plus majestueuse de l'abbaye entre 1628 et 1673. Les historiens ayant étudié l'abbaye constatent qu'une reconstitution de cette reconstruction de l’abbaye se heurte aux sources. En effet, parmi les plus célèbres témoignages et récits, la chronique de dom Landelin Delacroix de 1699 est écrite 60 ans après début travaux. L'iconographie ne permet pas non plus une véritable connaissance de l'édifice au moment de son achèvement ; les vues de Sanderus (1645) (fig.), Harrewyn, Giffart, Antoine Aveline, des vues anonymes de 1642 dont une d’après tableau de Jean-François Neyts, celles de Douelle ou Laurent Duelin sont antérieures à la fin du chantier. La tour porte la date de 1633 et les plans réalisés par Claude Masse en 1745 témoignent de la majesté de l'église. Il semble que la reconstruction a été dessinée par abbé Dubois lui-même, et qu'elle a été consacrée essentiellement à la façade et la tour de l'église (1628-1640). Celle-ci est reconstruite en 1648, les bâtiments de l'abbaye entre 1634 et 1639 par les moines réguliers. L'abbaye, à l'exception de la tour de l'église, fut détruite lors de la Révolution. Depuis 1810, de nombreuses opérations de restauration de la tour ont été réalisées.

Période(s) Principale : Moyen Age, 17e siècle
Auteur(s) Personnalité : Abbé Dubois, commanditaire, attribution par travaux historiques

Les descriptions de l'abbaye avant sa reconstruction par l'abbé Dubois ne manquent pas - le dessin de Lepoivre (1579), deux vues dans les Albums de Croy (début XVIIe), la vue en perspective de Deventer (1645) - mais ne se concordent pas entre elles comme le soulignent les historiens.

Les éléments concordants illustrent la double fonction de centre religieux et centre politique, symbolisé sur la planche 2 de l'Album de Croÿ par la croix du marché (signe de juridiction) et siège de l'échevinage auquel était rattaché la prison. La fonction religieuse est, de fait plus facilement identifiable.

L'abbaye reconstruite par l'abbé Dubois était conçue autour de trois cours. La première était située à l'extérieur de l'enceinte et du parvis de l’église et était encore visible sur le plan de 1808 figurant les ruines de l’abbaye. Elle constitue aujourd'hui la place publique de la ville. La deuxième cour était située entre l'aile ouest, qui borde la première place, avec l'église abbatiale à l'angle et l'échevinage au centre, les dépendances et ateliers, et l'aile est, transversale, formant l'entrée du quartier abbatial. La troisième cour distribuait les grands communs au nord.

Les historiens successifs ont noté des éléments particuliers à propos de l'église ; son élévation sur 4 niveaux (comme c'était le cas pour certaines églises (aujourd'hui toutes détruites) de la région : Notre-Dame la Grande de Valenciennes, les cathédrales de Tournai, de Cambrai et d'Arras), sa chapelle basse qui se prolongeait en sous-sol sur toute l'église, le dôme de la tour (couverture encore peu mise en oeuvre dans l'architecture occidentale en ce milieu de 17e siècle).

Le décor exubérant de style éclectique est composé de nombreux symboles et hommages à son constructeur.

Rappelons quelques chiffres impressionnants ; la façade de la tour abbatiale conservée fait 183 m de haut. L'église mesurait 140 m de long. Aujourd'hui, la tour est occupée par le musée de la ville de Saint-Amand.

Protections classé MH, 1846
Précisions sur la protection

1846 : classé MH

Tour et façade de l'ancienne église : classement par liste de 1846

18 04 1914 (J.O.)

référence : PA00107796

Références documentaires

Documents d'archives
  • Recueil de plans de villes et de châteaux, de fortifications et de batailles, de cartes topographiques et géographiques, se rapportant aux règnes de Charles-Quint, de Philippe II et d'Albert et Isabelle, dit Atlas Lepoivre, 1585-1622. Planche de Saint-Amand-les-Eaux, 1579. Bibliothèque Royale de Belgique, Bruxelles.

  • AD Nord, 57 FI 19 : Copie du XIXe siècle de la planche représentant la vue cavalière de la ville de Saint-Amand-les-Eaux par Sanderus en 1645. Original conservé à la Bibliothèque Royale de Belgique, Bruxelles.

Bibliographie
  • PLATELLE Henri. Le temporel de l'abbaye de Saint-Amand des origines à 1340.ParisBibliothèque Elzévirienne. Nouvelle série Etudes et Documents, 1962.

  • DUVOSQUEL, Jean-Marie (dir.). Albums de Croÿ, Tome XI Tournai-Tournaisis. Bruxelles : Crédit Communal de Belgique, 1991.

Périodiques
(c) Région Nord - Pas de Calais - Inventaire général - Luchier Sophie